Paul Bron : “nous étions aveuglés…”

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ENTRETIEN – Quels ensei­gne­ments tirer de la défaite élec­to­rale des muni­ci­pales à Grenoble pour la majo­rité sor­tante ? Le droit d’inventaire a débuté pour « le groupe de mino­rité », sous l’impulsion de Go Citoyenneté. L’ancien adjoint à l’éducation Paul Bron n’hésite pas à sou­li­gner les désac­cords stra­té­giques de cam­pagne. Il ana­lyse éga­le­ment les pre­miers pas de la nou­velle majo­rité et se montre pré­oc­cupé par sa poli­tique d’éducation. 
 
 
 
 IMG_4157Issu d’une famille dau­phi­noise depuis le XVIIIème siècle, Paul Bron a été « mar­qué par une édu­ca­tion très pro­gres­siste ». Enseignant à la Villeneuve, il réa­lise dans sa jeu­nesse un tour du monde pen­dant un an, avant de s’engager dans l’éducation popu­laire, le fil d’Ariane de son par­cours pro­fes­sion­nel.
 
Dirigeant d’une asso­cia­tion œuvrant à la défense des droits des immi­grés, il est appro­ché en 2006 par le mou­ve­ment Go Citoyenneté. Après avoir été adjoint à l’éducation de Michel Destot de 2008 à 2014, il est désor­mais le seul conseiller muni­ci­pal « mino­ri­taire » issu de cette for­ma­tion poli­tique locale qui a sou­tenu la liste de Jérôme Safar dès le pre­mier tour des élec­tions muni­ci­pales.
 
 
 
Go citoyen­neté orga­nise, le 23 avril, une confé­rence pour « com­prendre la nou­velle donne à Grenoble et agglo­mé­ra­tion ». Est-ce aussi une façon de faire le droit d’inventaire de la cam­pagne muni­ci­pale ?
 
Nous sommes désor­mais dans une phase de com­pré­hen­sion du résul­tat, après le décro­chage de la majo­rité de gauche sor­tante au pro­fit de l’autre liste de gauche. Les rai­sons de cet échec sont plu­rielles. Il y a évi­dem­ment le vote sanc­tion de désa­mour de la poli­tique gou­ver­ne­men­tale, mais aussi plus loca­le­ment, l’usure du pou­voir. Après 19 ans de gou­ver­nance, il fal­lait don­ner de nou­veaux signes de trans­pa­rence. Enfin, notre liste a perdu le contact avec un cer­tain nombre de réseaux qui, sous le man­dat pré­cé­dent, se sont consti­tués en col­lec­tifs (Mounier, Rocade nord, Esplanade) et ont exprimé plu­sieurs colères. Des colères de gauche pour la plu­part. En plus de cette rup­ture, nous avons perdu des liens avec l’électorat popu­laire des quar­tiers sud qui repré­sen­tait pour nous un fort poten­tiel élec­to­ral.
 
Enfin, nous n’avons pas com­pris le chan­ge­ment socio­lo­gique de la ville : l’aspiration des jeunes, des étu­diants et des uni­ver­si­taires qui ont mas­si­ve­ment voté pour Eric Piolle. Nous n’avons pas tra­duit cette volonté de chan­ge­ment de la pra­tique poli­tique dans une ville cham­pionne de l’innovation !
 
Nous avons perdu. Pour pas­ser à autre chose, il faut com­prendre avant de recons­truire.
 
 
IMG_4147Estimez-vous que votre liste a com­mis des erreurs stra­té­giques ?
 
Les son­dages nous ont encou­ra­gés à croire que nous allions gagner faci­le­ment. Cela ne nous a pas démo­bi­li­sés pour autant car nous n’avons jamais baissé les bras. Je pense, en revanche, que nous avons fait une cam­pagne trop tra­di­tion­nelle qui n’était pas adap­tée au désir de chan­ge­ment. La liste concur­rente a anti­cipé cela, à com­men­cer par la figure de son lea­der qui s’est impo­sée au fur et à mesure de la cam­pagne, en lais­sant dans l’ombre ses par­te­naires impro­bables. Nous avons com­mu­ni­qué sur le pal­ma­rès de Grenoble, mais c’était inau­dible pour un cer­tain nombre d’habitants. Ces résul­tats étaient en déca­lage avec leurs pré­oc­cu­pa­tions et leur façon de vivre.
 
