Thierry Monel, premier adjoint de la ville d'Échirolles - DR

Thierry Monel, premier adjoint de Renzo Sulli, troque sa carte du PC contre celle de Génération.s

Thierry Monel, premier adjoint de Renzo Sulli, troque sa carte du PC contre celle de Génération.s

FOCUS – Thierry Monel, le premier adjoint de Renzo Sulli à la mairie d’Échirolles et son dauphin pressenti, quitte le Parti communiste pour rallier Génération.s, le mouvement de Benoît Hamon. Une troisième étiquette après de nombreuses années passées au Parti socialiste puis une adhésion en 2006 au PC pour épauler Renzo Sulli. Il a ensuite été directeur de cabinet puis DGS de la Ville d’Échirolles, avant de devenir premier adjoint en 2014.

 

 

Thierry Monel, premier adjoint de la ville d'Échirolles - DR

Thierry Monel, premier adjoint de la ville d’Échirolles – DR

« C’est une réflexion de plusieurs mois qui m’a amené à me dire que Génération.s était le bon endroit pour mettre en place une vraie politique de gauche et aussi une politique visionnaire quant au modèle de société qu’elle pourrait remettre à plat dans les années qui viennent », explique Thierry Monel, le premier adjoint de Renzo Sulli, le maire communiste d’Échirolles.

 

En charge depuis 2014 des finances, de la vie des quartiers, de la démocratie locale, de la gestion urbaine et sociale de proximité, de la politique de la ville et enfin de la tranquillité publique, l’élu a en effet décidé de troquer sa carte du PC contre celle de Génération.s, le mouvement politique fondé le 1er juillet 2017 par Benoît Hamon.

 

Une décision qui a commencé à mûrir au cours de la campagne de l’élection présidentielle de 2017, durant laquelle Thierry Monel a déclaré avoir été séduit par la candidature PS de Benoît Hamon. Une troisième étiquette après celles du Parti socialiste et du Parti communiste qui ne remet pour autant pas en cause son actuel mandat ni son appartenance au groupe Échirolles en commun dont il reste, assure-t-il, solidaire.

 

 

Passé par la case PS dès les années 80

 

Quid du parcours politique de Thierry Monel ? « J’ai passé de nombreuses années au Parti socialiste. J’ai adhéré à la section Jean-Jaurès de Roubaix dès le début des années 80 », se souvient Thierry Monel. Suite à « un débat assez enlevé » avec ses camarades sur la gestion de la campagne de Lionel Jospin en 2002, déçu, ce dernier décide de prendre ses distances avec le PS et et quitte le parti.

 

Son adhésion au PC ? Ce sera pour plus tard. « J’ai passé quelques années sans adhérer à aucun parti avant de venir travailler en 2006 à Échirolles où j’ai rencontré Renzo Sulli dans des réunions du Parti communiste. C’est comme ça que j’ai adhéré au PC », relate le premier adjoint.

 

Inauguration de la résidence intergénérationnelle « Le Verseau» en présence du maire d'Échirolles Enzo Sulli (au centre). © Véronique Magnin - Place Gre'net

Inauguration de la résidence intergénérationnelle « Le Verseau» en présence du maire d’Échirolles Enzo Sulli (au centre). © Véronique Magnin – Place Gre’net

 

Thierry Monel va ensuite faire son chemin au sein de l’administration de la municipalité d’Échirolles. Tout d’abord comme directeur de cabinet de 2006 à fin 2010, puis comme directeur général des services (DGS) jusqu’aux élections municipales de 2014 où il démissionne pour devenir premier adjoint. « En étant directeur de cabinet et ensuite DGS, j’avais acquis une bonne connaissance de la ville, de ses enjeux, de sa situation sociale et j’étais très motivé par le travail effectué par la municipalité lors du mandat précédent », explique Thierry Monel.

 

 

Le « ballon d’oxygène » des propositions de Benoît Hamon

 

Dès lors, quelles ont été les motivations qui l’ont poussé à rendre sa carte du PC pour rallier les rangs de Génération.s ? « La campagne de 2017 était assez intéressante. Précédemment, le PC avait initié l’idée du Front de gauche, nous avions fait de la place à ce qui précédait la France insoumise c’est-à-dire le Parti de gauche. Mais, lors de la campagne, j’ai entendu Benoît Hamon, un candidat qui essayait de proposer une vision à long terme sur l’évolution de la société », se remémore Thierry Monel.

