Le compostage a la cote dans l’agglo

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FOCUS – Le compostage, procédé qui permet la transformation de certains déchets alimentaires en engrais naturel, se développe massivement dans l’agglomération grenobloise depuis environ cinq ans. Et ce malgré les contraintes environnementales nécessaires à sa mise en place et le faible budget annuel alloué par la Métro.

 
 
 
Bac de remplissage Compost Déchets Matières sèches

© Étienne Chaudagne

Le tri des déchets est devenu l’une des pré­oc­cu­pa­tions majeures de nos socié­tés contem­po­raines. Après le recy­clage du verre puis celui du papier, le com­pos­tage semble de plus en plus en vogue actuel­le­ment en milieu urbain.
 
Très uti­lisé en milieu rural depuis de nom­breuses années,  ce pro­cédé per­met la dégra­da­tion bio­lo­gique de la matière orga­nique. Il s’applique essen­tiel­le­ment aux déchets agri­coles et agroa­li­men­taires. Des matières orga­niques accu­mu­lées (éplu­chures de légumes, feuilles mortes, rési­dus de jar­di­nage) qui se dégradent en humus, un engrais natu­rel.
 
 
 
6 000 com­pos­teurs indi­vi­duels dans l’ag­glo­mé­ra­tion
 
 
Cécile de Combret Metro de Grenoble Christian Nanchen Réseau Compost Citoyen Compostage

Cécile Polge de Combret (Grenoble-Alpes métro­pole) et Christian Nanchen (Réseau Compost Citoyen). © Étienne Chaudagne

Depuis 2008, Grenoble-Alpes métro­pole (la Métro) a entre­pris une véri­table poli­tique de pro­mo­tion de ce pro­cédé de dégra­da­tion. « Aujourd’hui, l’ag­glo­mé­ra­tion gre­no­bloise compte pas moins de 63 sites de com­pos­tage par­ta­gés, dont 11 en éta­blis­se­ment sco­laire » se féli­cite Cécile Polge de Combret, en charge de la pré­ven­tion des déchets à Grenoble-Alpes métro­pole. A l’oc­ca­sion de la semaine inter­na­tio­nale du com­pos­tage col­lec­tif, qui se tient du 5 au 11 mai, divers ate­liers de démons­tra­tion ont attiré de nom­breux curieux un peu par­tout dans l’ag­glo­mé­ra­tion gre­no­bloise.
 
Une façon de conver­tir les cita­dins, la popu­la­tion rurale étant déjà très au fait de ce pro­cédé. « Depuis 2008, nous avons vendu plus de 6 000 com­pos­teurs indi­vi­duels dans l’ag­glo­mé­ra­tion. La condi­tion néces­saire était de dis­po­ser d’une par­celle de ter­rain. Aujourd’hui, les 63 sites de com­pos­tage par­ta­gés que nous avons ins­tal­lés offrent la pos­si­bi­lité aux cita­dins qui vivent en appar­te­ment de recy­cler eux-aussi leurs déchets orga­niques. »
 
Un déve­lop­pe­ment qu’elle attri­bue à la res­pon­sa­bi­li­sa­tion indi­vi­duelle : « Le com­pos­tage par­tagé fonc­tionne très bien en milieu urbain car il est l’al­ter­na­tive pour une famille qui a tou­jours fait du com­pos­tage chez soi et qui s’ins­talle en milieu urbain. Les cita­dins, eux, sont séduits par la dimen­sion citoyenne et éco­lo­gique du com­pos­tage. »
 
 

 
 

De l’engrais gratuit à la clé

 
 
Bac de maturation Compostage Plante Verte Terre

Plante en ger­mi­na­tion retrou­vée dans le bac de matu­ra­tion.         © Étienne Chaudagne

Car au final, quel est l’in­té­rêt du com­pos­tage ? « Au niveau indi­vi­duel, les pou­belles sont plus propres car les déchets fer­men­tes­cibles ne pour­rissent pas pen­dant des jours au fond d’un sac plas­tique. Collectivement, le com­pos­tage apporte de la convi­via­lité entre les voi­sins, qui vont par­ta­ger et échan­ger autour du thème du jar­di­nage ou de l’en­vi­ron­ne­ment. Avec ce pro­cédé, on recrée du lien social. »
 
Avec quel usage pour le com­post ? « Servir d’en­grais gra­tuit pour des membres de la famille ou des amis qui dis­posent d’un espace vert. » Curieusement, Cécile de Combret n’é­voque pas l’in­té­rêt éco­no­mique sous-jacent à cette pra­tique. En effet, le com­pos­tage per­met de réduire le ton­nage de déchets envoyés à la décharge pour être inci­né­rés ou enter­rés. Aujourd’hui, un Grenoblois pro­duit en moyenne 538 kg de déchets par an, parmi les­quels envi­ron 242 kg sont recy­clés ou trans­for­més, grâce notam­ment au com­pos­tage.
 