 
Pendant l’entre-deux-tours, vous étiez un par­ti­san de la fusion. Est-ce une erreur de l’avoir refu­sée ? 
 
Partout en France, il y a eu un désis­te­ment des listes de gauche au pro­fit de celle arri­vée en tête. Pourquoi cela n’au­rait pas pu être le cas à Grenoble ? Même s’il n’y avait pas de risque de faire gagner la droite, les désac­cords entre nos listes n’étaient pas si criants. Nous avons fait les comptes. Il y avait 70 % de points d’accord pro­gram­ma­tiques avec le pro­jet d’Eric Piolle. En plus, l’offre de fusion à la pro­por­tion­nelle nous don­nait 23 places sur 50. C’était inté­res­sant. Mais nous étions aveu­glés, per­sua­dés de la vic­toire.
 
Outre les pres­sions natio­nales et celles des par­le­men­taires locaux, cer­tains mili­tants socia­listes étaient éga­le­ment favo­rables à la fusion. Mais nous étions mino­ri­taires dans le groupe des colis­tiers. In fine, c’est Jérôme Safar qui a pris sa déci­sion, influencé par Michel Destot qui a joué un rôle majeur dans la cam­pagne. Cela n’a fait qu’amplifier la chute.
 
 
Quel rôle comp­tez-vous jouer dans le man­dat qui débute ?
 
Nous ne sommes pas une oppo­si­tion, mais une mino­rité. Nous avons accepté le choix des Grenoblois en votant au conseil muni­ci­pal pour dési­gner Eric Piolle comme maire de Grenoble. En revanche, nous nous sommes abs­te­nus pour la dési­gna­tion des adjoints car nous ne savions pas quelles seraient leurs délé­ga­tions.
 
Nous serons une mino­rité construc­tive, vigi­lante et qui votera au cas par cas.
 
 
IMG_4138Avez-vous la culture d’opposition pour réa­li­ser ce tra­vail ?
 
Notre liste n’a pas été com­po­sée dans l’idée qu’on pou­vait perdre, notam­ment pour défi­nir les huit pre­miers can­di­dats sié­geant au conseil muni­ci­pal. Nous sommes dans la majo­rité muni­ci­pale depuis trois man­dats. C’est évident que nous n’avons pas les réflexes d’opposition. À l’inverse, si la liste d’Eric Piolle a pu gagner, ce n’est pas seule­ment grâce à sa cam­pagne, c’est aussi parce que les éco­lo­gistes labourent le ter­rain depuis quinze ans, qu’ils sont pré­sents dans les col­lec­tifs et éla­borent des méthodes d’opposition. Nous sommes loin du compte.
 
 
Quelle est la méthode d’opposition que vous sou­hai­tez mettre en place ?
 
 Nous ne serons pas dans la dérive pro­cé­du­rière de l’Association démo­cra­tie éco­lo­gie et soli­da­rité (Ades) qui est inter­ve­nue uni­que­ment à charge dans le man­dat pré­cé­dent, contre la poli­tique d’éducation notam­ment, en por­tant des contre-véri­tés qui sont élec­to­ra­le­ment por­teuses. Par dignité, nous ne serons jamais dans ce registre-là. Nous sau­rons aussi dire ce qui est bien. Go Citoyenneté a une tra­di­tion poli­tique d’équilibre et de dis­cours mesuré. Or, peut-être faut-il être dans la déme­sure pour prendre le pou­voir. Tant pis, c’est notre façon d’être. On ne chan­gera pas.
 
 
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Quel regard por­tez-vous sur les pre­miers pas de la nou­velle majo­rité ?
 
C’est un bon début, sauf le couac de la vidéo­sur­veillance. Cette mesure figu­rait effec­ti­ve­ment dans leur pro­gramme, mais leur pro­jet idéo­lo­gique avait pour but de mar­quer les dif­fé­rences poli­tiques avec notre liste pour se démar­quer. Maintenant qu’ils sont aux com­mandes, ils doivent gou­ver­ner pour tous les Grenoblois et entendre les aspi­ra­tions d’une grande par­tie de la popu­la­tion.
 
