Le collège Aimé Césaire de Grenoble bloqué deux heures pour défendre un projet éducatif « en danger »

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REPORTAGE VIDÉO – Des parents d’élèves et des professeurs du collège Aimé Césaire ont bloqué l’établissement, ce vendredi 8 février. En cause ? La baisse des dotations horaires d’enseignants à la rentrée scolaire 2019-2020, avec 36 heures de cours supprimées. Tous s’inquiètent de l’avenir du projet éducatif du collège qui, depuis onze ans, prône la mixité sociale.

 

 

Des parents d'élèves et des professeurs du collège Aimé Césaire ont bloqué l’établissement en réaction à la baisse des dotations horaires d’enseignants.© Joël Kermabon - Place Gre'net

© Joël Kermabon – Place Gre’net

Peu de collégiens se pressaient ce vendredi 8 février en direction de l’entrée du collège Aimé Césaire, situé au cœur des quartiers Mistral et des Eaux-Claires. Et pour cause. Un collectif de parents d’élèves et de professeurs avait prévenu les familles du blocage de l’établissement entre 8 et 10 heures.

 

Un blocage symbolique qui intervient juste après une manifestation, ce dernier mercredi, devant le rectorat de l’académie de Grenoble. En cause ? La baisse des dotations horaires d’enseignants dès la rentrée 2019-2020. Soit une baisse globale de trente heures avec, pour conséquence, la disparition de deux postes d’enseignants.

 

Un coup dur pour le collège Aimé Césaire. Un établissement dont l’équipe enseignante, stable depuis onze ans, mène un projet éducatif prônant la mixité sociale. Selon le collectif, ces suppressions successives – moins 91 heures en deux ans – mettent « en danger » le projet. Et ce alors même que les effectifs d’élèves sont en constante augmentation.

 

 

Un professeur de français et un professeur de maths en moins

 

« Les chiffres pour la rentrée prochaine sont tombés ! Nous perdons un poste de professeur de français et un poste de professeur de mathématiques », se désole le collectif. Mais là ne s’arrête pas la mauvaise surprise. Le collectif s’inquiète d’autres changements. Notamment de la suppression d’heures d’accompagnement personnalisé (AP) en français et en maths pour les élèves de 4e et de 3e.

 

© Joël Kermabon - Place Gre'net

© Joël Kermabon – Place Gre’net

Mais aussi de la diminution des heures de latin et de la fin des heures d’anglais en demi-groupe pour les classes de 3e. Le tout sans oublier la disparition des heures spécifiques français-langue étrangère (FLE).

 

Au final ? « Ce sont 36 heures de cours qui sont supprimées pour nos enfants alors que les effectifs augmentent », déplore le collectif.

 

Pour les profs et les parents, « la coupe est pleine ». Ils se sont ainsi mobilisés à travers cette opération de blocus symbolique pour exprimer leur colère. Retour en image sur ce début de matinée qui s’est déroulé dans le plus grand calme autour de boissons chaudes et de quelques pâtisseries.

 

 

« La réaction des parents est légitime »

 

« Je suis là pour manifester le soutien de la Ville à cette protestation contre la baisse des dotations horaires », déclare Pierre Mériaux. D’autant que le conseiller municipal représente la Ville à l’école Sidi Brahim, groupe scolaire situé à proximité rattaché au collège Aimé Césaire. « C’est une école où nous faisons tout un travail avec l’équipe pédagogique pour assurer les meilleures chances aux élèves », expose l’élu.

 

© Joël Kermabon - Place Gre'net

© Joël Kermabon – Place Gre’net

Au cœur des enjeux : la mixité sociale, qui revêt une grande importance Pierre Mériaux. Tout particulièrement dans ce quartier de Grenoble.

 

« Ce collège joue aussi un rôle dans ce sens-là et c’est pour ça que nous trouvons légitime la réaction des parents », appuie-t-il.

 

Pour autant, poursuit l’élu, encore faut-il mener des politiques publiques visant à lui donner des moyens à la hauteur de ses besoins. « Ce n’est malheureusement pas ce qui est fait par ce gouvernement », déplore Pierre Mériaux.

 

Toujours est-il qu’après avoir manifesté devant le rectorat, le collectif a décroché un rendez-vous avec la directrice d’académie, ce prochain mercredi à 14 heures. Dans l’intervalle, aucune autre action n’est envisagée. « Nous avions bien prévu une opération “collège mort”. Mais là nous allons attendre cette rencontre avant de décider quelles autres actions mener », explique Lucie Giroud , la présidente du conseil local FCPE.

 

Joël Kermabon

 

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