FOCUS – Après plusieurs années de dialogue difficile, un collectif d’habitants de la rue Flaubert à Grenoble a lancé, fin octobre 2025, une procédure judiciaire contre La Bifurk, lieu social et culturel accusé de générer des nuisances sonores au-delà du raisonnable. L’équipe du local associatif affirme avoir toujours privilégié les rencontres avec les habitants et essayé de trouver des solutions avec eux. Entre « dialogue de sourds » et « malentendu », la situation semble pourtant avoir atteint son niveau de blocage.
« La priorité semble donnée aux activités festives, au détriment du droit au repos et à la tranquillité. » Tel est le ressenti qu’exprime le Collectif Flaubert, qui revendique une cinquantaine de membres habitant dans la rue Flaubert à Grenoble, à proximité du local de La Bifurk.
Le lieu associatif à dimension culturelle et sociale génère en effet des nuisances sonores dépassant le seuil du tolérable, à en croire les riverains. Après plusieurs années de dialogue difficile, une plainte officielle à été adressée au procureur de la République et à la préfète de l’Isère, fin octobre 2025.
Une plainte transmise à la presse locale, accompagnée d’un an d’échanges de courriels entre le collectif d’habitants, l’équipe de La Bifurk et les services de la Ville. Correspondance qui témoigne de la dégradation progressive du dialogue entre les parties prenantes. Ainsi que de l’irritation croissante des riverains, excédés par les « vibrations dans les logements, les troubles du sommeil, le stress chronique et l’impact avéré sur [leur] santé ».
De zone industrielle à quartier résidentiel
La Bifurk existe pourtant depuis 2003 sur le quartier Flaubert, rappelle à Place Gre’net son coordinateur Nelson Rodrigo, accompagné de Matthieu Vallet et de Julien Maurel, représentants de deux structures membres du conseil d’administration du lieu : l’association Et pourquoi pas et le collectif Coin.
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5 réflexions sur « Grenoble : un collectif d’habitants dépose plainte contre La Bifurk pour « nuisances sonores » »
En tant que membre du collectif, je soutiens pleinement cette démarche !
Après des années de dialogue sans résultat, nous irons au bout des procédures pour faire respecter notre tranquillité 🛑
Merci à Place Gre’net pour la mise en lumière de ces incidents répétés ✅
Bravo pour la démarche ✅
En tant qu’habitant du quartier, je comprends totalement la démarche du collectif et je soutiens cette plainte. Les nuisances sonores répétées deviennent vraiment difficiles à vivre, surtout quand on a un bébé à la maison. Le mien ne dort déjà pas toujours régulièrement, et les soirées trop bruyantes, même si elles ne sont pas quotidiennes, perturbent encore plus son rythme.
Il ne s’agit pas d’être contre la culture ou contre La Bifurk, mais simplement de demander que le respect du voisinage soit réellement pris en compte. On parle ici de bruits qui portent très loin, même fenêtres fermées, et qui reviennent trop souvent pour que ce soit anodin. Tout le monde a droit à un minimum de tranquillité, surtout la nuit.
Je suis habitant du quartier et je ne suis pas solidaire de cette plainte.
Je trouve que les activités musicales en extérieur ne sont pas si fréquentes et surtout finissent systématiquement à 22h. A coté de ça nous profitons d’un quartier vivant et chaleureux. Je profite, avec de nombreux voisins, des activité de la bifurk et du bar radis et j’en suis très content.
Notre ville possède de nombreuses rues calmes, pourquoi emménager en face d’un lieu culturel actif depuis plusieurs dizaines d’années si on est dérangé par le bruit ?
Iriez-vous vous installer place aux herbes ?
Ce n’est pas ce genre de problème que les futurs habitants de la concentration d’immeubles de l’esplanade vont rencontrer, si c’est le même mépris et la même condescendance des bobos envers les gueux qui vont perdurer ?
« si ce n” est le même mépris et la même condescendance des bobos envers les gueux qui vont perdurer ! »
Et oui ! Je connais ce genre de tracas. J’ai même eu un atelier dans la Bifurk (2008−2010).
Encore un paradoxe ! Ainsi là je fus confronté, au bruit d’un bar qui laissait sa fenêtre sur cour ouverte. La patron m’écrivit : « Allez donc habiter la campagne ! ».
Évidemment, il me faudrait le luxe de pouvoir me payer le « statut » de néo-rural . Mais quand même à la retraite, ils l’enverrons à « Pétaouchnock », à « Perpète-les-Oies », à « Bab-el-Oued » ou encore à « Hoûte‑s’i‑ploût » . Lui devenu PZ (un papy ZEN sans de quoi se payer le transport jusqu’au Super Marché … il n’aura plus qu’à se pendre à l’arbre de Judé. Nous voilà donc dans un autre degré politico-culturel ou économico-culturel )