Schvédranne © Rafael Galante Ruiz

Antoine Colonna : “Ce qui compte, c’est l’émotion”

Antoine Colonna : “Ce qui compte, c’est l’émotion”

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ENTRETIEN – Faire se rencontrer la musique électro et la poésie. Telle est l’ambition d’Antoine Colonna, musicien compositeur, et de Gilles B. Vachon, écrivain poète cofondateur de la Maison de la poésie Rhône-Alpes, à Saint-Martin-d’Hères. Un projet audacieux nommé Schvédranne, qui s’incarne à travers l’album Athènes ? et une tournée qui a débuté à la Bobine, à Grenoble. Rencontre avec Antoine Colonna, qui nous en dit plus sur cette fusion improbable.

 

 

 

Comment l’idée vous est-elle venue de faire se rencontrer la poésie et la musique électro ?

 

 

Schvédranne (Antoine Colonna et Gilles Vachon). © Rafael Galante Ruiz

Schvédranne (Antoine Colonna et Gilles Vachon). © Rafael Galante Ruiz

Antoine Colonna – Le pro­jet est né d’une ren­contre entre le poète Gilles Vachon et moi-même, par l’intermédiaire de sa fille. Cette ren­contre, dans un cadre fami­lial, m’a per­mis de tis­ser des liens forts avec lui.

 

Au bout d’un moment, on a eu envie de croi­ser nos dis­ci­plines : ses textes et ma musique. Gilles était très impli­qué dans la Maison de la poé­sie Rhône-Alpes de Saint-Martin‑d’Hères, qui orga­nise notam­ment un fes­ti­val de poé­sie. C’est à cette occa­sion, en 2006, qu’on a bossé ensemble pour la toute pre­mière fois. On avait pré­paré une petite per­for­mance qui avait bien fonc­tionné. Le concept m’avait plu. C’était, en germe, le pro­jet Schvédranne.

 

 

 

Quels liens poésie et musique électro entretiennent-elles ?

 

 

Le pro­jet étant avant tout né d’une ren­contre, je ne res­sens pas for­cé­ment le besoin de jus­ti­fier une cohé­rence théo­rique entre l’électro et la poé­sie. Quand je monte sur scène, ce qui compte, c’est l’émotion qui va se créer et se par­ta­ger avec le public. Pour moi, ça n’a rien à voir avec le style de musique. Or, cette émo­tion peut aussi être sti­mu­lée par un bon texte. Donc, quand on mélange les deux, l’un va pou­voir com­plé­ter et ren­for­cer l’émotion de l’autre.

 

 

 

Qu’est-ce qui vous a plu dans la poésie de Gilles Vachon ?

 

 

Gilles a un passé assez fort. Il a été mar­qué par la guerre, l’Occupation… Il a aussi beau­coup voyagé, notam­ment au Brésil, au Danemark et en Tunisie, où il a vécu. Ces expé­riences l’ont rendu sen­sible à cer­tains com­bats, et ont façonné ce regard cri­tique qu’il pose sur le monde. Dans la plu­part de ses textes, on trouve une forme d’engagement, de parti pris contes­ta­taire. Je trou­vais qu’il y avait une cer­taine conti­nuité entre sa géné­ra­tion et la mienne dans les reven­di­ca­tions de ses textes. J’avais envie de les sou­te­nir avec ma musique.

 

 

 

On peut dire que l’électro et la poésie sont portées par une énergie commune…

 

 

Oui, une éner­gie, c’est ça. C’est quelque chose de fort. Une forme de puis­sance, dans le choix des mots, la façon d’exprimer une idée et dans la forme de la musique élec­tro qui tape. Cela dit, le sou­tien du texte et de la voix de Gilles nous a per­mis plus de liberté dans la créa­tion des mor­ceaux. On a pu com­po­ser des pas­sages très calmes, plus aérés dans la musique, ce dont on n’avait pas for­cé­ment l’habitude avec Mathieu [le bat­teur, ndlr] !

 

 

 

Votre album se nomme Athènes ? Pourquoi ce titre ?

 

 

C’est le titre d’un texte de Gilles. Il y inter­roge le fon­de­ment de notre sys­tème occi­den­tal. Athènes est le ber­ceau de notre civi­li­sa­tion. Je trou­vais donc assez sym­bo­lique d’en faire le titre de l’album. Ça lui donne une cohérence.

 

 

Schvédranne (Antoine Colonna et Gilles Vachon). © Rafael Galante Ruiz

Schvédranne. © Rafael Galante Ruiz

 

 

 

Par rapport au spectacle, comment le projet a‑t-il évolué ?

 

 

Tout d’abord, vu que le spec­tacle par­tait sur le prin­cipe de la tour­née, je ne pou­vais pas deman­der à Gilles, qui a plus de 80 ans, de faire X dates par an. Il fal­lait trou­ver un autre moyen de figu­rer sa pré­sence sur scène. En paral­lèle, j’avais bien envie de bos­ser avec les arts numé­riques. L’idée était de pou­voir pro­je­ter Gilles gran­deur nature. On l’a donc filmé en train de mar­cher et ce sont ces images que l’on pro­jette sur plu­sieurs écrans.

 

 

Propos recueillis par Florence Croizier, étu­diante en mas­ter Diffusion de la culture

 

 

Infos pratiques

 

Schvédranne

Album Athènes ?, com­man­dable en ligne

Sortie du clip Stupeur et tremblement

 

 

 

 

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