Municipales : réactions sur la liste UMP

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RÉACTIONS – Le choix définitif de la commission nationale d’investiture de l’UMP, ce mardi 8 octobre au soir, n’a pas manqué de faire réagir à droite… mais aussi et surtout à gauche. Matthieu Chamussy conduira en effet la liste du parti aux prochaines municipales de Grenoble, avec Alain Carignon troisième sur la liste, suivi de Benjamin Piton et Richard Cazenave, respectivement en cinquième et septième positions.

 
 
Matthieu Chamussy, conseiller municipal UMP de Grenoble et co-président de la commission des finances, budget et évaluation des politiques publiques de la Métro, tête de liste aux municipales 2014

Matthieu Chamussy, actuel conseiller muni­ci­pal (UMP) de Grenoble et co-pré­sident de la com­mis­sion des finances, bud­get et éva­lua­tion des poli­tiques publiques de la Métro.
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Après des semaines de guerre interne, de coups four­rés et de com­mu­ni­qués rageurs, l’UMP38 a enfin son can­di­dat offi­ciel, en la per­sonne de Matthieu Chamussy, actuel conseiller muni­ci­pal d’op­po­si­tion. Mais la fin de cette guerre intes­tine ne se sera pas faite sans conces­sions. Car Alain Carignon, ancien maire de Grenoble, qui jouait de son réseau à Paris depuis des semaines, se retrouve en troi­sième posi­tion. Autant dire que Matthieu Chamussy, bien que légi­timé par cette déci­sion offi­cielle de l’UMP, n’aura pas les cou­dées franches.

 

Si les cari­gno­nistes sont offi­ciel­le­ment en ordre de bataille, la pilule reste un peu dif­fi­cile à ava­ler pour eux. « Ce que j’en­tends dans la ville, c’est « seul Alain Carignon peut nous sor­tir de là ». Alors je prends connais­sance avec éton­ne­ment de la déci­sion prise, même si j’i­ma­gine bien qu’elle a reçu l’a­val de l’an­cien maire de Grenoble », a ainsi réagi Aziz Sahiri, pré­sident de l’as­so­cia­tion des Amis d’Alain Carignon. Celui-ci affirme tou­te­fois être ras­suré par le fait que Jean-François Copé, pré­sident de l’UMP, et Jean-Claude Peyrin, pré­sident de l’UMP38 aient sou­haité qu’Alain Carignon soit chef de file dépar­te­men­tal pour les pro­chaines élec­tions régio­nales.
 
De son côté, Denis Bonzy, ex-can­di­dat à la pri­maire du chan­ge­ment, écarté de fait par cette déci­sion, a vive­ment déploré que l’UMP38 n’ait pas voulu prendre le risque que les pri­maires soient gagnées par un indé­pen­dant : « Les ins­tances pari­siennes ont rangé la démo­cra­tie popu­laire au gre­nier. Les sup­po­sés « adver­saires » d’hier sont désor­mais les amis d’au­jourd’­hui. » Et celui-ci, dési­reux d’or­ga­ni­ser des débats publics avec ses oppo­sants, de conclure : « C’est donc au pre­mier tour du 23 mars 2014 que les pri­maires auront lieu avec le plus beau col­lège élec­to­ral qui soit : tous les citoyens gre­no­blois. »
 
 
Mariage de la carpe et du lapin
 
Sans sur­prise, la majo­rité actuelle ne s’est pas pri­vée de com­men­ter sévè­re­ment cette déci­sion, dans un com­mu­ni­qué com­mun de Morad Bachir-Chérif, Paul Bron, Abderrahmane Djellal, Georges Lachcar et Patrice Voir, res­pec­ti­ve­ment pré­si­dents des groupes sociaux démo­crates, GO citoyen­neté, PS-PRG-MRC et appa­ren­tés, société civile, et com­mu­niste. « Loin des pri­maires démo­cra­tiques ini­tia­le­ment annon­cées, c’est au final dans le secret d’un bureau à l’Assemblée natio­nale que la com­po­si­tion des pre­mières places de la liste UMP a été arrê­tée. Une com­po­si­tion exclu­si­ve­ment mas­cu­line, faite selon les recom­man­da­tions d’Alain Carignon, et qui ne vise qu’à marier carpes et lapins. »
 
Alain Carignon, en bonne place sur la liste UMP des municipales de 2014 à Grenoble

Alain Carignon. © Nils Louna

Et d’en­fon­cer le clou en rap­pe­lant, sans le nom­mer, la condam­na­tion d’Alain Carignon le 9 juillet 1996 par la Cour d’ap­pel de Lyon à cinq ans de pri­son, cinq ans d’i­né­li­gi­bi­lité et 400 000 francs d’a­mende pour cor­rup­tion, abus de biens sociaux et subor­na­tion de témoins.
 
Même son de cloche du côté du cen­triste Philippe de Longevialle, en tête de la toute nou­velle liste « Imagine Grenoble », pour qui cette situa­tion confirme le déli­te­ment continu de l’UMP locale : « Outre le fait que le qua­tuor investi ne compte aucune femme, ce qui en dit long, il témoigne que l’UMP n’a tiré aucune leçon du passé. Comment peut-elle inves­tir Alain Carignon, même en troi­sième posi­tion, alors que les Grenoblois ont déjà lar­ge­ment rejeté l’i­dée même de cette can­di­da­ture immo­rale ? Et com­ment la tête de liste dési­gnée, Matthieu Chamussy, peut-elle accep­ter un tel schéma qui fait honte à Grenoble ? »
 
La charge se fait encore plus sévère du côté des éco­lo­gistes au sens large et de leurs alliés. Les signa­taires de l’appel « Grenoble, une ville pour tous ! », le Réseau Citoyen, l’Ades, les Alternatifs et EELV Grenoble affirment ainsi dans un com­mu­ni­qué com­mun que les Grenoblois refusent de voir s’ins­tal­ler à nou­veau « un sys­tème de cor­rup­tion géné­ra­lisé », tirant à bou­let rouge sur Alain Carignon :
« La com­mis­sion natio­nale d’in­ves­ti­ture de l’UMP, dont il est membre, a tran­ché dans le sens voulu par M. Carignon. Mais comme une bonne par­tie de la droite gre­no­bloise est oppo­sée à ce retour, elle a pro­posé que la tête de liste soit M. Chamussy. Si ce der­nier l’ac­cepte, il sera l’o­tage de l’an­cien maire cor­rompu, qu’il le veuille ou non. »
 
Les can­di­dats désor­mais décla­rés, la cam­pagne devrait enfin pou­voir ren­trer très vite dans le vif du sujet. A savoir des débats sur le fond.
 
Paul Turenne
 
 
Ouverture Musée Champollion
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Commentaires 1
  1. Merci, Monsieur Copé. Oui, j’ai bien écrit « Monsieur Copé » et non pas sim­ple­ment JF Copé, car je vous tire mon cha­peau. Que voilà un beau cadeau à la gauche, quelle qu’elle soit. Vous ouvrez un bou­le­vard aux anti-UMP en adou­bant Carignon, dont, pour­tant, bien peu de Grenoblois ne veulent, met­tant Chamussy dans une posi­tion déli­cate.
    Décidément nous avons bien la droite la plus bête du monde.
    Encore merci

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