Ce qui guette Eric Piolle et sa majo­rité, c’est sa radi­ca­lité. S’ils n’arrivent pas à com­po­ser et à écou­ter, ils pren­dront des déci­sions à contre-cou­rant de l’opinion publique.
 
Leur défi sera éga­le­ment de main­te­nir l’unité de cette alliance poli­tique impro­bable durant tout le man­dat. Je recon­nais tou­te­fois qu’ils ont mené leur barque intel­li­gem­ment durant la cam­pagne, avec la mon­tée en puis­sance d’Eric Piolle qui les a fait par­ler d’une seule voix en estom­pant leurs diver­gences.
 
Enfin, le bilan de Michel Destot était bon et la ville a un bud­get équi­li­bré. Mais le prin­ci­pal chan­tier sera de retis­ser les liens entre le nord et le sud de la ville, car l’é­quipe en place ne repré­sente pas cette diver­sité.
 
 
Vous étiez adjoint à l’éducation. Fabien Malbet est le nou­vel adjoint aux écoles. Que sym­bo­lise pour vous cette dif­fé­rence lexi­cale ?
 
En réa­lité, ils sont deux à se par­ta­ger mon ancienne délé­ga­tion : Fabien Malbet et Elisa Martin, l’adjointe à l’enfance, à la jeu­nesse et à la tran­quillité publique. C’est d’ailleurs très mal­adroit et ambigu d’avoir mélangé ces délé­ga­tions. Je pense que la nou­velle muni­ci­pa­lité n’a pas pris la mesure de ce qu’était l’éducation dans une ville de cette dimen­sion. Ils ont une vision tech­nique qui concerne les équi­pe­ments et oublient la dimen­sion péda­go­gique. Ils ont rai­son concer­nant la réno­va­tion des équi­pe­ments – je n’ai pas pu la réa­li­ser car je n’avais pas le bud­get néces­saire – mais ce n’est pas parce que les gamins seront dans des palaces que les inéga­li­tés sco­laires vont se résor­ber.
 
 
IMG_4172Admettez-vous aujourd’hui le manque d’équipements sco­laires ?
 
Il y a eu une évo­lu­tion des effec­tifs qui n’a pas été appré­ciée à sa juste mesure. Il fal­lait envi­sa­ger la créa­tion de nou­velles écoles plus tôt. Mais le pro­blème se pré­sen­tait déjà lors du man­dat pré­cé­dent, avec l’émergence des pro­jets d’urbanisme de la Caserne de Bonne et de Bouchayer-Viallet. Ces der­niers ont été conçus lors du man­dat 2001 – 2008, quand l’adjoint à l’éducation venait de l’Ades et l’adjoint à l’urbanisme des Verts. Eux-mêmes n’avaient pas pris la mesure du besoin sco­laire sur ces quar­tiers. Il est trop facile de ren­voyer la res­pon­sa­bi­lité sur l’équipe sor­tante, alors que déjà l’école Lucie Aubrac avait été construite trop petite. C’est la même chose dans le sec­teur 1.
 
Il faut agran­dir des écoles et en construire de nou­velles, mais je le redis, ce n’est pas ça qui va résoudre l’échec sco­laire, qui est le grand oublié de la nou­velle majo­rité.
 
 
Lors de son dis­cours de poli­tique géné­rale, Manuel Valls a évo­qué des « ajus­te­ments » de la réforme des rythmes sco­laires. Continuez-vous de croire en cette mesure que vous avez tenu à mettre en place à Grenoble dès la ren­trée 2013 ?
 
Vincent Peillon a cru que la réforme des rythmes sco­laires serait adop­tée faci­le­ment car il y avait un consen­sus poli­tique avec la droite à ce sujet. Mais la résis­tance n’a pas été poli­tique. Elle est venue des parents qui devaient chan­ger leurs habi­tudes. La modi­fi­ca­tion des rythmes sco­laires a cris­tal­lisé l’ensemble de la refon­da­tion de l’école qui sera une aide pré­cieuse pour lut­ter contre l’échec sco­laire. Quelques dif­fi­cul­tés demeurent comme la for­ma­tion des ani­ma­teurs, l’implication des com­munes dans les conte­nus péda­go­giques et l’organisation des acti­vi­tés. C’est la pre­mière année d’application. C’est nor­mal qu’il y ait des frot­te­ments.
 
