Pollution de l’air : deux élus réclament un audit des actions entreprises par la Métro de Grenoble

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FIL INFO – Alors que la feuille de route tracée par le préfet pour tenter de juguler la pollution de l’air dans la cuvette grenobloise doit être soumise au vote des conseillers métropolitains ce vendredi 6 avril, deux élus montent au créneau. Et réclament un audit des actions entreprises par la Métro.

 

 

Le commissaire européen Karmenu Vella a le 30 janvier 2017 donné un délai supplémentaire de dix jours à la France pour qu’elle présente des solutions plus convaincantes pour lutter contre la pollution de l'air. DR

Le com­mis­saire euro­péen Karmenu Vella a demandé à la France de pré­sen­ter des solu­tions plus convain­cantes pour lut­ter contre la pol­lu­tion de l’air. DR

La France et, der­rière, la Métro vont-elle s’é­par­gner une amende pour leur inca­pa­cité à lut­ter contre la pol­lu­tion de l’air ? Alors que l’é­pée de Damoclès de Bruxelles se rap­proche dou­ce­ment des têtes, l’heure est au col­ma­tage.

 

Illico presto, les pré­fets ont été priés de tra­cer une feuille de route décli­nant tout un tas de mesures cen­sées ras­su­rer la Commission euro­péenne sur l’ef­fi­ca­cité, ou tout du moins la bonne volonté, des pou­voirs publics. À Grenoble, cela donne une com­pi­la­tion de 65 actions plus ou moins nou­velles, plus ou moins convain­cantes, plus ou moins abou­ties aussi.

 

Des mesures qui n’ont qu’à moi­tié convaincu les élus gre­no­blois le 26 mars der­nier. Ce qui n’a pas empê­ché les conseillers muni­ci­paux de voter la feuille de route dans leur très grande majo­rité. L’heure n’est mani­fes­te­ment pas aux ter­gi­ver­sa­tions…

 

 

Un plan d’actions élaboré à la hâte

 

Vendredi 6 avril, rebe­lote. Revoilà la feuille de route du pré­fet, cette fois sur la table des conseillers métro­po­li­tains. D’ores et déjà, ça tousse dans les tra­vées. Notamment du côté des deux élus du groupe Indépendants de gauche, Jeanne Jordanov et Georges Burba. Pour eux, le plan d’ac­tions a été éla­boré « à la hâte » et ils peinent à voir dans les actions mises en œuvre par la Métro des résul­tats suf­fi­sam­ment tan­gibles.

 

Anne Jordanov, à la droite d’O. Noblecourt © Muriel Beaudoing

« Il est aujourd’­hui néces­saire de com­prendre com­ment et pour­quoi la Métropole, pre­mière agglo­mé­ra­tion à l’é­chelle natio­nale à se doter d’un plan Climat dès 2005 et encore citée en exemple en 2014, est depuis deve­nue une des zones sanc­tion­nées par l’Union euro­péenne », sou­lignent les deux élus dans un com­mu­ni­qué.

 

Est-ce à dire que toutes les mesures mises en route, tous les efforts déployés, n’ont servi à rien ? Pour y voir clair dans ce cata­logue de mesures, plans, sché­mas et autres labels qui se sont empi­lés depuis des années, Jeanne Jordanov et Georges Burba réclament un audit des actions entre­prises. Et s’in­ter­rogent.

 

Pourquoi la Métro a en 2016 perdu son label Cit’ergie* alors que, dans le même temps, des villes comme Grenoble, Fontaine ou Échirolles se sont enga­gées dans cette même démarche ? Pourquoi la mise à jour du plan Air éner­gie cli­mat, qui doit être ter­mi­née d’ici décembre 2019, a pris trois ans de retard ?

 

Pourquoi aucune étude indé­pen­dante n’a encore été fina­li­sée quant aux impacts de l’o­pé­ra­tion Cœurs de ville, cœurs de métro­pole sur la qua­lité de l’air (CVCM) ? Cette étude, elle est tou­te­fois sur les rails… Depuis début 2018, Atmo Auvergne Rhône-Alpes mène une vaste cam­pagne de mesures qui s’é­ten­dra sur l’an­née, au-delà du péri­mètre de CVCM, pour mieux mesu­rer les effets de poten­tiels reports de cir­cu­la­tion. Étude qui devrait déli­vrer ses résul­tats début 2019.

 

En atten­dant, la roue tourne. Et Bruxelles s’im­pa­tiente. Ne peut-on pas aller plus vite ? Si, répondent les deux élus de gauche. En misant sur la prime air-bois pour renou­ve­ler le parc d’é­qui­pe­ments de chauf­fage non pol­luants. En fixant à 2022 la limite obli­ga­toire pour le rem­pla­ce­ment de tous les appa­reils pas aux normes et en met­tant à l’a­mende les contre­ve­nants. Mais aussi en amé­lio­rant et en aug­men­tant de manière « consé­quente » l’offre de trans­ports en com­mun, le tout accom­pa­gné d’une poli­tique tari­faire ambi­tieuse.

