EN BREF – L’association grenobloise de sauvegarde du patrimoine informatique Aconit en appelle de nouveau aux mécènes, après une première tentative sans grand succès il y a deux ans. Alors que sa subvention métropolitaine vient de lui être retirée, la structure pourrait ne plus être en mesure de payer son loyer. Celle qui envisage désormais la création d’un musée virtuel redoute la dispersion de sa collection, voire la destruction pure et simple de certaines pièces, malgré leur caractère inestimable.
« Soutenir Aconit, c’est protéger un héritage commun et affirmer son engagement pour la transmission des savoirs. » Ainsi s’exprime l’association grenobloise Aconit, qui s’est fixée pour mission la sauvegarde du patrimoine informatique. Elle compte dans sa collection environ 2 200 machines de tous types, dont certaines remontent aux années 1950. Soit des modèles que certains passionnés qualifient affectueusement d’ordinosaures.
En 2024, Aconit avait déjà tiré la sonnette d’alarme, en lançant un appel à mécénat auprès des industriels de la région. Deux ans plus tard, le soutien ne semble pas avoir été au rendez-vous. Pire encore : l’association a appris le retrait total de la subvention de 20 000 euros que la Métropole lui versait chaque année. Résultat ? Elle pourrait ne plus être en mesure de s’acquitter de son loyer à compter du mois de janvier 2027.
Vers la création d’un musée virtuel ?
« Gardienne du glorieux passé informatique de la France, Aconit abrite des pièces majeures comme l’ordinateur Bull Gamma 3, premier ordinateur français, certaines inscrites à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques », rappelle pourtant la structure. Et celle-ci de prévenir : « Sans intervention immédiate, 40 ans de collecte et de savoir-faire bénévole risquent la dispersion, privant chercheurs et grand public d’un outil pédagogique unique ». Voire la destruction pure et simple de certaines machines ?

Des machines conservées par Aconit exposées sur le campus de Grenoble en 2017. © Florent Mathieu – Place Gre’net
Face à cette situation, Aconit envisage un changement radical de modèle. Alors que l’association, à l’étroit au regard du caractère massif de certaines pièces de sa collection, espérait pouvoir déménager à moyen terme, elle imagine maintenant continuer à vivre à travers un musée virtuel. Ce dernier permettrait de « démocratiser l’accès via une visibilité mondiale numérique » et de renforcer sa mission éducative, tout en « pérennisant les collections en réduisant la dépendance aux coûts immobiliers ».
Un nouvel appel lancé aux industriels
Mais une telle transition ne peut se faire sans un « fonds de roulement », nécessaire pour « ce virage numérique et la survie immédiate de la collection », insiste-t-elle. Et de lancer un nouvel appel aux industriels. « En associant leur marque à Aconit, les acteurs de la société économique s’inscrivent résolument dans une perspective de consolidation du patrimoine technologique de l’électronique et du numérique au service de la souveraineté française et européenne pour le futur », plaide l’association.