 
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Votre deuxième pré­oc­cu­pa­tion poli­tique, c’est la Métropole. Est-ce parce qu’à cette échelle, la majo­rité n’est pas encore clai­re­ment défi­nie ?
 
Je ne suis pas impli­qué per­son­nel­le­ment car je ne siè­ge­rai pas au conseil com­mu­nau­taire, sauf si les élus me devan­çant sur la liste démis­sionnent. Mais je crois en une alliance PS-PC-éco­lo­gistes à la Métro. Notre groupe d’opposition muni­ci­pale se retrou­ve­rait alors dans la majo­rité métro­po­li­taine.
 
C’est effec­ti­ve­ment l’enjeu poli­tique de demain, avec le pas­sage en métro­pole en jan­vier pro­chain impli­quant des trans­ferts de com­pé­tences. La tâche s’annonce pas­sion­nante car tout est à construire. À l’avenir, je suis favo­rable à la dis­pa­ri­tion des dépar­te­ments au pro­fit des métro­poles pour allé­ger le mille-feuilles ter­ri­to­rial. À plus long terme encore, les ter­ri­toires devront s’organiser en fonc­tion des bas­sins de popu­la­tion et des axes de vie qui trans­cendent les fron­tières dépar­te­men­tales ou régio­nales actuelles. Chez nous, c’est le sillon alpin qui doit pré­va­loir. Enfin, pour pré­ser­ver la rura­lité, il fau­dra tis­ser les liens entre les inter­com­mu­na­li­tés de ces ter­ri­toires et les métro­poles.
 
 
Propos recueillis par Victor Guilbert
Photos de Chloé Ponset
 
 
L’entretien a été réa­lisé le ven­dredi 11 avril au café Milburns à Grenoble. Il n’a pas été sou­mis à relec­ture.
 
 
Extrait d’ouvrage choisi par Paul Bron
 
IMG_4164« L’école autre­ment » de Martine Plisson : 
 
« Comment conce­voir l’é­cole de demain sans se poser la ques­tion : de quel citoyen la société aura-t-elle besoin ? Pour se lever contre l’op­pres­sion, l’ex­ploi­ta­tion, pour vaincre les inéga­li­tés, l’in­jus­tice et la pau­vreté, pour pro­duire dans le par­tage, l’au­dace et le plai­sir d’a­gir pour la com­mu­nauté. »
 
La convic­tion qu’il en tire :
 
C’est un petit livre plein de bon sens, écrit par une Grenobloise avec qui j’étais ensei­gnant à la Villeneuve à l’école du Lac. J’en conseille la lec­ture aux deux nou­veaux adjoints en charge des ques­tions d’éducation, même s’il y a dans les rangs éco­lo­gistes le très bon péda­gogue Philippe Meirieu qui écrit aussi des choses inté­res­santes. Il faut pui­ser les bonnes idées par­tout, car la résis­tance, c’est « quoi faire à la place ». Les ensei­gnants ne peuvent pas assu­mer seuls la res­pon­sa­bi­lité du chan­ge­ment péda­go­gique. Toute la société doit s’impliquer.
 
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Commentaires 10
  1. Mr. Bron, par­ler de palaces pour les enfants à 30 par classes, c’est mépri­sant, et prendre les gens pour des imbé­ciles. Votre action est comme votre dis­cours : un cha­ra­bia incom­pré­hen­sible de concepts sans objets, mal­heu­reu­se­ment trop sou­vent pré­sent à gauche. La péda­go­gie dont vous par­lez a besoin de moyens maté­riels et d’un mini­mum de réa­lisme dans les opé­ra­tions. Vos réfé­rences datent d’un autre temps. Votre action pour l’é­cole de Lucie Aubrac a été nulle. Vous avez été sourd non seule­ment aux cri­tiques mais éga­le­ment aux pro­po­si­tions des parents. J’ai été immen­sé­ment sou­lagé d’a­voir une liste de gauche pour laquelle voter et m’as­su­rer que vous n’oc­cu­pe­rez plus de res­pon­sa­bi­li­tés pour les écoles. Un vote d’adhé­sion pleine et entière au pro­gramme de Mr. Piolle en même temps qu’un vote sanc­tion pour vos liste PS-GO etc, une double vic­toire. Surtout pre­nez votre temps pour digé­rer votre défaite.

