Racisme, sexisme et homophobie à Sciences Po Grenoble : enseignants et personnel attendent des sanctions

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FIL INFO – Des enseignants, chercheurs et membres des équipes pédagogique et  administrative de Sciences Po Grenoble adressent une lettre ouverte… à leurs propres étudiants. Son objet ? Des dérapages discriminatoires ou des propos racistes, sexistes et homophobes seraient commis « au quotidien » par des élèves de l’IEP Grenoble. Une attitude face à laquelle les signataires disent attendre des sanctions, voire des poursuites.

 

 

Des dérapages sexistes, racistes ou homophobes de la part d’étudiants de Sciences Po Grenoble ? Dans une lettre ouverte qui leur est adressée, des enseignants, des chercheurs et des membres du personnel administratif de l’Institut d’études politiques (IEP) de Grenoble dénoncent des propos ou attitudes très dérangeantes, notamment commis à l’occasion du Criterium (“Crit”, pour les intimes) inter-IEP mais aussi « au quotidien dans les locaux de l’établissement ».

 

Sciences-Po Grenoble © Sciences-Po

Sciences-Po Grenoble © Sciences-Po

 

Les signataires du courrier évoquent ainsi des « pratiques discriminatoires […] relevées par les étudiant(e)s eux-mêmes » durant une manifestation organisée en amphithéâtre le vendredi 6 avril. Exemple marquant de dérives passées ? La photographie de deux étudiants brandissant une banderole affichant « Dachau must go on », qui aurait été prise durant l’édition 2016 du Crit. Une « apologie de génocide et de crimes contre l’humanité », considèrent les enseignants.

 

 

Des exclusions ou poursuites juridiques en perspective ?

 

Tout indique que l’affaire est prise très au sérieux. La lettre fait ainsi savoir que le directeur de Sciences Po Grenoble, Jean-Charles Froment, a consulté le procureur de la République près de la Cour d’appel de Grenoble en personne pour obtenir un « avis juridique ».

 

Jean-Charles Froment, directeur de l'IEP de Grenoble. DR

Jean-Charles Froment, directeur de l’IEP de Grenoble. DR

Une démarche que les auteurs de la missive disent soutenir collectivement.

 

Estimant que les dérapages observés sont contraires aux valeurs de l’IEP Grenoble et portent atteinte à son image, ils indiquent en effet dans cette lettre attendre que leurs auteurs « rendent des comptes […] d’une manière ou d’une autre ».

 

Exclusion de l’établissement ? Poursuites judiciaires ? « Nous nous associons à toute procédure que la direction de l’IEP pourra prendre contre les étudiant.e.s qui commettent de tels actes », affirment les signataires.

 

 

Une centaine de signatures

 

La lettre ne manque pas, enfin, d’affirmer son soutien aux « initiatives positives entreprises par les étudiant.e.s eux-mêmes pour lutter contre toutes les formes de discriminations à l’IEP ». Et ses auteurs de saluer la présentation, le mercredi 2 mai, d’une charte « contractualisant l’engagement de l’ensemble des membres de la communauté académique (étudiant.e.s, enseignant.e.s, personnels administratifs) dans cette lutte ».

 

Le bâtiment Sciences po bloqué sur le campus universitaire, le 25 avril 2018. © Léa Raymond - Place Gre'net

Bâtiment Sciences po bloqué sur le campus universitaire, le 25 avril 2018. © Léa Raymond – Place Gre’net

 

Bibliothécaires, enseignants, maîtres de conférence, directeurs de recherche, personnels administratifs… Une centaine de signatures figurent au bas de la lettre, émise en accord avec la direction de Sciences Po. Dont celle de Pascal Clouaire, ingénieur de recherche auprès de l’IEP et, accessoirement, adjoint de la Ville de Grenoble en charge de la Démocratie locale.

 

 

FM

 

 

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