CHRONIQUE – Place Gre’net s’associe à la radio RCF Isère chaque lundi midi dans la chronique L’Écho des médias. Notre objectif? Revenir sur une actualité, décrypter une information… ou révéler les coulisses du traitement d’une nouvelle. Pour cette chronique n°135 du lundi 23 février 2026, retour sur l’alliance surprise entre Pierre-Édouard Cardinal et Alain Carignon pour les municipales de Grenoble.
« Aujourd’hui, nous allons parler d’une alliance surprise pour les municipales de Grenoble. L’annonce a été faite juste avant les vacances scolaires mais il nous semble important de revenir dessus. Le vendredi 6 février 2026, le candidat Pierre-Édouard Cardinal a annoncé se rallier à Alain Carignon. Ceci à l’occasion d’une conférence de presse où les membres des listes respectives étaient venus en nombre. Y participaient notamment Émilie Chalas et Delphine Bense, côté Cardinal, Nathalie Béranger et Thierry Aldeguer côté Carignon. Bref, c’est ce qui s’appelle une annonce en fanfare.
Pourquoi une telle alliance? La question se pose. D’autant que la candidature de “Pec”, pour les intimes, se présentait comme une alternative entre Laurence Ruffin, la candidate de la majorité sortante, et Alain Carignon. C’est d’ailleurs bien comme cela qu’Émilie Chalas expliquait sa démarche dans une vidéo publiée trois semaines avant de rejoindre le camp Carignon. Sachant que la même Émilie Chalas avait, en 2020, assuré qu’elle ne s’allierait « jamais » avec l’ancien maire de Grenoble. On sait pourtant qu’il ne faut jamais dire jamais.
Une alliance sur la base d’un sondage
C’est en réalité un sondage Ipsos – Le Dauphiné libéré, révélé deux jours à peine avant l’annonce de l’alliance, qui a précipité les choses. Un sondage qui donne Laurence Ruffin à 34 % d’intentions de vote, devant Alain Carignon à 25 %, tandis que Pierre-Édouard Cardinal est crédité de 6 %. Dès lors, le candidat explique avoir considéré que l’union s’imposait pour mieux contrer la candidature de Laurence Ruffin.
Mais ce choix interroge forcément. D’abord parce qu’un sondage ne fait pas l’élection et que celui-ci doit être pris avec des pincettes. Il se base sur un échantillon de 609 personnes et présente donc des marges d’erreur assez importantes. Certes, il confirme l’idée d’un duel Ruffin-Carignon, qui n’a rien de nouveau, mais il pourrait tout à fait sous-estimer comme surestimer les rapports de forces respectifs. On peut donc légitimement se demander s’il est suffisant pour prendre une décision stratégique aussi importante… ou s’il ne sert pas de prétexte.
Ensuite, par définition, une alliance entre Pierre-Édouard Cardinal et Alain Carignon ne signifie pas que les voix de l’un vont forcément se reporter sur l’autre. Le candidat Cardinal est nouveau dans le paysage politique grenoblois. Difficile de croire que son électorat potentiel va le suivre comme un seul homme. Il convient de rester humble. Personne ne peut prédire l’avenir mais l’on est en droit de se demander si cette alliance ne va pas aussi profiter à des candidats centre-droit ou centre-gauche comme Hervé Gerbi et Romain Gentil.
Des réactions très négatives
Une chose est sûre, cette alliance a suscité des réactions. Y compris le jour même de l’annonce, lors du dernier conseil métropolitain du mandat, où plusieurs élus ont fustigé le choix d’Émilie Chalas de rejoindre Alain Carignon, non sans rappeler le passé judiciaire de ce dernier.
Par la suite, Renaissance comme le Modem, qui soutenaient la candidature de Pierre-Édouard Cardinal, ont dénoncé cette union et suspendu ceux qui y participaient, notamment Delphine Bense et, décidément, Émilie Chalas. Bref, le pari politique de Cardinal et de ses soutiens semble aussi audacieux que controversé. Reste à voir maintenant s’il sera payant! »
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Une réflexion sur « Chronique Place Gre’net – RCF : Une alliance surprise pour les municipales de Grenoble »
Il est vrai qu’un sondage n’est pas l’image exacte de la réalité. Néanmoins, quand ce sondage dit que 69% des Grenoblois sont contre la poursuite avec les mêmes à la mairie et qu’au printemps dernier un autre sondage disait déjà que 68% pensent qu’il « vaut mieux changer EN PROFONDEUR l’action municipale », ça devient une réalité et on ne peut s’empêcher de penser que jamais deux sans trois.
En ce qui me concerne, je remercie ceux qui ont fait cette alliance de m’offrir une solution, l’unique possible, pour ne plus avoir la politique de Piolle et Avrillier qui a coulé Grenoble, sous les traits de la « nouvelle incarnation » (comme ils disent) qu’est Laurence Ruffin, avec LFI dès le soir de premier tour et dès maintenant l’ADES qui est le clone local de LFI.