 
Bacs de Maturation Remplissage Matières Sèches Compostage

© Étienne Chaudagne

 
 

Composter en famille

 
 
Bacs Compostage Démonstration Terre Sèche Déchets Mélange Pelle

© Étienne Chaudagne

Si ces sites ren­contrent un cer­tain suc­cès, tout le monde ne se sent pas for­cé­ment concerné. « Nous n’a­vons pas fait d’é­tude socio­lo­gique pous­sée pour connaître les usa­gers de ces sites mais nous savons que le pro­fil type des per­sonnes adeptes du com­pos­tage sont des familles avec des enfants car les enfants aiment y aller pour regar­der les petites bêtes qui s’y déve­loppent et ils s’a­musent à bras­ser les déchets une fois de temps en temps avec leurs parents. Les per­sonnes âgées se sentent éga­le­ment très concer­nées. En revanche, de manière géné­rale, nous avons remar­qué que les étu­diants par exemple sont bien moins enclins à faire ce geste. »
 
Pour Cécile de Combret, le poten­tiel de déve­lop­pe­ment du com­pos­tage col­lec­tif est fort, même s’il existe des contraintes envi­ron­ne­men­tales à l’ins­tal­la­tion d’un site au sein d’une copro­priété. Il est néces­saire de dis­po­ser d’un espace vert d’au moins 3m². Un espace déri­soire, selon elle : « L’espace n’est pas un pro­blème. 3m² repré­sente une bor­dure de copro­priété. Parfois, un bout de cour est suf­fi­sant ! S’il y a un espace de terre ou un espace vert, on peut faire ça même à côté d’un local à vélos ! La plu­part des copro­prié­tés peuvent le mettre en place. »
 
 

Le lombricompostage dans les cartons

 
 
Comment réussir son compost Explications Feuille Compostage

© Étienne Chaudagne

Côté bud­get, seule­ment 100 000 euros sont alloués annuel­le­ment par la Métro au com­pos­tage, sur les 45 mil­lions d’eu­ros dédiés à la ges­tion des ordures. Un mon­tant fina­le­ment assez faible qui montre bien que le com­pos­tage n’est pas encore en tête des prio­ri­tés de com­por­te­ment en matière de tri de déchets.
 
Cécile de Combret évoque pour­tant les futurs pro­jets de la Métro dans le domaine du com­pos­tage : l’ins­tal­la­tion de nou­veaux sites dans les mois à venir au sein des copro­prié­tés de l’ag­glo­mé­ra­tion gre­no­bloise, mais aussi la mise en place d’o­pé­ra­tions de “lom­bri­com­pos­tage”, un pro­cédé qui per­met de com­pos­ter dans son appar­te­ment. La Métro a prévu en outre une for­ma­tion gra­tuite pour les inté­res­sés ainsi que la vente à coûts réduits de bacs lom­bri­com­pos­teurs.
 
 

Étienne Chaudagne

 

 

Musée de Grenoble et ses artistes du XIXe siècle
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Commentaires 5
  1. Bonjour, y a‑t-il des bacs de matu­ra­tion en centre ville ?
    Merci

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  2. Ping : Plongez dans les poubelles de Grenoble... Même pas peur

  3. Bon article ! Ravi de voir que le com­post est de plus en plus exploité. Comme quoi, on peut recy­cler tout en pre­nant du plai­sir !

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  4. bon­jour, et merci pour cet article green durable ! ce serait inté­res­sant qu’il y ait la liste des points de com­pos­tage qui existent dans l’ag­glo gre­no­bloise. belle conti­nua­tion !

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    • Bonjour, avez vous eu une réponse sur une liste des points de com­pos­tage ? Merci !

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