Hommage aux « Morts de rue » : une commémoration émouvante au Jardin de Ville de Grenoble

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DIAPORAMA – Le collectif Morts de la rue a organisé un hommage aux personnes décédées dans la rue, ce mardi 2 juillet, pour la 8e année consécutive. À cette occasion,

plusieurs intervenants ont rappelé avec indignation, sous le kiosque du jardin de ville,

la solitude dans la mort des sans-domicile fixe.

 

 

Rassemblement en hommage aux "Morts de rue", 2 juillet 2019 © Nina Soudre - Placegrenet.fr

Rassemblement en hommage aux “Morts de rue”, 2 juillet 2019. © Nina Soudre – Placegrenet.fr

 

« Médiatisés l’hiver, oubliés l’été » pouvait-on lire sur les marches du kiosque du Jardin de Ville, ce mardi 2 juillet à midi. Un message fort envoyé par l’association Morts de la rue qui accompagne jusqu’à leur dernière demeure les personnes décédées dans la rue (cf. encadré). Et organise depuis huit ans, un moment d’hommage, de recueillement et d’interpellation sur la solitude des sans-abris.

 

© Nina Soudre – Placegrenet.fr

 

 

566 personnes décédées dans la rue en 2018

 

Des dizaines de personnes se sont réunies dans une ambiance mélancolique, bercées par la voix d’Abdoul, chanteur sénégalais. Autour du kiosque, des messages, des caricatures et des fleurs rouges, symboles des personnes sans domicile disparues cette année.

 

Concert d'Abdoul lors du rassemblement en hommage aux "Morts de rue", 2 juillet 2019 © Nina Soudre - Placegrenet.fr

Concert d’Abdoul lors du rassemblement en hommage aux « Morts de rue », 2 juillet 2019. © Nina Soudre – Placegrenet.fr

En tout, les huit collectifs Morts de la rue présents en France ont recensé 566 personnes décédées dans la rue en 2018. Ils étaient 511 en 2017.

 

À Grenoble, l’association décompte treize disparus depuis juillet 2018… dont six le mois dernier.

 

Après Abdoul, plusieurs personnes ont fait entendre leur voix.

 

Pas en chantant cette fois-ci mais en s’exprimant sur l’urgence de la situation des sans-abris. À chaque intervention, le même souhait utopique : un « miracle » qui sortirait ces personnes de la rue.

 

 

Une minute de silence et un repas offert

 

Parmi les prises de parole, celle d’un salarié des Pompes funèbres intercommunales de la région grenobloise venu remercier le collectif pour son accompagnement dans la mort des personnes seules et sans abri.

 

Intervention d'un salarié des PFI qui remercie le collectif "Morts de rue", 2 juillet 2019 © Nina Soudre - Placegrenet.fr

Intervention d’un salarié des PFI qui remercie le collectif « Morts de rue », 2 juillet 2019 © Nina Soudre – Placegrenet.fr

Des membres de la Coordination iséroise de solidarité avec les étrangers migrants (Cisem) et du Centre d’information inter-peuple (CIIP) ont également pris le micro pour rappeler la situation « inacceptable » des Roms évacués samedi à Saint-Bruno. Ces structures militantes ont d’ailleurs lancé à l’intention des collectivités territoriales un « appel à refuser la mise à la rue des familles ». Elles espèrent être reçues à la Métro dans les prochains jours.

 

Après ces interventions suivies d’une minute de silence, les sans-abris sur place ont pu profiter d’un repas offert. Puis militants, citoyens et personnes à la rue sont partis pour le cimetière du Grand Sablon afin de rendre hommage aux morts du carré commun. Avec en toile de fond une question : « Quand cela va-t-il cesser ? »

 

Nina Soudre

 

 

« Donner une dignité à des gens qui n’en ont pas eu de leur vivant »

 

Le collectif Morts de la rue se réunit chaque mois et accompagne les personnes sans-abri décédées jusqu’à leur dernière demeure.

 

Rassemblement en hommage aux "Morts de rue", 2 juillet 2019 © Nina Soudre - Placegrenet.fr

Rassemblement en hommage aux « Morts de rue », 2 juillet 2019 © Nina Soudre – Placegrenet.fr

Il organise des cérémonies d’enterrement et tente de « donner une dignité à des gens qui n’en ont pas eu de leur vivant », explique Christian Nany, membre du collectif.

 

À l’origine de sa création, le constat que « beaucoup d’associations aident les vivants mais quand ils sont morts, il n’y a plus personne », raconte Christian.

 

NS

 

 

 

 

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