Carld Neuris de l'association SEVE. Organisateur du projet Reg'Art. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Reg’Art 2014 : l’art tombe dans le panneau

Reg’Art 2014 : l’art tombe dans le panneau

REPORTAGE VIDÉO – Un musée à ciel ouvert, offert au regard des pas­sants du 5 au 19 mai : le pro­jet Reg’Art, c’est une cen­taine d’affiches publi­ci­taires de la ville rem­pla­cées par des créa­tions ori­gi­nales d’artistes ama­teurs. Ouvrez l’œil, ce n’est pas de la pub ! 

Une affiche de l'exposition Reg'Art

© Joël Kermabon – Place Gre’net

Grenoble, ville d’art ? Une chose est sure, les expo­si­tions col­lec­tives urbaines s’y suc­cèdent. Après Urban Expo et ses affiches d’artistes dans les arrêts de tram, c’est au tour du pro­jet Reg’Art d’investir le mobi­lier publi­ci­taire urbain. Si vous ren­con­trez une “sucette Decaux” sur votre che­min, pre­nez le temps d’en regar­der les deux faces. Une œuvre d’art pour­rait bien s’y être ins­tal­lée pour une halte temporaire !

Des images joyeuses et poé­tiques dans la ville

Apporter la culture au plus proche du quo­ti­dien des cita­dins, tout en ren­for­çant le tissu social de la ville. Tel était l’ob­jec­tif ambi­tieux que s’é­taient fixé les ini­tia­teurs du pro­jet Reg’Art dès 2013. La publi­cité occupe habi­tuel­le­ment des espaces non contraints, alors que la culture se voit confi­née dans des espaces spé­cia­li­sés. Partant de ce constat, le pro­jet devait per­mettre à la culture de se pro­pa­ger en “squat­tant”, le temps d’une expo­si­tion, les espaces publi­ci­taires urbains. Modifier le quo­ti­dien des cita­dins tout en les fai­sant réflé­chir, en par­se­mant la ville d’i­mages joyeuses et poétiques.

Réalisation JK Production.

Un pro­jet pérennisé

La nou­velle donne des élec­tions muni­ci­pales aura per­mis de lever les incer­ti­tudes sur la recon­duc­tion du pro­jet. « Le nou­veau maire de Grenoble à décidé de péren­ni­ser l’exposition. Nous crai­gnions qu’elle ne soit pas renou­ve­lée mais nous avons l’assurance aujourd’hui qu’elle le sera tout au long de son man­dat » affirme Carld Neuris, qui prend la relève de l’organisation.
Ballade en vélo pour l'inauguration de l'exposition Reg'Art

© Joël Kermabon – Place Gre’net

Il faut dire que la ville de Grenoble est le par­te­naire prin­ci­pal de l’opération. La muni­ci­pa­lité a ainsi financé l’impression des affiches et per­mis leur affi­chage. Histoire de mar­quer le coup, Eric Piolle est venu inau­gu­rer l’exposition au cours d’une balade en vélo de pan­neau en pan­neau, ce ven­dredi 9 mai. L’association Reg’Art a pu béné­fi­cier, par effet de bord, d’une cou­ver­ture média consé­quente et offi­cia­li­ser son par­te­na­riat avec la ville.
« Cette ini­tia­tive exis­tait déjà l’an­née der­nière. Il y aura donc conti­nuité de l’ac­tion publique, comme nous l’a­vions dit pen­dant la cam­pagne », affirme l’élu. Et d’en­fon­cer le clou : « la recon­nais­sance du pou­voir poli­tique change aussi un petit peu et se marque for­te­ment sur ces ini­tia­tives-là ». De là à pen­ser aux pro­messes de cam­pagne où il était ques­tion de com­battre la pol­lu­tion visuelle dans la ville… il n’y a qu’un pas.

Il faut le voir pour le croire !

L’organisation a sou­haité n’im­po­ser que très peu de contraintes aux artistes qui sou­hai­taient par­ti­ci­per. Seul un thème leur a été donné : « Il faut le voir pour le croire ». Selon Nabil Tazi, coor­ga­ni­sa­teur, ce der­nier devait « lais­ser une place consé­quente à la créa­ti­vité, à l’originalité pour avoir des œuvres hors du com­mun ».

Affiche Reg'Art 2014

© Joël Kermabon – Place Gre’net

Toutes les formes d’art étaient accep­tées – pein­ture, pho­to­gra­phie, col­lage, sculp­ture, des textes même – pourvu qu’elles soient prises en photo afin de pou­voir en tirer des affiches. Près de 200 artistes ont été contac­tés, 60 dos­siers com­plets vali­dés et 48 œuvres sélec­tion­nées. « Les cri­tères de sélec­tion étaient, avant tout, l’adéquation au thème et ensuite l’originalité de la créa­tion » pré­cise Chloë Pilon, coorganisatrice.

Un jeu de piste urbain

Les œuvres, une fois impri­mées, ont été affi­chées de manière aléa­toire dans les cent pan­neaux mis à dis­po­si­tion par la mai­rie de Grenoble. Au départ, per­sonne ne savait où seraient loca­li­sées les affiches. D’où le jeu de piste urbain : les œuvres, une fois repé­rées par le public ou les créa­teurs, sont géo­lo­ca­li­sées via une carte inté­grée au site web du pro­jet Reg’Art régu­liè­re­ment mis à jour.
Affiche du projet Reg'Art

© Joël Kermabon – Place Gre« net

Plusieurs ani­ma­tions sont pré­vues autour des œuvres jus­qu’au 19 mai. Notamment, une balade avec des enfants roms orga­ni­sée par une asso­cia­tion d’é­lèves de Sciences Po. L’objectif, selon Nabil Tazi : « favo­ri­ser l’ou­ver­ture cultu­relle ».
Cette expo­si­tion pour­rait encore faire des émules dans d’autres villes de France. A l’é­tran­ger, une expé­rience a déjà eu lieu à Londres et un pro­jet simi­laire est prévu à New-York.
Joël Kermabon

Un pro­jet étudiant
Les organisateurs de l'édition 2014 de Reg'Art

© Joël Kermabon – Place Gre’net

C’est déjà la deuxième édi­tion du pro­jet Reg’Art, les plâtres ayant été essuyés en 2013. Raphaël Poulain, alors étu­diant à Grenoble INP, avait ini­tié ce pro­jet d’exposition urbaine collective.
Il est porté cette année par Chloë Pilon, étu­diante à Grenoble école de mana­ge­ment (Gem), et Nabil Tazi, étu­diant à l’INP à tra­vers l’as­so­cia­tion Zone Art de Gem. Mais aussi par les équipes étu­diantes de BDA Phelma et Artagem ainsi qu’Un tram­way nommé culture.
Afin de pré­pa­rer l’é­di­tion 2015, l’équipe a col­la­boré avec son futur orga­ni­sa­teur, Carld Neuris de l’association Seve. « Le but ini­tial de ce pro­jet était qu’il n’y ait pas de séden­ta­ri­sa­tion du thème et de l’organisation » explique ce der­nier. « Il faut qu’il y ait une plu­ra­lité dans les points de vue et la réa­li­sa­tion et que ce ne soit pas les mêmes choses qui soient vues dans Grenoble d’année en année ».

Joël Kermabon

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