Syndicats, Gilets jaunes, féministes, militants du climat… Le 1er mai sous le signe de la diversité à Grenoble

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FOCUS – Convergence des luttes en perspective ce mercredi 1er mai à Grenoble. Si, comme l’année dernière, Force ouvrière et la CFDT boudent l’union syndicale, nombre d’organisations et de militants appellent à participer à la manifestation grenobloise. Parmi lesquels les Gilets jaunes, les féministes ou les défenseurs du climat.

 

 

Une Fête du Travail du 1er mai sous le signe de la conver­gence des luttes ? Tel est en tout cas le mes­sage porté par la CGT Isère, qui invite dans son tract les tra­vailleurs comme les « pri­vés d’emploi » ou les retrai­tés à par­ti­ci­per à la mani­fes­ta­tion gre­no­bloise. Rendez-vous est donné à 10 heures place de la gare, avant une marche en direc­tion du Jardin de Ville*. Marche obli­ga­toire au demeu­rant : comme tous les ans, aucun bus ni tram­way ne cir­cu­lera ce 1er mai.

 

Défilé du 1er mai 2018 à Grenoble © Joël Kermabon - Place Gre'net

Défilé du 1er mai 2018 à Grenoble © Joël Kermabon – Place Gre’net

 

Mais conver­gence des luttes ne signi­fie pas unité. Six syn­di­cats appellent à la mani­fes­ta­tion com­mune : la CGT, Solidaires, FSU, Unsa, les étu­diants de l’Unef et les lycéens de l’UNL. Quid de Force ouvrière et de la CFDT ? Tout comme l’an­née der­nière, les deux orga­ni­sa­tions ne font pas par­tie de l’in­ter­syn­di­cale. Et n’ap­pellent pas, sur leurs canaux res­pec­tifs, à par­ti­ci­per à ce mou­ve­ment pour­tant hau­te­ment sym­bo­lique.

 

 

Les Gilets jaunes dans le cortège

 

Les reven­di­ca­tions ? Les syn­di­cats exigent une hausse des salaires, des pen­sions et des minima sociaux de 300 euros, ainsi que des semaines de 32 heures payées 35. Mais aussi la mise en place d’un « droit à l’é­ga­lité sala­riale oppo­sable », une « pro­tec­tion sociale soli­daire » et de la « jus­tice fis­cale ». Autrement dit, le réta­blis­se­ment de l’im­pôt de soli­da­rité sur la for­tune (ISF), l’ins­tau­ra­tion d’un impôt sur le revenu « vrai­ment pro­gres­sif » ou encore une TVA à 0 % pour les pro­duits de pre­mière néces­sité.

 

Les Gilets jaunes sont appelés à se mobiliser pour la journée du 1er mai, au cours de la manifestation comme d'un festival au Jardin de Ville © Joël Kermabon - Place Gre'net

Les Gilets jaunes sont appe­lés à se mobi­li­ser pour la jour­née du 1er mai, au cours de la mani­fes­ta­tion comme d’un fes­ti­val au Jardin de Ville. © Joël Kermabon – Place Gre’net

 

Si des syn­di­cats boudent le ras­sem­ble­ment, ce n’est pas le cas des Gilets jaunes qui res­tent mobi­li­sés et étaient encore envi­ron 150 à s’être ras­sem­blés en ordre dis­persé dans Grenoble ce dimanche 28 avril. Ils lancent même un appel sur les réseaux sociaux pour prendre part à la mani­fes­ta­tion. « En ces heures dif­fi­ciles, nous avons besoin plus que jamais de nous réunir pour faire front com­mun, tout en gar­dant bien évi­dem­ment notre iden­tité et nos reven­di­ca­tions », écrit ainsi sur Facebook l’une des figures du mou­ve­ment, le gre­no­blois Julien Terrier.

 

Celui-ci appelle à un « moment d’u­nion et de par­tage [qui] doit se dérou­ler dans le paci­fisme afin de ral­lier le plus de monde pos­sible ainsi que l’o­pi­nion public (sic) ». La des­ti­na­tion du Jardin de Ville ne doit, pour sa part, rien au hasard : les Gilets jaunes de Grenoble y orga­nisent en effet un fes­ti­val dès le début d’a­près-midi. Au pro­gramme : des « ate­liers phi­lo­so­phiques », des jeux, des concerts ainsi que des spec­tacles d’hu­mour.

