FOCUS – Alors que les salariés de l’usine Vencorex Pont-de-Claix sont toujours dans l’incertitude quant à son éventuelle fermeture, un potentiel repreneur s’est exprimé le 22 octobre 2024. Il s’agit d’un investisseur chinois qui proposerait de racheter un atelier de 25 personnes. Ce qui ne suffit pas, pour les salariés… qui sont tout de même 500. Les syndicats de l’entreprise ont décidé de bloquer l’usine, le mercredi 23 octobre 2024 et jusqu’à nouvel ordre, pour s’opposer à cette option.
Coup de massue pour les salariés de Vencorex sur la plateforme chimique de Pont-de-Claix. Le mardi 22 octobre 2024, au lendemain de la clôture des offres de reprise de la société détenue par le thaïlandais PTT Global Chemical, l’administrateur judiciaire a annoncé qu’un seul repreneur se proposait : l’entreprise hongroise BorsodChem, qui appartient au groupe chinois Wanhua, principal concurrent de PTT-GC. Une offre qui ne concerne qu’un seul atelier de 25 personnes, celui de tonolates (des composants pour peintures et vernis) sur les 500 que compte Vencorex.
Un choc pour les salariés et les syndicats, qui s’y attendaient d’autant moins qu’une quinzaine de visites avaient été réalisées récemment sur site et que sept repreneurs semblaient intéressés dont deux très sérieusement. Ce qui avait d’ailleurs justifié de repousser la date butoir de dépôt des offres jusqu’au 21 octobre. Pour exprimer leur mécontentement, ceux-ci ont ainsi décidé lors d’une assemblée générale de bloquer l’entrée nord de Vencorex Pont-de-Claix, le 23 octobre 2024. Et ce jusqu’à nouvel ordre.

De nombreux salariés se sont réunis pour bloquer l’entrée nord de Vercorex Pont-de-Claix, le 23 octobre 2024, à la suite d’une unique proposition de reprise concernant un seul atelier. ©CGT Vencorex
Depuis l’été 2024, alors que le thaïlandais PTT-GC s’était déclaré en cessation de paiement, les salariés étaient dans l’expectative. L’usine est en redressement judiciaire depuis le 10 septembre 2024 et 500 emplois directs se trouvent menacés. Les syndicats avaient notamment organisé une grève le 30 septembre 2024 pour dénoncer la situation et lancer un appel aux investisseurs intéressés.
Si la proposition de reprise de l’atelier était retenue, 440 emplois seraient immédiatement supprimés. Plus grave encore, cela menacerait la totalité de la plateforme de Pont-de-Claix, voire l’ensemble de la filière chimique du sud-grenoblois, site de Jarrie compris.
Grenoble Alpes Métropole demande à l’Etat d’intervenir
« En l’état et par les risques qu’elle comporte, cette situation est inacceptable et ne permet pas un plan de reprise crédible des activités de la plateforme chimique« , a aussitôt commenté Grenoble Alpes Métropole, qui se dit toujours mobilisée pour rechercher de nouveaux repreneurs.
« Je reste persuadé que, grâce à notre mobilisation collective et à notre détermination, une nouvelle page peut s’écrire pour la plateforme chimique de Pont-de-Claix, considère ainsi Christophe Ferrari, président de la Métropole et par ailleurs maire de Pont-de-Claix. Nous continuerons à nous battre, ensemble, salariés, syndicats, élus, et j’espère industriels, pour assurer un avenir à cette industrie« , affirme-t-il.

Des centaines de salariés avaient manifesté le 30 septembre aux côtés des élus, parmi lesquels Christophe Ferrari, dans les rues de Pont-de-Claix avant de rejoindre le site de Vencorex. ©Morgane Poulet – Place Gre’net
Grenoble Alpes Métropole demande, à nouveau, à ce que l’Etat mette tout en œuvre « pour éviter la fermeture d’un fleuron industriel« . A court terme, cela passe par le rallongement du délai de remise des offres. Ce qui permettrait aux repreneurs actuels d’améliorer la leur, mais aussi à d’autres de se positionner.
La Métropole souhaite également la mise en place d’un accompagnement pour les industriels présents sur les deux plateformes. Ce afin de « garantir de toute urgence la pérennité de leurs activités, leurs approvisionnements et la gestion collective des plateformes« . Il s’agit tout particulièrement de préserver les activités liées au sel « pour éviter un effet domino sur toute la filière ». Et la Métropole d’ajouter : « Face à une situation d’une telle gravité, l’esprit de responsabilité et d’intérêt général doit prédominer, et les éventuelles postures de “poker menteur” ne pourront pas être acceptables ».
À moyen terme, Grenoble Alpes Métropole demande, enfin, une nouvelle stratégie nationale relayée par l’Union européenne afin de réindustrialiser durablement les territoires. « L’actualité de notre pays ne peut être rythmée par les cessions d’activités, les fermetures et les faillites industrielles, résultant d’un dumping social et environnemental extra-européen et d’une Europe qui n’a pas su ou voulu se protéger d’une concurrence déloyale. Il est temps d’agir pour défendre notre industrie !« , conclut-elle.








