Le groupe SZ devant Le voyage du lion Boniface. DR

Le Tympan dans l’oeil : “Grenoble, la ville du ciné-concert ?”

Le Tympan dans l’oeil : “Grenoble, la ville du ciné-concert ?”

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ENTRETIEN – Il y a peu de fes­ti­vals en France exclu­si­ve­ment dédiés au ciné-concert. L’un d’entre eux est gre­no­blois : Le Tympan dans l’œil, qui se déroule du 25 novembre au 5 décembre dans dif­fé­rents lieux de l’agglomération. Chauvinisme mis à part, ce fes­ti­val-là pro­pose, pour la sixième fois cette année, une pro­gram­ma­tion per­ti­nente autour d’un genre de plus en plus plé­bis­cité par le public. Entretien avec Damien Litzler, de l’association Stara Zagora, à l’initiative de l’événement.

SZ pendant son ciné-concert, "Le Voyage du lion Boniface", samedi 28 novembre à l'Espace 600. DR

SZ pen­dant son ciné-concert, « Le Voyage du lion Boniface », samedi 28 novembre à l’Espace 600. DR

Même si, de l’aveu de son orga­ni­sa­teur Damien Litzler, le rock est plus repré­senté cette année que d’autres genres musi­caux, le Festival Le Tympan dans l’œil tra­vaille son éclec­tisme, tant dans les genres de cinéma pro­po­sés que dans les accom­pa­gne­ments sonores.

La per­ti­nence de la pro­gram­ma­tion tient sans doute à la proxi­mité que l’association Stara Zagora, aux manettes du fes­ti­val, entre­tient avec le ciné-concert. Damien Litzler et son frère Franck Litzler, qui forment le groupe SZ, en ont déjà signés quatre.

Damien Litzler président du festival Le tympan dans l'œil. DR

Damien Litzler, orga­ni­sa­teur du fes­ti­val Le tym­pan dans l’œil. DR

En tant que musi­cien du groupe SZ et orga­ni­sa­teur du fes­ti­val Le Tympan dans l’œil, qu’est-ce qui vous inté­resse dans le genre du ciné-concert ?

Damien Litzler : Avant la pre­mière édi­tion du fes­ti­val, on don­nait déjà des ciné-concerts avec SZ. C’est d’ailleurs l’engouement du public face à cette forme un peu par­ti­cu­lière qui nous a encou­ra­gés à créer Le Tympan dans l’œil. On a senti qu’on tou­chait des publics qu’on n’au­rait jamais appro­chés avec le film ou le concert seul. Le ciné-concert inté­resse les ciné­philes comme les mélomanes.

Et puis ça peut rendre le film ou la musique plus facile d’accès parce qu’il y a à la fois un sup­port visuel et une pro­po­si­tion musi­cale ou sonore. Le ciné-concert per­met aussi de réac­tua­li­ser le film ou de le revi­si­ter, par­ti­cu­liè­re­ment dans le cas de vieux films mar­qués par leur période.

"Sa Majesté des Mouches", ciné-concert proposé par Laetitia Sheriff à l'Odyssée d'Eybens, vendredi 4 décembre. DR

« Sa Majesté des Mouches », ciné-concert pro­posé par Lætitia Sheriff à l’Odyssée d’Eybens, ven­dredi 4 décembre. DR

Films muets ou par­lants : quelle dif­fé­rence cela implique-t-il au moment de la créa­tion sonore ?

Dans le cadre du fes­ti­val, on essaie de mixer un peu les deux même si, cette année, on a sur­tout du par­lant. Ce qui implique que les musi­ciens, au moment de la créa­tion, ont cet élé­ment sup­plé­men­taire à prendre en compte.

Ils peuvent inté­grer à leur créa­tion la bande son ori­gi­nale du film avec ses par­ties dia­lo­guées ou avoir recours aux sous-titres.

Toutes les approches sont pos­sibles mais, nor­ma­le­ment, dans ces cas-là, la musique ne vient pas écra­ser la bande son du film.

C’est ce type de contrainte que les musi­ciens appré­cient dans l’exercice du ciné-concert ?

Ce qui est sur­tout pas­sion­nant pour un musi­cien de ciné-concert, c’est qu’il y a effec­ti­ve­ment une contrainte qui vient de la par­ti­tion impo­sée par le film. En fonc­tion des scènes, des chan­ge­ments de rythme, des émo­tions, de l’intensité, on vient ser­vir, sou­li­gner ou prendre le contre-pied de ce qui se passe à l’écran.

Par contre, du point de vue tem­po­rel, on est plus libre que quand on com­pose pour un titre d’album ou de concert. En ciné-concert, on peut déve­lop­per un thème sur quinze secondes comme sur quinze minutes, uti­li­ser des ins­tru­ments dif­fé­rents, faire des choses très épu­rées ou, au contraire, très rem­plies. Ça laisse vrai­ment libre cours à l’imagination !