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    • Mr Cédric.F SVP pre­nez un peu de dis­tance. Les enfants doivent bien sur être accueillis dans un espace confor­table. Par contre le nombre d’en­fants par classe dépend de l’éducation Nationale et pas de la ville. Oui il fau­drait moins de 30 enfants par classe.
      Ma réac­tion sur l’es­pace est sur­tout lié au fait que j’ai été cho­qué que la plu­part des inter­ven­tions pen­dant la cam­pagne des muni­ci­pales, se cen­trait sur les locaux, oubliant l’é­chec sco­laire de plus de 20% des enfants, essen­tiel­le­ment issus des familles popu­laires. Ceci est inad­mis­sible et ce n’est pas du cha­ra­bia. Et ce n’est pas non plus une fata­lité. Une ville peut contri­buer, aux côtés de l’é­cole, avec les asso­cia­tions et les parents, à pro­po­ser des acti­vi­tés édu­ca­tives qui aide­ront sco­lai­re­ment les enfants. C’est d’ailleurs là, l’es­sen­tiel de la réforme des rythmes, vu du côté des villes.
      Quant à l’é­cole Lucie Aubrac, deman­dez à ceux qui l’ont pensé et construit avant 2008, pour­quoi ils se sont plan­tés.

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  2. Et oui Mr Cantele, quand on n’in­ter­vient plus seule­ment de façon ano­nyme et sans droit de réponses, comme vous le faites der­rière la news­let­ter de l’Ades, et bien on s’ex­pose au débat… et c’est bien plus sain.

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  3. Je n’i­ma­gi­nais pas que nous allions dia­lo­guer par Place’Grenet inter­posé, et je ne vois pas l’in­té­rêt d’im­po­ser cela aux lec­teurs. Deux ou trois choses cepen­dant pour ne pas épi­lo­guer : vous avez du être sourd pour ne pas m’a­voir entendu durant 6 ans. Mais appa­rem­ment il n’y a pas que moi que vous n’a­vez pas entendu, on a vu le résul­tat. Je ne vais pas faire la liste des réa­li­sa­tions de 2001 à 2008, ni des pro­jets en court à l’é­poque que vous avez tout sim­ple­ment décidé d’ar­rê­ter ou de retar­der : il faut savoir assu­mer ses res­pon­sa­bi­li­tés de temps à autres et ne pas faire preuve de mau­vaise foi. A pro­pos : les repas sans viande, les for­ma­tions au fait reli­gieux, j’en passe… excel­lente réus­site pour la laï­cité, alors que per­sonne n’a­vait rien demandé. Dernière chose, je par­tage le point de vue de Jean. A bon enten­deur…

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  4. Non Mr Cantelle il n’est pas pré­somp­tueux de dire que l’é­cole ne peut pas réus­sir toute seule et qu’elle a besoin, à ses côtés, des par­te­naires édu­ca­tifs que sont les parents, les asso­cia­tions et les villes. Oui les villes doivent s’im­pli­quer de façon déter­mi­née dans la réus­site édu­ca­tives des enfants et la réforme des rythmes sco­laires en est l’un des moyens. Mais nous n’a­vons pas fait que cela pen­dant 6 ans : écoles à pro­jet, 6 éco-écoles, pro­jet PLU avec les classes, classes citoyennes, repas sans viande à la can­tine ( au fait qu’en pense main­te­nant l’Ades qui s’é­tait oppo­sée viru­lem­ment contre il y a seule­ment 2 ans ?), PEG et PEDT, ins­tances de concer­ta­tion, réfé­rents ani­ma­teurs, démul­ti­pli­ca­tion des PEL en ate­liers édu­ca­tifs, etc… Oui il y a une urgente néces­sité à réno­ver nos écoles, d’au­tant plus que la mon­tée des effec­tifs depuis 10 ans a mal été appré­ciée, vous devriez avoir la luci­dité de le recon­naitre comme moi.
    Ravi quand même de vous entendre après 6 années de silence…
    Marie Claire, la réforme des rythmes sco­laires n’a pas été impo­sée aux for­ceps, voila 25 ans que l’on tourne autour et que le moindre chan­ge­ment dérange tout le monde, mal­gré tous les avis com­pé­tents. A un moment il faut prendre ses res­pon­sa­bi­li­tés. On attend cela d’un élu je crois… et il y aura tou­jours des cri­tiques. Nous ferons un bilan dans quelques années.

