Fin de la trêve hivernale : les associations d’aide aux migrants dénoncent les remises à la rue

sep article

Notre indépendance c

FIL INFO – Comme chaque année, ce 31 mars marque le terme de la trêve hivernale, avec son lot d’incertitudes pour les personnes mises à la rue. Mercredi, les organisations d’aide et soutien aux étrangers migrants appelaient à se rassembler cours de la libération, à Grenoble.

 

 

Rassemblement du 28 mars 2018 contre la fin de la trêve hivernale, devant des Agecos ou sont logés des migrants, sur le Cours de la Libération, à Grenoble. © Léa Raymond - placegrenet.fr

Rassemblement du 28 mars 2018 contre la fin de la trêve hiver­nale, devant des Agecos ou sont logés des migrants, cours de la Libération, à Grenoble. © Léa Raymond – placegrenet.fr

Les familles mises à l’abri durant l’hiver dans des Algecos situés cours de la libé­ra­tion à Grenoble, dans le cadre de l’hébergement d’urgence, ont été pré­ve­nues : elles doivent avoir quitté les lieux le 3 avril au plus tard, du fait de la fin de la trêve hiver­nale.

 

Plusieurs orga­ni­sa­tions dont la Coordination isé­roise de soli­da­rité avec les étran­gers migrants (Cisem) et le Droit au loge­ment (Dal) appe­laient à un ras­sem­ble­ment sur place mer­credi 28 mars pour dénon­cer l’ab­sence de solu­tion pro­po­sée à l’is­sue de cette période. « Même si, offi­ciel­le­ment, la fin de la trêve hiver­nale ne sera pas bru­tale mais pro­gres­sive, il n’empêche que, chaque jour, nous appre­nons qu’une famille ou telle ou telle per­sonne – même âgée ou sérieu­se­ment malade – est chas­sée de son héber­ge­ment », expliquent de concert la Cisem et le Dal, pour qui cette incer­ti­tude quant au deve­nir des familles est into­lé­rable.

 

« De nou­veau, de plus en plus de per­sonnes – migrantes ou de natio­na­lité fran­çaise – sont condam­nées à la rue. Un véri­table scan­dale dans ce pays dont on nous rap­pelle régu­liè­re­ment qu’il est la cin­quième puis­sance du monde ! »

 

 

Quatre douches pour quinze familles

 

La peur de retour­ner à la rue est grande chez ces per­sonnes “logées” ici depuis décembre der­nier, après avoir fait appel au 115. Elles demandent la nor­ma­li­sa­tion de leur situa­tion admi­nis­tra­tive et un relo­ge­ment. Et se plaignent, avec leurs sou­tiens, d’un manque d’informations de la part de la Direction dépar­te­men­tale de la cohé­sion sociale sur la suite des évé­ne­ments.

 

Salle de bain et WC dans Agecos où sont logés des migrants, sur le Cours de la Libération, à Grenoble. © Léa Raymond - placegrenet.fr

Salle de bain et WC dans Agecos où sont logés des migrants, sur le Cours de la Libération, à Grenoble. © Léa Raymond – placegrenet.fr

Une quin­zaine de familles vivent actuel­le­ment avec leurs enfants dans ces petits Algecos, avec quatre douches com­munes, cinq toi­lettes, trois réfri­gé­ra­teurs et une cui­si­nière élec­trique qui sert à la pré­pa­ra­tion des repas. Un loge­ment qui n’est pas d’un grand confort. Un père de trois enfants raconte ainsi la dif­fi­culté d’avoir de l’eau chaude pour dou­cher ses enfants. En quinze minutes, toute l’eau du chauffe-eau est consom­mée et il faut alors attendre…

 

Quant au lavage et au séchage du linge, ils coûtent à chaque fois 15 euros à la lave­rie auto­ma­tique, pré­cise un autre père de famille, qui ajoute que le linge n’est mal­gré tout pas tou­jours sec.

 

Migrants logés dans Agecos, sur le Cours de la Libération, à Grenoble. © Léa Raymond - placegrenet.fr

Migrants logés dans Agecos, sur le Cours de la Libération, à Grenoble. © Léa Raymond – placegrenet.fr

Les enfants en âge d’être sco­la­ri­sés le sont tou­te­fois. Ils vont à l’école mater­nelle et pri­maire du quar­tier. « Malgré les condi­tions, il a de bons résul­tats » a dit la direc­trice d’école au père d’un gar­çon de 9 ans qui rap­porte ses pro­pos.

 

Le plus âgé des mineurs a 16 ans. