ENTRETIEN – Les communistes grenoblois voient rouge. Irrités par l’alliance de leurs partenaires du Parti du gauche avec les écologistes pour les élections municipales, ils choisissent de leur côté de repartir avec les socialistes, malgré une « campagne autonome ». Jérôme Marcuccini, le secrétaire fédéral du Parti communiste en Isère s’inquiète de la désunion de la gauche et de la crise démocratique.

© Véronique Serre / placegrenet.fr
Il s’oriente alors vers le Parti communiste, où il rencontre des militants « extrêmement critiques envers l’échec humain et démocratique des régimes soviétiques, et partageant des valeurs de paix, d’humanisme, de partage et de justice ». Membre de la direction départementale du parti en Isère depuis 2006 et premier secrétaire depuis 2008, il a également obtenu à cette date son premier mandat électif d’adjoint municipal à Voiron, en charge des déplacements, du stationnement et de la qualité de l’air. Il a ensuite déménagé de la commune, après avoir mené la restructuration urbaine du cœur de ville. Il pourrait apparaître sur la liste conduite par Jérôme Safar aux élections municipales de mars 2014 à Grenoble. Le 10 décembre dernier, les militants communistes grenoblois ont fait le choix d’une alliance avec la liste menée par le socialiste Jérôme Safar, dès le premier tour des élections municipales à Grenoble. Pourquoi avoir choisi une formulation aussi orientée dans les propositions qui leur étaient soumises ?
Cette formulation reflétait l’état réel de nos discussions avec les deux listes de la gauche grenobloise. Nous avons même hésité à retirer la première option après avoir eu la confirmation de nos partenaires du Parti de gauche (PdG) qu’ils n’envisageaient aucune alliance avec les socialistes en cas de triangulaire au deuxième tour.
C’est une position qu’il nous semblait important de signaler à nos militants lors de leur choix, car elle permettrait à la droite d’être l’arbitre en cas de maintien de ces deux listes. C’est un élément fort et structurant de la réflexion des communistes lors des périodes électorales. Si la formulation pose question, ce sont les positions du PdG à l’origine de cette formulation qui devraient plutôt être interrogées.
C’est cette différence de stratégie qui a été le principal frein à un rapprochement avec la liste « Grenoble, une ville pour tous » ?
Après avoir signé le projet municipal qui nous unissait au sein du Front de gauche, le PdG a conditionné son engagement à une alliance avec les écologistes. Or, le manque de sincérité de ces derniers est pour nous un blocage. Les écologistes font des déclarations d’opposition à la droite et à l’extrême droite mais l’expérience nous prouve le contraire.
Quels exemples avez-vous en tête ?
Les précédents sont sans ombres. Lors des élections cantonales de 2004, l’écologiste Olivier Bertrand a été élu face à un candidat socialiste, grâce au report des voix de la droite. En 2011, sur les cantons de Vinay et d’Échirolles, les écologistes ont refusé de soutenir – même face au Front national – Jean-Claude Coux et Sylvette Rochas, qui étaient les candidats de la gauche au deuxième tour. Nous avions été obligés de faire intervenir leur direction nationale pour que les écologistes se positionnent localement.
Quand nous avions souligné ce manquement, la secrétaire départementale d’Europe-Ecologie-Les Verts (EELV) avait répondu qu’elle ne cèderait pas aux désistements « staliniens » réclamés par les communistes.
Par ailleurs, les écologistes nous appellent aujourd’hui au rassemblement pour les municipales à Grenoble mais s’allient avec les socialistes et le Modem à Échirolles pour se débarrasser du maire communiste sortant, Renzo Sulli. Ils souhaitent faire croire à un problème de personne, mais c’est en réalité de l’anticommunisme de leur part.

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Extrait d’ouvrage choisi par Jérôme Marcuccini Préface d’Alexis Tsipras à « Maintenant, prenez le pouvoir » de Pierre Laurent : « Nous pourrions dire que le capitalisme financier mondial a une stratégie. Mais pour ce qui est des Etats ou des entités régionales, comme l’Union européenne, il semble que nos adversaires n’aient pas de stratégie claire, mais qu’ils soient mus uniquement par la panique. À mesure que la crise d’aggrave, l’UE est conduite à se dissoudre en proportion et nous confronte à cet oxymore : c’est nous, la gauche européenne, la force qui porte la critique structurelle des traités européens, de l’UE, du traité de Maastricht et de l’architecture de l’Union monétaire ; c’est nous qui devenons la force qui cherche à maintenir l’Europe en vie, alors que nos adversaires font de leur mieux pour la dissoudre ! » La conviction qu’il en tire C’est dans la droite continuité de cet entretien qui aborde la crise de la démocratie et la désertion des urnes par les citoyens. Il y a effectivement une stratégie financière qui pousse les gens à désespérer. Ce qui facilite la dissolution de l’Etat, de l’Union européenne et de la conscience collective. Il est urgent de reconstruire une Europe qui s’appuie sur la souveraineté. Nous sommes le cœur vif de ce projet.– Consultez ici les autres entretiens politiques du Dimanche de Place Gre’net.


