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  5. Je ne sais pas qui a conçu réel­le­ment la réforme du temps sco­laire, mais vrai­sem­bla­ble­ment quel­qu’un de jeune car, même si je n’ai « que » 48 ans, le temps sco­laire en pri­maire à mon époque était de 27 heures (6 heuresX4 + 3 heures le samedi matin). Cela n’a pas fait de ma géné­ra­tion des trau­ma­ti­sés de l’é­cole. Aujourd’hui, le temps sco­laire n’est que de 24 heures, dans un monde où la concur­rence avec des gens qui tra­vaillent beau­coup et pas cher est rude. On peut le déplo­rer et on doit se battre contre ela, mais c’est une réa­lité qui s’im­pose.
    Alors que dire de mettre une demi-jour­née le mer­credi matin ? Uniquement que l’on a pas voulu déplaire aux parents qui vou­laient avoir « leur » samedi. Ce n’est donc pas une réforme en faveur des enfants, mais uni­que­ment un chan­ge­ment parce qu’un ministre a voulu mar­quer son pas­sage (comme bien d’autre) en essayant de ne pas faire des­cendre tout le monde dans la rue. L’objectif est plu­tôt raté. Vanité d’un homme poli­tique et égoïsme des parents ont fait bon ménage.

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  6. Lucide mais un peu tard Paul Bron. Les cri­tiques fon­dées que nous avons for­mu­lées et celles des habi­tants pen­dant ce der­nier man­dat n’ont à l’é­vi­dence jamais été prises en compte par une majo­rité aveugle et trop sûre d’elle-même pour les entendre. Enfin un aveu, (alors que pen­dant tout le man­dat l’ad­joint par­lait de contre véri­tés) quant à l’é­norme fai­blesse du bud­get pour l’en­tre­tien des écoles et res­tau­rants sco­laires. P. Bron pense tou­jours que notre man­dat n’a consisté qu’à avoir une vision tech­nique, par­ler de « palaces » pour les « gamins » c’est pour le moins mépri­sant. En 6 ans il est passé à côté d’un grand nombre de réa­li­sa­tions, pour ne citer que celles-ci :classes à horaires amé­na­gés musique et danse, classes audio­vi­suelles, décloi­son­ne­ment des sec­tions inter­na­tio­nales… Un élu de la République n’est ni ensei­gnant, ni péda­gogue, en tout cas s’il se doit de tra­vailler avec ces der­niers, c’est dans le res­pect des com­pé­tences de cha­cun, pas dans la confu­sion des rôles. Croire ou faire croire qu’un élu est capable de réduire les inéga­li­tés sco­laires seul, c’est pour le moins pré­somp­tueux. Celui là doit tout faire pour accom­pa­gner ceux qui ont cette tâche par­ti­cu­liè­re­ment dif­fi­cile aujourd’­hui d’en­sei­gner et plus lar­ge­ment d’é­du­quer. Je crois que P. Bron, pour le para­phra­ser, n’a pas pris la mesure de ce qu’é­tait son rôle dans une ville comme Grenoble. Quant à la pré­ci­pi­ta­tion pour les rythmes sco­laires, il est dif­fi­cile d’être à la fois bon élève à Paris et à Grenoble.

