ÉVÉNEMENT – Depuis le 5 juin 2026 et jusqu’au 25 avril 2027, le Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère accueille « Drowning world », œuvre au long cours du photographe sud-africain de renommée internationale Gideon Mendel. Présentée dans le cadre de la saison culturelle départementale « Eau, quelle histoire ! », cette exposition consacrée aux conséquences humaines des inondations à travers le monde interroge autant le dérèglement climatique que la fragilité de la mémoire collective.
Voir le travail d’un photographe contemporain des catastrophes climatiques exposé dans un musée consacré à la résistance et à la déportation peut surprendre. C’est pourtant le pari fait par le musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère, qui présente jusqu’au 25 avril 2027 « Drowning world », intitulé que l’on peut traduire par « Le Monde submergé ». Un vaste projet documentaire du photographe sud-africain Gideon Mendel.
Cette rencontre, loin d’être fortuite, trouve son sens dans les thèmes communs de la transmission, de la mémoire et de la résilience humaine face aux bouleversements rencontrés à travers l’histoire.
Les victimes d’inondations deviennent les visages du changement climatique
Depuis 2007, Gideon Mendel parcourt le monde pour documenter les conséquences des inondations. Le projet présenté à Grenoble couvre près de deux décennies de travail et rassemble des images réalisées sur plusieurs continents. « C’est un projet de long terme qui a débuté en 2007, mais ça continue encore aujourd’hui », explique le photographe. Certaines des photographies exposées ont ainsi été prises il y a plus de quinze ans, tandis que d’autres remontent à seulement quelques mois.
L’exposition dont l’entrée est gratuite s’ouvre sur la série Submerged portraits, sans doute la plus emblématique de son travail. On y découvre des femmes, des hommes et des familles photographiés au milieu des eaux qui ont envahi leurs maisons, leurs rues ou leurs quartiers. Face à l’objectif, les regards sont directs. Les sujets ne font l’objet d’aucun misérabilisme et ne sont pas réduits à un statut de victimes. Et c’est précisément cette approche qui a séduit le musée.
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