FOCUS – Les Brûleurs de Loups de Grenoble ont été balayés (6-1) par Rouen en finale de la Coupe de France. Ce dimanche 1er février 2026 à Paris, les Grenoblois n’ont pas su prendre l’avantage sur les Normands, comme en attestent les trois buts encaissés en cinq minutes dès les cinq premières minutes de jeu. Le président Jacques Reboh a dénoncé une prestation « indigne », s’excusant auprès des supporters et promettant une remise en question radicale. Le surlendemain, il a annoncé la mise en retrait du coach du club, Per Hanberg.
Ce dimanche 1er février 2026, l’AccorArena de Paris a été le théâtre d’une finale de Coupe de France à sens unique. Les Brûleurs de Loups, habitués des grandes échéances, se sont lourdement inclinés face aux Dragons de Rouen sur le score de 6 à 1. Un revers cuisant, marqué par un début de match catastrophique et une prestation collective indigne des attentes placées dans l’équipe iséroise.
Dès les premières minutes, les Grenoblois ont été submergés par l’intensité des Normands. Rouen a inscrit trois buts en moins de cinq minutes (Lafrance à 0’50, Chakiachvili à 4’10, Rech à 5’10), scellant dès l’entame le sort de la rencontre.
Malgré un but d’Englund en fin de premier tiers (18’08), les Brûleurs de Loups n’ont jamais réussi à inverser la tendance. Les Dragons ont alourdi la marque en deuxième période (Rech à 27’10, Yeo à 37’28), avant de conclure en cage vide en fin de match (Regush à 58’29).
Performance indigne et réaction sans appel
Pour Jacques Reboh, président des Brûleurs de Loups, la défaite va bien au-delà du simple résultat sportif. Dans un communiqué d’une grande sincérité, il a qualifié la prestation de son équipe d’« indigne de l’histoire, des valeurs et des couleurs du club ».
« Nous avons failli à notre devoir, à notre engagement, et surtout envers vous, supporters, qui nous soutenez avec passion et exigence », a-t-il déclaré, exprimant une « honte » profonde de ne pas avoir été à la hauteur des attentes. « Votre déception est légitime. La mienne est immense. Nous vous devons bien davantage, et nous devrons le prouver par des actes, du travail et une remise en question totale. »

Défaite des Brûleurs de Loups contre Rouen en finale de la Coupe de France masculine de Hockey sur glace à l’Accor Arena de Paris-Bercy. © Compte Facebook des Brûleurs de Loups
Cette défaite, la deuxième consécutive en finale de Coupe de France après celle de 2025 face à Angers, laisse un goût amer. Malgré leur statut de leader en Ligue Magnus, les Grenoblois n’ont pas su relever le défi face à un Rouen impérial, qui s’adjuge ainsi un septième titre en Coupe de France, un record absolu.
Pour les Brûleurs de Loups, il reste la Ligue Magnus pour sauver une saison jusqu’ici marquée par des hauts (une épopée en Ligue des Champions) et des bas (cette finale ratée). Le club devra rapidement se relever, à commencer par la réception d’Anglet, vendredi 6 février. Mais après une telle désillusion, la tâche s’annonce aussi sportive que mentale.
LE PRÉSIDENT DES BDL ÉCARTE PER HANBERG DU GROUPE
Le club des Brûleurs de Loups a annoncé, le 3 février à 13 heures, par communiqué la mise en retrait de son coach Per Hanberg.
« C’est le cœur lourd, avec beaucoup d’émotion, mais aussi avec le sens des responsabilités que m’impose ma fonction, que j’ai dû prendre l’une des décisions les plus difficiles depuis que je préside ce club« , y explique Jacques Reboh, président des BDL. « Après de longues réflexions et de nombreux échanges avec l’ensemble du staff, j’ai décidé de mettre en retrait de l’équipe professionnelle Per Hanberg, head coach des BDL. »
Le président lui rend ensuite hommage : « Durant une saison et demie, Per a profondément marqué notre club. Il nous a apporté un souffle nouveau, une énergie positive, une vision bienveillante et, surtout, des résultats, des émotions et des moments qui resteront gravés dans l’histoire des BDL. Ensemble, nous avons vibré, rêvé et grandi« , reconnaît ainsi Jacques Reboh.
« Une forme de léthargie s’est installée »
« Mais le sport de haut niveau est parfois cruel, poursuit Jacques Reboh. Depuis plusieurs semaines, quelque chose s’est peu à peu fragilisé au sein de l’équipe. Une fatigue, une forme de léthargie s’est installée, jusqu’à ce dimanche, lors de cette finale de Coupe de France, qui restera comme un immense moment de frustration et de douleur pour tous. […] Ce match, comme la situation actuelle, est avant tout un échec collectif. Les responsabilités sont partagées et personne ne peut s’en exonérer« , affirme le président.
De gauche à droite : Jérôme Perez, Jacques Reboh, Jean-François Dufour et Per Hanberg en août 2024. © Joël Kermabon – Place Gre’net
Et de s’expliquer : « Aujourd’hui, même si je sais que cette décision n’est peut-être pas la plus juste sur le plan humain, elle m’apparaît comme la seule possible pour tenter de rallumer cette flamme qui nous a tant fait vibrer. C’est un choix douloureux, un de ceux que chaque président redoute, car il touche à l’humain, aux relations, au respect et à l’affection.
Mais mon devoir est de placer l’institution au-dessus de tout, au-dessus de l’émotion, au-dessus de l’attachement personnel que j’ai pour Per Hanberg […] C’est donc avec une profonde émotion, beaucoup de respect et aussi le doute légitime qui accompagne toute décision forte, que Per Hanberg quitte aujourd’hui le banc des BDL. »
Huit rencontres avant les playoffs : « chaque match sera crucial »
« Il reste 8 rencontres avant les playoffs, et chaque match sera crucial pour préparer notre stratégie et notre cohésion, poursuit Jacques Reboh. Les playoffs sont notre échiquier. Chaque rencontre, chaque décision, chaque mouvement compte. Nous entrons dans ces phases finales avec un objectif clair : défendre notre titre et ne rien laisser au hasard. Pour gagner, il faudra stratégie, intelligence collective et anticipation. Mais plus que tout, il faudra cohésion totale et solidarité, car aucune pièce seule ne peut gagner. »
« Nous aurons besoin du soutien indéfectible de tous ceux qui aiment les BDL, pour créer l’énergie, la pression et les émotions qui font basculer les grandes parties. Ces playoffs seront notre terrain de bataille stratégique, et je sais que ce groupe saura se mobiliser, se dépasser et jouer chacune de ses pièces avec courage, précision et fierté, pour écrire une nouvelle page glorieuse de notre histoire« , conclut le président.
[Encadré ajouté le 3 février à 13h30]










