ENTRETIEN – Attaqué à sa droite sur son bilan, trop isolé sur sa gauche pour faire des unions, Jérôme Safar n’est pas dans une situation très confortable. La campagne municipale s’annonce ainsi compliquée pour la tête de liste socialiste. Le premier adjoint au maire de Grenoble en charge des finances et de la sécurité répond aux critiques sur la politique fiscale et l’armement des policiers municipaux. Il commente, par ailleurs, l’actualité politique grenobloise, de la crise de l’UMP à l’autonomie des écologistes.

© Véronique Serre / placegrenet.fr

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Les écarts de subventionnement entre certaines associations sont régulièrement pointés du doigt, dans le domaine sportif notamment. Pourriez-vous revoir cette répartition ?
Nous devons retisser des liens entre le sport professionnel et le sport associatif. Concernant la répartition des subventions, il faut garder en mémoire la catastrophe de la descente du GF38 et de son dépôt de bilan. Nous sommes donc plus attendus pour le financement du club aujourd’hui (861 000 euros par an ndlr) qu’à l’époque où il évoluait en élite et profitait des droits télés et des sponsors.
Nous avons besoin des clubs de haut-niveau, comme les Brûleurs de loups et le FCG. Ils sont à l’écoute sur les besoins de la ville. Ces deux clubs se sont notamment impliqués dans l’accompagnement des rythmes scolaires. Mais nous sommes également dans une ville qui a énormément de clubs sportifs. Par exemple, l’équipe de hockey sur gazon, qui joue à Pont-de-Claix, souhaite avoir son propre terrain sur Grenoble. En période de métropolisation, j’estime que les clubs doivent être répartis sur les différentes communes avec un soutien métropolitain.
Abordons le sujet de la sécurité. Si je vous dis : « Grenoble, une ville dure qui doit faire face à une forte délinquance et où des faits graves font régulièrement la Une. » C’est de l’acharnement médiatique ?
Je ne choisis pas les Unes ! Je ne veux pas non plus être dans le déni. À Grenoble, il y a des situations difficiles liées à la sécurité mais il n’y en a pas plus que dans les autres villes de taille comparable. Il y a des faits graves que nous devons traiter mais certaines situations ne sont pas du ressort de la municipalité. C’est le cas du trafic de stupéfiants – lié à notre positionnement frontalier avec d’autres pays – et de la prostitution, qui explose depuis deux ans. C’est aussi à l’Etat de prendre en main ces dossiers-là.
Êtes-vous favorable à la proposition de loi sur la pénalisation des clients de la prostitution ?
À fond ! Il faut arrêter cette hypocrisie. La prostitution, ce n’est pas seulement le commerce d’un service sexuel anodin. Elle entraîne des problèmes d’alcool, de drogue et de violences faites aux femmes, souvent par leur souteneur et parfois-même par leurs clients. Les prostituées sont, avant tout, des victimes. Ce n’est pas un métier que l’on fait par plaisir, ni un métier comme un autre car 80 à 90 % des prostituées font cela par obligation, dans des réseaux mafieux.

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L’entretien a été réalisé le mercredi 16 octobre dans le bureau de Jérôme Safar à l’Hôtel de Ville de Grenoble. Il n’a pas été soumis à relecture.
Extrait d’ouvrage choisi par Jérôme Safar– Consultez ici les autres entretiens politiques du Dimanche de Place Gre’net.© Véronique Serre / placegrenet.fr
« Education européenne » de Romain Gary :
« En Europe, on a les plus vieilles cathédrales, les plus vieilles et les plus célèbres universités, les plus grandes librairies et c’est là qu’on reçoit la meilleure éducation – de tous les coins du monde, il paraît, on vient en Europe pour s’instruire. Mais à la fin, tout ce que cette fameuse éducation européenne vous apprend, c’est comment trouver le courage et de bonnes raisons, bien valables, bien propres, pour tuer un homme qui ne vous a rien fait, et qui est assis là, sur la glace, avec ses patins, en baissant la tête, et en attendant que ça vienne. » La conviction qu’il en tire C’est pour moi un écrivain mythique et un ouvrage que je relis au moins deux fois par an, dès que je doute de l’Europe. J’ai racheté une nouvelle édition cet été car la précédente tombait en lambeaux.