"Où est la maison de mon ami ?", par Electric electric et Pierre Lambla. Samedi 5 décembre à La Bobine. DR

« Où est la mai­son de mon ami ? », par Electric elec­tric et Pierre Lambla. Samedi 5 décembre à La Bobine. DR

Il y a des pro­po­si­tions estam­pillées « créa­tion » dans votre pro­gram­ma­tion. Le Festival a‑t-il passé commande ?

Le trio de Buffle ! DR

Le trio de Buffle ! DR

Cette année, on a com­mandé deux créa­tions à des artistes locaux : le groupe Buffle ! et Olivier Depardon, qui tra­vaillent res­pec­ti­ve­ment sur Miracle à Milan [copro­duit avec Les Rencontres du cinéma ita­lien, ndlr] et sur The savage eye.

Dans les deux cas, ce sont des artistes locaux. On pré­fère parce qu’il y a un bon vivier ici et qu’on les connaît. Et puis, ça per­met de les aider à faire tour­ner ces créa­tions ensuite. Ça contri­bue à faire de Grenoble une ville où il se passe des choses au niveau du ciné-concert.

Vous pro­po­sez huit ciné-concerts cette année. Est-ce une bonne édition ?

On est dans la moyenne haute. Nous sommes vrai­ment contents d’annoncer cette édi­tion, que ce soit au niveau des créa­tions, des ciné-concerts jeune public [Minopolska au Prunier sau­vageLe voyage du lion Boniface à l’Espace 600 et Biques et piafs à la Bobine, ndlr] ou de tout ce que nous pro­po­sons en paral­lèle (stage, ate­liers, ren­contres…). On a eu de quoi tra­vailler. Nous fai­sons par­tie des quelques-uns qui n’ont pas eu de mau­vaises nou­velles… [L’association a reçu des sub­ven­tions de la part de la Sacem, de la ville de Grenoble (pour la pre­mière fois cette année) et du Conseil géné­ral de l’Isère, ndlr]

On a aussi déve­loppé de nou­veaux par­te­na­riats, avec les Rencontres du cinéma ita­lien notam­ment (Miracle à Milan). Et on a pro­duit une troi­sième créa­tion, courte, dans le cadre des Rencontres du cinéma de mon­tagne, le 10 novembre, au Palais des sports. C’était assez gran­diose : qua­si­ment 3.000 per­sonnes devant un vieux film de mon­tagne des années 1920.

Le fait que le fes­ti­val soit éclaté sur divers lieux est-il un avan­tage ou un incon­vé­nient pour la visi­bi­lité de votre événement ?

"Biques et piafs", Eric Philippon et Pierre Payan (ex La Tordue). Mercredi 2 décembre, à La Bobine. DR

« Biques et piafs », Eric Philippon et Pierre Payan (ex La Tordue). Mercredi 2 décembre, à La Bobine. DR

Certaines per­sonnes nous découvrent encore chaque année. D’autres attendent le ren­dez-vous et nous font des retours très posi­tifs ! Mais c’est sûr qu’on n’a pas la puis­sance de feu des Détours de Babel, de Rocktambule ou du Cabaret frappé…

Je pense que c’est plu­tôt une richesse que le fes­ti­val se déroule dans dif­fé­rents lieux parce que, comme ça, on est implanté dans divers quar­tiers. On n’a pas choisi nos par­te­naires au hasard. Ils font tous un tra­vail per­ti­nent là où ils sont : l’Espace 600, le Prunier sau­vage, le Ciel, la Bobine…

Ce sont des lieux pou­vant accueillir de 150 à 300 per­sonnes envi­ron. Ces jauges modestes se prêtent-elles bien au ciné-concert ?

C’est sûr que le Summum ne serait pas vrai­ment adapté (rire). Mais à la Belle élec­trique, on pour­rait… Ça ne tenait qu’à nous de les moti­ver pour orga­ni­ser un par­te­na­riat, d’ailleurs. Mais il fau­drait trou­ver des pseudo-têtes d’affiche. En ciné-concert, il n’y en a pas tant que ça qui pour­raient ras­sem­bler jusqu’à 500 per­sonnes. C’est une trop grosse prise de risques.

Et de toute façon, des jauges de 150 à 300, c’est idéal : on pré­serve le côté intimiste.

Propos recueillis par Adèle Duminy

INFOS PRATIQUES :

Festival de ciné-concerts Le Tympan dans l’œil

Du 25 novembre au 5 décembre

À Grenoble : Espace 600, La Bobine, Le Ciel, Le Prunier Sauvage, cinéma Juliet Berto.

À Eybens : Odyssée.

Réservations auprès des structures.

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