 

 

Une « mise en scène » féministe sur le parcours du rassemblement

 

Autres participant(e)s ? Le mou­ve­ment Nous Toutes 38 et la Plateforme du Droit des femmes appellent éga­le­ment à (se) mani­fes­ter à l’oc­ca­sion de la Fête du tra­vail et reven­diquent un « 1er mai fémi­niste à Grenoble ». Les mili­tantes orga­ni­se­ront ainsi une mise en scène « des inéga­li­tés et des vio­lences que peuvent subir les femmes » dans le monde du tra­vail. Cela devant l’ar­rêt de tram Condorcet, afin d’être visible durant le pas­sage du cor­tège syn­di­cal.

 

Manifestation de la Journée internationale des Droits des femmes 2019 © Florent Mathieu - Place Gre'net

Manifestation de la Journée inter­na­tio­nale des Droits des femmes 2019. © Florent Mathieu – Place Gre’net

 

Les reven­di­ca­tions des fémi­nistes ? Entre autres, « la fin des vio­lences et de l’impunité des agres­seurs », « l’ouverture de la PMA pour toutes les per­sonnes qui le sou­haitent », « une véri­table édu­ca­tion non sexiste, non gen­rée et pre­nant en compte la mul­ti­tude des iden­ti­tés de genre », ou encore un libre-accès garan­tie à l’IVG et la contra­cep­tion. Pour mieux por­ter leurs reven­di­ca­tions, les mili­tantes appellent à por­ter un fou­lard vio­let durant le ras­sem­ble­ment.

 

 

Les défenseurs du climat, eux aussi de la partie

 

La défense de l’en­vi­ron­ne­ment s’im­pose elle aussi au sein du cor­tège : le col­lec­tif Citoyens pour le cli­mat entend ainsi s’ins­crire dans le mou­ve­ment inter­syn­di­cal à l’oc­ca­sion de la Fête du tra­vail. Et por­ter ses reven­di­ca­tions : le main­tien d’un ser­vice public de proxi­mité, la gra­tuité des trans­ports en com­mun de ville, de même que des inves­tis­se­ments pour assu­rer la péren­nité de la ligne TER Grenoble-Gap et la moder­ni­sa­tion de la ligne Grenoble-Lyon.

 

Marche pour le climat à Grenoble © Joël Kermabon - Place Gre'net

Marche pour le cli­mat à Grenoble © Joël Kermabon – Place Gre’net

 

Participer à la Fête du tra­vail coule de source pour le col­lec­tif. « Le mou­ve­ment de défense du cli­mat a débuté depuis main­te­nant plus de six mois à Grenoble. La mobi­li­sa­tion s’est ins­tal­lée par­fois en paral­lèle, par­fois en syner­gie, avec les nom­breux mou­ve­ments sociaux qui se sont dérou­lés dans ce laps de temps », écrit-il dans un com­mu­ni­qué. Avant d’a­jou­ter que « la jus­tice sociale et le cli­mat sont un même com­bat ».

 

Un rap­pro­che­ment d’au­tant plus sou­hai­table à ses yeux que la défense de l’en­vi­ron­ne­ment peut appa­raître en contra­dic­tion avec d’autres reven­di­ca­tions. « Le mou­ve­ment éco­lo­giste s’isole trop sou­vent des tra­vailleurs, et la tran­si­tion éco­lo­gique sou­lève des inquié­tudes. Sur l’emploi, sur notre sys­tème pro­duc­tif, sur le pou­voir d’achat », écrit encore le Collectif. Qui appelle à se « ques­tion­ner sur le sens du tra­vail » autant qu’à « pen­ser les solu­tions de demain ».

 

Florent Mathieu

 

 

* Deux autres mani­fes­ta­tions sont pré­vues en Isère. À Roussillon, un ras­sem­ble­ment est orga­nisé à 10 heures devant le foyer muni­ci­pal. Tandis qu’à Vienne, une « bra­de­rie reven­di­ca­tive » se déroule de 6 h 30 à 18 heures à l’Espace Saint-Germain.

 

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Commentaires 1
  1. Pas de place pour « l’homme blanc pressé » ?
    Je ne suis pas sur­pris

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