 

A suivre… Ce 5 avril, le syn­di­cat mixte des trans­ports en com­mun de l’ag­glo­mé­ra­tion gre­no­bloise arrête son très attendu pro­jet de plan de dépla­ce­ments urbains 2018 – 2030. Après dix ans d’er­re­ments poli­tico-admi­nis­tra­tifs et judi­ciaires…

 

 

 

PC

 

 

 

* Le label récom­pense les col­lec­ti­vi­tés en Europe enga­gées dans la mise en œuvre de poli­tiques éner­gé­tiques et cli­ma­tiques consi­dé­rées comme exem­plaires.

 

 

 

Grenoble Finaliste pour le concours de Capitale Verte
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Commentaires 8
  1. A tous ces brillants com­men­ta­teurs (une belle bro­chette !), je pense que je vais por­ter plainte contre tous ces auto­mo­bi­listes qui se déplacent en voi­ture pour ame­ner leur(s) gosse(s) à l’é­cole de quar­tier puis enchai­ner sur un tra­jet de moins de 5 km. Et aussi toutes ces per­sonnes qui uti­lisent des rues de des­serte his­toire de gagner un feu tri­co­lore et 30 secondes.
    Que les gens qui se plaignent des embou­teillages et autres pol­lu­tions dépla­cées com­mencent par se regar­der le nom­bril : les embou­teillages, ce sont eux avec leur véhi­cule d’une tonne 1/2 pour trans­por­ter 1,3 per­sonne et pour faire moins de 5 km dans plus de la moi­tié des cas. Qu’ils arrêtent de nous les bri­ser menues et laissent nos enfants res­pi­rer et se dépla­cer en sécu­rité. Que ces gens réflé­chissent un peu (même si c’est dur pour certain(e)s sans se vau­trer dans une pos­ture pure­ment poli­ti­cienne) : ce sont eux qui empêchent le déve­lop­pe­ment de la marche, de l’u­sage de la bicy­clette et des trans­ports en com­mun avec leurs voci­fé­ra­tions dès qu’il est ques­tion de réduire la place de la voi­ture en ville !

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    • Merci. Je pen­sais que la zone com­men­taires de ce jour­nal ne ser­vait qu’à défendre le point de vue de ces gens là, ça fait du bien de lire l’in­verse de temps en temps.

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    • Dans les villes et vil­lage y a eu les pay­sans , puis les che­vaux et char­rette puis calèche et voi­ture, fina­le­ment votre truc de vélo c’est retour­ner à l’âge de bronze 😮

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      • En quoi uti­li­ser ses pieds ou sa bicy­clette pour faire quelques cen­taines de mètres ou quelques kilo­mètres est un retour à l’âge de bronze ? C’est au contraire faire preuve d’une cer­taine intel­li­gence (pour le béné­fice de l’en­semble de la col­lec­ti­vité en plus de soi-même) par rap­port à ces mêmes dépla­ce­ments qui seraient faits en voi­ture. Apparemment, ce n’est pas à l’âge de bronze que vous êtes res­tés côté intel­li­gence mais plu­tôt au Précambrien…

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  2. Il n’y a pas besoin d’au­dit indé­pen­dant puis­qu’on a lu hier dans le DL que tout va bien à Grenoble. Les com­merces vont mieux qu’à La Tour du Pin, c’est super posi­tif. Il y a quelques vélos en plus, presque pas, c’est un grand pro­grès. Il y quelques voi­tures en moins, presque pas, ouah c’est un suc­cès. Il n’y a pas d’embouteillages puis­qu’on vous dit qu’il n’y a pas d’embouteillages. Par contre il n’est plus ques­tion de pol­lu­tion. Parce qu’elle s’est éva­po­rée ou parce qu’elle a aug­menté comme ça a été démon­tré ?
    C’est vrai­ment anti dépres­sif le DL. Je vais m’a­bon­ner, mais uni­que­ment aux numé­ros où c’est Eric Piolle qui parle, ou Ferrari, ou encore plus fort Mongaburu. Ah bon, dans le DL c’est tous les jours ?

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  3. Attention, le SMTC n’ar­rête rien du tout !
    Il y a eu une mas­ca­rade de concer­ta­tion – ce qui suf­fira à le faire sau­ter en jus­tice.
    Et il faut encore pas­ser par l’en­quête publique !

    Mongaburu a pris 3 ans de retard alors que tout était dans les clous en 2014 et que le PDU aurait du être fina­lisé en 2015 !
    Par ailleurs c’est l’ab­sence de PDU qui rend CVCM illé­gal au fond car la sub­stan­tielle modi­fi­ca­tion du plan de cir­cu­la­tion aurait alors du faire l’ob­jet d’une enquête publique !

    3 ans qu’on leur répète mais non ! Une bêtise et une incom­pé­tence à ce point, c’est grave.

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  4. Les élus n’ont qu’à deman­der un audit au fumeux « obser­va­toire » de la Metro, his­toire de se faire mani­pu­ler et rou­ler dans la farine ?

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  5. Heureusement que nous avons quelque élus intel­li­gents comme Jeanne Jordanov !

    Il faut faire comme les habi­tants de la val­lée de L’Arve : por­ter plainte pour mise en dan­ger de la vie d’au­trui en rafale.

    Nous tra­vaillons sur un modèle de plainte que cha­cun pourra télé­char­ger et envoyer au Procureur de la République.

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