FOCUS – La maison d’arrêt de Varces a accueilli, le 29 juin 2023, plusieurs employeurs issus d’agences intérimaires pour un job dating avec les détenus, en présence de tous les partenaires du projet : la Mission locale, l’ACEISP qui accompagne des projets d’insertion économique, Pôle Emploi et l’association de bénévoles retraités ECTI. Le tout chapeauté par le Service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP). Tous les employeurs ont donc pu échanger avec une vingtaine de détenus en insertion, majoritairement des jeunes, pour préparer leur sortie prochaine de prison dans les meilleures conditions.
Chemise déplissée et contours rasés, c’est avec une certaine appréhension que les jeunes détenus de la maison d’arrêt de Varces débarquent ce 29 juin dans la salle commune du dernier étage de la prison. Sur place, les organisateurs du projet, ainsi qu’une demi-douzaine d’employeurs issus d’agences intérimaires les attendent pour un job dating en bonne et due forme.
Bien que chacun espère embaucher quelques personnes dès leur prochaine sortie de prison, dans le BTP principalement, le but est avant tout de leur apporter des perspectives d’avenir, tout en créant du lien. « Même si je ne parviens pas à recruter un seul de ces jeunes, l’objectif est de leur apporter de la lumière », confie sereinement Eric Varet, qui travaille pour l’agence H9 emploi. Et ceci, sans jugement de valeur.
« Ces gens ont fait leur peine. On a tous droit à une chance derrière », déclare Didier, de l’agence d’intérim Ulisse 38. « C’est bien car ça leur permet de ne pas avoir d’étiquette sur le front et de reprendre une vie normale. » Et l’obligation légale de ne jamais demander la raison de la détention lors d’un entretien est un postulat approuvé de tous. « On n’a pas le droit de juger », résume Eric Varet avec force, cloué dans son fauteuil roulant.

Eric Varet, employeur pour l’agence d’intérim H9 emploi. © Sophie Eymard – Place Gre’net
Mais quelle est l’origine de cette initiative ? « À la base, on est partis d’un constat que trop de jeunes n’étaient pas armés pour arriver sur le marché du travail », affirme Hélène Roger, l’une des coordinatrices du projet, qui s’est donc fixé pour mission, avec tous les autres partenaires, de rendre moins flou le moment fatidique du terme de la peine.
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