Réfugiés : Grenoble peine à dépasser les déclarations d’intentions

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FOCUS – Grenoble ville solidaire, mais de quelle manière ? Volontaire pour accueillir des réfugiés, la municipalité estime que les moyens annoncés par l’État sont insuffisants, et dénonce un dispositif imprécis qui n’apporte pas de solutions concrètes. Malgré le volontarisme affiché et l’élan citoyen qui l’accompagne, l’accueil de migrants sur Grenoble n’est donc pas pour demain.

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Élisa Martin, première adjointe chargée du parcours éducatif et de la tranquillité publique, dans son bureau de l'hôtel de ville de Grenoble. © Paul Turenne - placegrenet.fr

« Le peuple est bien plus en avance que le gou­ver­ne­ment ! », juge la pre­mière adjointe Élisa Martin. © Paul Turenne – placegrenet.fr

Lundi 7 sep­tembre, la ville de Grenoble annon­çait rejoindre le réseau des villes soli­daires et volon­taires pour l’ac­cueil de réfu­giés. Non sans émettre des réserves vis-à-vis des orien­ta­tions du gou­ver­ne­ment sur la ques­tion du droit d’a­sile, ou des inquié­tudes concer­nant le finan­ce­ment même de l’ac­cueil des migrants.
Une réunion entre les villes soli­daires et le minis­tère de l’Intérieur s’est tenue le samedi 12 sep­tembre. La muni­ci­pa­lité en est-elle sor­tie ras­su­rée  ? « Absolument pas », nous répond Élisa Martin, pre­mière adjointe en charge de la tran­quillité publique. Celle qui repré­sen­tait Grenoble au cours de cette ren­contre se montre au contraire très sévère vis-à-vis du gou­ver­ne­ment.

 

 

 

« L’État ne sait pas comment faire ! »

 

 

Premier point de désac­cord : le trai­te­ment même des deman­deurs d’a­sile. La muni­ci­pa­lité s’op­pose à leur « régio­na­li­sa­tion », mesure contrai­gnant les per­sonnes à ne faire leur demande d’a­sile que dans cer­taines pré­fec­tures, limi­tant ainsi leurs dépla­ce­ments sur le ter­ri­toire. Le minis­tère de l’Intérieur a, pour sa part, confirmé cette mesure. « On pou­vait attendre de la France un autre dis­cours que celui tenu aujourd’­hui par le gou­ver­ne­ment ! », assène Élisa Martin.

 

Un posi­tion­ne­ment simi­laire à celui de nom­breuses asso­cia­tions. La Coordination isé­roise de soli­da­rité avec les étran­gers migrants (Cisem) annonce ainsi l’or­ga­ni­sa­tion d’une jour­née « pour un accueil digne des migrants, ceux qui arrivent et ceux déjà pré­sents », le samedi 10 octobre. Forum et marche en direc­tion de la pré­fec­ture seront au pro­gramme de ce ren­dez-vous mili­tant.

 

Manifestation d'Un toit pour tous à Grenoble. © Joël Kermabon - placegrenet.fr

Manifestation d’Un toit pour tous à Grenoble. © Joël Kermabon – placegrenet.fr

 

Mais ce sont bien les ques­tions de l’or­ga­ni­sa­tion et du finan­ce­ment de l’ac­cueil des réfu­giés qui mono­po­lisent l’at­ten­tion des muni­ci­pa­li­tés concer­nées. L’État fran­çais s’est engagé à accueillir 24.000 migrants, en deux ans, sur son sol. « Ce que nous avons vu, c’est qu’ils ne savent pas com­ment faire, juge la pre­mière adjointe, y com­pris en s’ap­puyant sur les col­lec­ti­vi­tés. »

 

 

 

1.000 euros de l’État par personne accueillie

 

 

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Commentaires 2
  1. Bonjour,
    La ville de Grenoble est en plein délire.…..
    Heureusement qu’il y a la rhé­to­rique poli­ti­cienne et caro pour expli­quer et dis­si­mu­ler l’in­com­pé­tence. Ils nous on lfait le même coup à Saint Martin d’heres avant de venir à Grenoble.Regarder dans qu’elle état est notre jeunesse.J’espere qu’a­vec les réfu­giés ils ferons de l’in­té­gra­tion pas de la dés­in­té­gra­tion comme dans les quar­tiers popu­laires de Grenoble et de son agglo­mé­ra­tion.….…
    Honnêtement,la ges­tion des réfu­giés est un dos­sier trop lourd pour cette majorité.Par contre,ils gerent très bien les car­rières poli­tiques.
    http://www.communique-de-presse-gratuit.com/allonsquartiers/147139-grenoble-allons-quartiers-grenoble-villeneuv.html
    BENYOUB ABDELKADER

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  2. Je n’ai pas tout lu, mon com­men­taire tom­bera peut être à côté …
    Bien sûr la ville est soli­daire des nou­veaux migrants, syriens pour la plu­part, mais elle n’ou­blie pas tous les migrants qui sont déjà dans la ville et l’ag­glo. Elle n’ou­blie pas que les deman­deurs d’a­sile iso­lés (céli­ba­taires) se logent eux-même dans un squat alors que l’é­tat a l’o­bli­ga­tion de les loger. Elle n’ou­blie pas que La Relève veut mettre des dizaines de per­sonnes à la rue en fer­mant les appar­te­ments qu’elle gère sous pré­texte que le nou­veau conseil dépar­te­men­tal a retiré ses sub­ven­tions.
    Il y a envi­ron déjà un mil­lier de per­sonnes à la rue dans Grenoble et agglo, même des familles avec tout petits enfants et des femmes enceintes.
    Alors oui, accueillir des nou­veaux migrants mais dans quelles condi­tions ? en virant les pré­sents pour faire de la place ? 1000 €/personne alors que l’Europe en pro­pose 3000 ?
    Le gou­ver­ne­ment n’est vrai­ment pas clair sur la ques­tion et de l’ac­cueil et du suivi. Comment vou­lez-vous que les villes soli­daires le soient ?

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