EN BREF – Plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées devant les locaux de la Direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités (DDETS) de l’Isère à Grenoble. Ce pour dénoncer, une nouvelle fois, la mise en cause de deux inspecteurs du travail contre lesquels leur supérieur hiérarchique a déposé une plainte pour harcèlement moral. Pour les syndicats, c’est une « répression syndicale » qui est à l’œuvre.
Une nouvelle fois, plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées à Grenoble en soutien aux deux inspecteurs du travail accusés de « harcèlement moral » par une supérieure hiérarchique. Après une manifestation devant l’hôtel de police de Grenoble le 27 mai 2026, à l’occasion d’une convocation pour audition des deux syndicalistes, c’est devant les locaux de la Direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités que les organisations syndicales1Sud TAS 38, CGT DDETS 38, Sud TAS, CGT TEFP, CNT TEFP, FSU TEFE, CNT-SO, US Solidaires, Solidaires Isère, CNT Isère, FSU Isère, FO Isère, CGT Isère, Unef Grenoble, Coordination Étudiante de Grenoble, Solidaires Étudiant·e·s Syndicat de Lutte Grenoble, Union Local CGT du Grand Grenoble, CGT ST Micro, Sud Commerce & Service Aura, Sud PTT Isère-Savoie, Solidaires Finances Publiques 38, Sud Santé Sociaux 38, Sud Education 38, Solidaires Asso 38, Sud Collectivité Territoriales 38, Sud Transport urbain interurbain 38, Solidaires Informatiques 38. avaient donné rendez-vous le jeudi 18 juin.
La plainte en question s’inscrit dans un contexte de tensions entre syndicats et direction, qui s’étaient notamment exprimé lors d’un rassemblement (déjà) devant la DDETS en amont du 1er mai. Les inspecteurs du travail avaient en effet exprimé leur refus d’obéir aux consignes gouvernementales de “mansuétude” envers les entreprises ouvertes le jour férié, alors même que la loi restait la même. « On voudrait pouvoir faire notre job sans avoir sur le dos des chefs qui essayent de nous casser les reins!« , déclarait alors un syndicaliste.
Des agents victimes de « répression syndicale »
Aux yeux des manifestants du 18 juin, c’est une « répression syndicale » qui est à l’œuvre. « La répression est là pour que ne soient pas pointées et dénoncées les conditions de travail des agents ici ou des salariés là-bas, là où les risques psychosociaux se développent de façon particulièrement intense. […] L’inspection du travail n’échappe pas à cette situation. Cela fait plus de dix ans que le sous-effectif domine partout en France. Cela fait cinq ans qu’une réorganisation territoriale de l’administration locale (OTE) a désorganisé un peu plus l’inspection du travail« , dénoncent-ils.
« Si le gouvernement et le patronat font de beaux discours sur le dialogue social et ses vertus, ils savent désormais aussi utiliser la justice pour criminaliser l’action syndicale« , affirment en outre les syndicats. Et d’ajouter: « Ceux-là n’hésitent plus à monter de toutes pièces des “dossiers” au pénal. Ils encombrent ainsi les services d’enquête de police et de la justice avec des pseudo-plaintes pour diffamation, pour harcèlement, pour intrusion ou encore pour des violences qui n’ont jamais eu lieu« .
Outre les syndicats, la mobilisation des inspecteurs du travail bénéficie du soutien de plusieurs formations politiques de gauche, parmi lesquelles La France insoumise Isère, Lutte ouvrière, le NPA Révolutionnaires 38 ou encore Attac 38. Sans oublier trois parlementaires isérois: les députées Cyrielle Chatelain (Les Écologistes, 2e circonscription) et Sandrine Nosbé (La France insoumise, 9e circonscription) et le sénateur écologiste Guillaume Gontard. Une pétition en ligne a, pour sa part, recueilli plus de 1 150 signatures.













Une réflexion sur « Grenoble : plusieurs dizaines de personnes ont dénoncé la « répression syndicale » à l’encontre de deux inspecteurs du travail »
Deux inspecteurs qui refusent la moindre « mansuétude » aux entreprises parce qu’ils sont contre le travail le 1er mai, mais qui travaillent eux mêmes précisément ce jour là. Faites ce que je dis, pas ce que je fais …