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  7. Ils sont bien gen­tils à Go Citoyenneté mais ils n’ont pas encore digéré leur défaite ! 😉
    « alliance poli­tique impro­bable » dit Paul Bron à pro­pos de la liste d’Eric Piolle, mais celle de Destot qui allait du MODEM au PC, en pas­sant par GO, c’é­tait quoi ? Même si le MODEM n’a pas fait par­tie de la liste Safar, Paul Bron a tou­jours été là … pas d’u­sure au bout de 2 man­dats pour pré­tendre à un 3e ?
    Laissons faire la nou­velle muni­ci­pa­lité avant de juger … La sépa­ra­tion de la « tech­nique » et du « péda­go­gique » dans l’é­du­ca­tion est peut être une bonne chose, lui qui réunis­sait les deux n’a pas réussi et s’il y avait des pro­blèmes de concep­tion des nou­veaux quar­tiers, qu’a-t-il fait entre 2008 et 2014 pour y remé­dier ? il n’a­vait pas le bud­get ? c’est que l’é­du­ca­tion n’é­tait pas une prio­rité, alors repro­cher à la nou­velle équipe de ne pas s’oc­cu­per de l’é­chec sco­laire … ! Elle est en place depuis même pas 2 semaines !
    L’ADES était dans l’op­po­si­tion de la muni­ci­pa­lité Destot et avait rai­son de dénon­cer ce qui ne lui plai­sait pas. On va bien voir si Go prend son indé­pen­dance vis à vis du PS ou lui reste collé. Rebondir après un échec, c’est peut être aussi savoir chan­ger de men­ta­lité

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  8. GO avait voté des deux mains pour le stade ! En quoi ont-ils une sen­si­bi­lité dif­fé­rente du PS ?
    P Bron a tou­jours méprisé les enquêtes de ter­rain qui annon­çaient un refus de la (future) réforme des rythmes sco­laires.
    Ou com­ment essayer de se refaire une vir­gi­nité…

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    • La réforme des rythmes sco­laires impo­sée à la hus­sarde a eu pour consé­quence une levée de bou­cliers de la part des parents d’é­lèves, non pas parce que cela déran­geait leurs habi­tudes mais plu­tôt parce que l’or­ga­ni­sa­tion était chao­tique et a démon­tré aussi le peu d’im­pact en par­ti­ci­pa­tion sur­tout dans les quar­tiers sud où sou­vent les enfants ont le plus de dif­fi­cul­tés et où cette réforme n’a pas été attrac­tive. Ce type de réforme doit être pré­pa­rée long­temps en amont et pro­po­ser en contre­par­tie des actions qua­li­fiées et inno­vantes avec du per­son­nel qua­li­fié. Les enfants ne sont pas des cobayes chez qui on expé­ri­mente une action péda­go­gique au fur et à mesure de sa réa­li­sa­tion. Cette mise en place de la réforme n’a pas été une rai­son essen­tielle à l’é­chec du renou­vel­le­ment de cette muni­ci­pa­lité mais je suis per­sua­dée qu’elle a contri­bué à un rejet de la part d’une par­tie de la popu­la­tion concer­née. En ce qui concerne l’ADES, pen­dant 6 ans leurs news­let­ters n’ont été qu’at­taques poli­ti­ciennes, mépris pour les per­sonnes, cri­tiques pas tou­jours fon­dées, et sou­vent rem­plies de contre véri­tés. Ce n’est pas une idée que je me fais de la poli­tique. Paul Bron a rai­son de sou­li­gner que leur radi­ca­lité ( ainsi que la par­ti­ci­pa­tion du parti de gauche dans ce conseil, pour ce qui me concerne) sera source pour le nou­veau maire de dif­fi­cul­tés internes. je reste per­sua­dée que Jérôme Safar a fait le bon choix de ne pas fusion­ner avec l’é­quipe de Piolle, choix cou­ra­geux et de bon sens car une expé­rience d’al­liance avec l’ADES dans les man­dats pré­cé­dents a été mar­quée de grandes dif­fi­cul­tés de gou­ver­na­bi­lité. Maintenant en ce qui concerne une gou­ver­nance éco­lo­gique et quoi­qu’on en dise poli­ti­cienne et radi­ca­li­sée à gauche, l’exemple de Montreuil avec Dominique Voynet , nous a per­mis de consta­ter l’é­chec d’une telle alliance. Mais lais­sons le temps à Mr Piolle de s’ins­tal­ler et de tra­vailler on pourra juger plus tard…

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