 

Les affiches sont prêtes. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Les affiches sont prêtes. © Joël Kermabon – Place Gre’net

Ce dernier déclare avoir été séduit par le « ballon d’oxygène » que constituaient alors les propositions électorales du candidat Hamon. Notamment celles concernant le revenu universel, les problèmes de l’emploi, de l’écologie et de la transition énergétique, la robotisation qui avance à grands pas, la société numérique…

 

L’élection passée, resté fidèle à ses engagements du moment, l’élu a continué « à suivre de près » ce que faisait Benoît Hamon, et ce avant même qu’il ne fonde Génération.s.

 

 

À travers Génération.s, impulser de nouvelles idées sur les politiques locales

 

« Ma réflexion porte sur ma contribution à Génération.s en tant qu’élu et militant local sur ce que l’on peut faire à la fois dans les communes et dans la Métropole, cette dernière étant ma priorité », souligne le premier adjoint. Selon lui, il n’y a plus à tergiverser sur le fait qu’un certain nombre de politiques doivent absolument se mener à l’échelle d’une aire urbaine de 500 000 habitants. « L’insertion professionnelle, l’emploi, la sécurité, l’éducation, la situation sociale, la culture, les services urbains quotidiens aux habitants sont de vrais sujets à dimension métropolitaine », énumère Thierry Monel.

 

Benoît Hamon avec des militants et militantes de Génération.s, le mouvement à la manifestation du 5 mai 2018 La fête à Macron, entre la place de l'Opéra et celle de la République - DR

Benoît Hamon avec des militants et militantes de Génération.s, le mouvement à la manifestation du 5 mai 2018 La fête à Macron, entre la place de l’Opéra et celle de la République – DR

 

La valeur ajoutée de Génération.s dans ce contexte ? « À travers Génération.s et la réflexion qu’il y a sur l’évolution de la société, on peut impulser de nouvelles idées sur les politiques locales menées dans les communes […] Je pense que les communes et les métropoles sont les bons territoires pour réinventer l’action politique sur beaucoup de sujets », affirme Thierry Monel.qui poursuit.

 

« Nous devons nous ressaisir et voir comment nous pouvons travailler avec d’autres approches que tous les dispositifs existants aujourd’hui, sans fausse pudeur, nous avons beaucoup de choses à faire ». La transition écologique ? « J’en mesurais l’importance mais pas forcément l’urgence, aujourd’hui j’en mesure l’urgence », nous confie l’élu.

 

 

Les municipales de 2020 ? « Il est trop tôt pour en parler ! »

 

L’avenir ? « Je reste dans le groupe majoritaire qui réfléchit aux prochaines échéances et surtout au projet à mettre en place pour un prochain mandat à proposer aux Échirollois. Mais je souhaite aussi, à côté de ce groupe majoritaire, que Génération.s puisse faire entendre ses propres propositions », explique Thierry Monel.

 

Au centre et de face, Thierry Monel. DR

Au centre et de face, Thierry Monel. DR

Ce dernier en est convaincu, « ce qui est important aujourd’hui ce n’est pas de faire des alliances à gauche en rassemblant dans les différents partis ce qui est important, c’est d’écrire un projet avec les citoyens ».

 

Les échéances municipales de 2020 ? « Il est trop tôt pour en parler », rétorque Thierry Monel, qui se défend de cette formule en forme de pirouette. L’occasion pour nous de pousser plus avant en évoquant la possibilité d’une liste Génération.s à Échirolles.

 

« Il faut se mettre d’accord et travailler sur un projet et, à partir de là, nous verrons effectivement si nous sommes en mesure d’avoir le plus large rassemblement possible au premier tour derrière une candidature déterminée par tous », envisage l’élu.

 

Et sinon ? « Il pourrait y avoir, dans ce cas, la constitution de listes séparées, ce qui serait dommage », conclut Thierry Monel.

 

Joël Kermabon

 

 

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