Terrain pollué du parc Henri-Tarze de Grenoble : le projet immobilier se confirme

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FIL INFO – Ce lundi 5 novembre, en conseil municipal, le Conseil citoyen indépendant A (CCIA) a interpellé Éric Piolle, le maire de Grenoble, sur le devenir du parc Tarze pollué. Mais aussi sur le sort réservé aux demandeurs d’asile qui y ont élu domicile depuis plusieurs semaines, dans l’attente d’un hébergement d’urgence.

 

 

Quel avenir pour le parc Tarze, pollué ? Les habitants souhaiteraient le dépolluer. La Sem Innovia et la Ville projettent d'y construire trois bâtiments. DR

Quel ave­nir pour le parc Tarze, pol­lué ? Les habi­tants sou­hai­te­raient le dépol­luer. La Sem Innovia et la Ville pro­jettent d’y construire trois bâti­ments. DR

« Les habi­tants du quar­tier Arago – Jean-Macé – Martyrs s’in­quiètent de l’an­nonce de construc­tions pré­vues dans le parc Tarze. »

 

Ainsi a démarré le pro­pos d’Alain Lauriot, repré­sen­tant du Conseil citoyen indé­pen­dant A (CCIA), se fai­sant le porte-parole des rive­rains et de l’u­nion de quar­tier Arago – Jean-Macé – Martyrs, lors de son inter­ven­tion en début de conseil muni­ci­pal, ce lundi 5 novembre.

 

 

« Les habitants sont attachés à ce petit coin de verdure »

 

Depuis plu­sieurs semaines, l’u­nion de quar­tier tente sans suc­cès d’ob­te­nir des expli­ca­tions de la part des élus sur ce pro­jet dont ils ne veulent pas. « Les habi­tants sont atta­chés à ce petit coin de ver­dure. Il y a très peu de ver­dure dans ce quar­tier », insiste Alain Lauriot. Pourquoi alors le béton­ner ? « Il y a d’autres solu­tions pour conser­ver la végé­ta­li­sa­tion qui n’ont jamais été étu­diées, en par­ti­cu­lier la dépol­lu­tion par les plantes », lance l’ex-pré­sident de l’u­nion de quar­tier Arago – Jean-Macé – Martyrs.

 

Quartier Jean Macé à Grenoble, une trentaine de familles de demandeurs d'asile massés sur le terrain pollué du parc Henri-Tarze, depuis trois mois pour la plupart d'entre eux. dimanche 27 octobre © Séverine Cattiaux - Place Gre'net

Quartier Jean Macé à Grenoble, une tren­taine de deman­deurs d’a­sile sont mas­sés sur le ter­rain pol­lué du parc Henri-Tarze, depuis trois mois pour la plu­part d’entre eux. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

Par ailleurs, les habi­tants s’in­ter­rogent sur l’i­nac­tion des auto­ri­tés – Ville, pré­fec­ture, Conseil dépar­te­men­tal, Métropole confon­dues – face à la situa­tion qu’en­durent les familles de deman­deurs d’a­sile qui campent dans ce parc depuis des semaines.

 

« Nous avons alerté vos ser­vices depuis le mois d’août […], men­tionne Alain Lauriot, en s’a­dres­sant au maire de Grenoble. Avant d’a­jou­ter : [Ces per­sonnes] vivent sur un ter­rain pol­lué, sans eau, sans chauf­fage, et sans toi­lettes, et sous tente dans des condi­tions indignes. »

 

 

Un programme immobilier d’ici 2023 

 

Prenant à son tour la parole, Eric Piolle a assuré que la Ville redou­blait d’ef­fort pour que la situa­tion des deman­deurs d’a­sile puisse s’a­mé­lio­rer très rapi­de­ment. « La Ville et la pré­fec­ture échangent depuis de longues semaines sur la situa­tion de ce cam­pe­ment […] La Ville est prête à prendre un arrêté d’ex­pul­sion, à condi­tion que de véri­tables solu­tions d’hé­ber­ge­ment existent et soient mises en place par la pré­fec­ture dont c’est la com­pé­tence… », a indi­qué le maire.

 

Eric Piolle, lors du conseil municipal du 18 décembre 2017 © Séverine Cattiaux - Place Gre'net

Eric Piolle, maire de Grenoble, en conseil muni­ci­pal. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

Sur la ques­tion du deve­nir du parc, les dés sont jetés, et depuis long­temps, à en croire le pre­mier magis­trat de la Ville. « Oui, ce ter­rain, confor­mé­ment au dos­sier de réa­li­sa­tion de la Zac [Zone d’a­mé­na­ge­ment concer­tée, ndlr] adop­tée en 2012, a bien voca­tion à accueillir une pro­gram­ma­tion de bâti à l’ho­ri­zon 2023 », a‑t-il affirmé.

 

Et de le redire encore autre­ment : « La créa­tion d’un parc à cet endroit n’est pas com­pa­tible au plan guide du pro­jet Presqu’île validé depuis de nom­breuses années, conçu par Christian de Portzamparc et la pay­sa­giste Florence Mercier », a pour­suivi Éric Piolle.

 

Les habi­tants auront tou­te­fois leur mot à dire sur le pro­jet immo­bi­lier à venir, a assuré le maire. Notamment sur « l’in­ser­tion du bâti, la place du végé­tal, le ren­for­ce­ment de la bio­di­ver­sité, la pleine terre et la conser­va­tion du patri­moine ». Une réunion est d’ailleurs pro­gram­mée le 22 novembre pro­chain avec la pay­sa­giste et l’u­nion de quar­tier.

 

 

« Entre 3 000 et 4 000 arbres plantés sur ce quartier »

 

Quel avenir pour le parc Tarze, pollué ? Les habitants souhaiteraient le dépolluer. La Sem Innovia et la Ville projettent d'y construire trois bâtiments. DR

Parc Tarze. DR

Entre le demi-hec­tare amé­nagé à quelques mètres du parc Tarze au sein du quar­tier Clos des fleurs, le futur parc dans le quar­tier Cambridge et la créa­tion d’un parc des Berges de l’Isère sur le quar­tier de l’Esplanade, les habi­tants ne man­que­ront pas d’es­paces verts, gage le maire de Grenoble.

 

Lequel a fait les comptes : « Nous devrions arri­ver entre 3 000 à 4 000 arbres plan­tés sur ce quar­tier, à la fin du pro­jet que nous sou­hai­tons emblé­ma­tique de la ville en tran­si­tion. »

 

SC

 

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Commentaires 2
  1. Et allez donc, les verts & rouges conti­nuent à noyer le peu de ver­dure à Grenoble sous le béton, éco­los vrai­ment ? Certes pas.

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    • Ha, c’est comme les peu­pliers le long de l’A480 cou­pés parce qu’ils gênent l’é­lar­gis­se­ment de cette auto­route !
      Hein, quoi, c’est pas pareil ? Oh, wait !

      C’est curieux quand même ce double dis­cours…

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