Pas de “prime Macron” pour les salariés de STMicroelectronics : la CGT appelle à un rassemblement à Crolles

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FIL INFO — Les salariés du site grenoblois de STMicroelectronics n’auront pas de « prime Macron ». De quoi faire bondir la CGT, qui rappelle les 800 millions d’euros de bénéfices de l’entreprise. Et dénonce au passage des hausses de salaire vertigineuses pour la direction et les « cadeaux » à l’intention des actionnaires. Un rassemblement est organisé lundi 18 janvier devant le site de STMicro Crolles entre 12 heures et 14 heures.

 

 

La CGT ne déco­lère pas : les sala­riés du site gre­no­blois de STMicroelectronics n’ont pas vu la cou­leur de la « prime Macron ». Face au mou­ve­ment des Gilets jaunes, le pré­sident de la République avait appelé les entre­prises, sur la base du volon­ta­riat, à dis­tri­buer une prime d’un mon­tant d’en­vi­ron 1 000 euros à leurs sala­riés. Si plu­sieurs d’entre elles ont répondu à l’ap­pel, ce n’est pas le cas de STMicro.

 

Face au refus de STMicroelectronics d'une « prime Macron » pour ses salariés, la CGT organise un rassemblement devant le site de Crolles le 21 janvier 2019.Le site ST MIcroElectronics de Crolles © Artechnic

Le site STMicroelectronics de Crolles. © Artechnic

 

« La direc­tion, avec mépris, a refusé caté­go­ri­que­ment de ver­ser cette prime et pro­met à la place […] un sup­plé­ment (soit un “Booster” à la prime d’in­té­res­se­ment qui s’an­nonce d’ores et déjà déce­vante », écrit le syn­di­cat dans un tract. Et la CGT de dres­ser une liste, non exhaus­tive, des entre­prises ayant accepté de ver­ser la fameuse prime à ses sala­riés. Parmi les­quelles des socié­tés dont les béné­fices 2017 sont bien infé­rieurs au 800 mil­lions enre­gis­trés par STMicro.

 

 

Une « inégale répartition des richesses »

 

Pour autant, la CGT n’ou­blie pas de cri­ti­quer ver­te­ment le « tour de passe-passe » d’Emmanuel Macron. Et rap­pelle pré­fé­rer une aug­men­ta­tion de salaires au ver­se­ment d’une prime ponc­tuelle. Mais, là encore, le bât blesse : « L’inégale répar­ti­tion des richesses pro­duites par le tra­vail existe belle et bien à ST », écrit le syn­di­cat.

 

Rassemblement devant la préfecture de l'Isère des salariés de ST Micro en 2015. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Rassemblement devant la pré­fec­ture de l’Isère des sala­riés de STMicro en 2015. © Joël Kermabon – Place Gre’net

 

En cause ? Des hausses de salaires bien dis­pa­rates et aux effets quasi-nuls dans cer­tains cas. Alors que les employés ont béné­fi­cié d’une hausse d’en­vi­ron 2 % sur leur fiche de paie, soit un chiffre à peine supé­rieur au 1,6 % de l’in­fla­tion, la direc­tion a vu sa rému­né­ra­tion aug­men­tée de 35 %. Auxquels viennent s’a­jou­ter, pour­suit le syn­di­cat, 100 000 actions à l’in­ten­tion du nou­veau PDG du groupe. Et des « cadeaux » jugés plus que géné­reux à l’in­ten­tion des action­naires.

 

 

Rassemblement lundi 21 janvier devant le site de ST Crolles

 

Pour toutes ces rai­sons, la CGT appelle à un ras­sem­ble­ment « sans grève » lundi 21 jan­vier devant l’en­tre­prise STMicroelectronics de Crolles. Objectif ? Occuper le rond-point situé face au le site, entre 12 et 14 heures, soit pen­dant le temps de pause-déjeu­ner du per­son­nel. Et le syn­di­cat de battre le rap­pel : « Nous comp­tons sur votre pré­sence pour mon­trer votre mécon­ten­te­ment et aussi débattre TOU-TE‑S ensemble sur ce manque de recon­nais­sance chro­nique ! »

 

Face au refus de STMicroelectronics d'une « prime Macron » pour ses salariés, la CGT organise un rassemblement devant le site de Crolles le 21 janvier 2019. © Léa Raymond - Place Gre'net

La CGT appelle à une aug­men­ta­tion des salaires contre la baisse du pou­voir d’a­chat. © Léa Raymond – Place Gre’net

 

Le mou­ve­ment ne serait qu’une pre­mière étape, dési­gnée par la CGT comme l”« Acte 1 ». Le syn­di­cat ne s’empare pas par hasard de la ter­mi­no­lo­gie et du lieu d’ex­pres­sion des Gilets jaunes : à ses yeux, le mou­ve­ment tra­duit « un pro­blème de pou­voir d’achat, que le pou­voir exé­cu­tif, et sur­tout le patro­nat, feignent d’ignorer ». Et qui ne pourra être résolu que par des hausses de salaire, que le syn­di­cat entend récla­mer en pro­met­tant d’autres actes de mobi­li­sa­tion.

 

FM

 

Suite à la paru­tion de notre article, la direc­tion de STMicroelectronics fait savoir qu’elle « répond favo­ra­ble­ment aux attentes expri­mées d’un effort de notre société, dans le contexte natio­nal actuel ». Ainsi, pour­suit-elle, « en plus de l’intéressement 2018, ST a décidé de ver­ser une somme sup­plé­men­taire excep­tion­nelle au tra­vers de ses dis­po­si­tifs exis­tants et indé­pen­dam­ment du niveau d’intéressement 2018 ».

 

« Les Organisations Syndicales Représentatives sont convo­quées pour négo­cier et fixer les moda­li­tés de dis­tri­bu­tion de cette somme début février, que la Direction sou­haite voir béné­fi­cier en prio­rité aux pre­miers niveaux de salaire », conclut la direc­tion. Tout en contes­tant les asser­tions de la CGT selon laquelle elle se serait octroyée une aug­men­ta­tion de 35 %. « Une infor­ma­tion étrange », com­mente-t-elle.

 

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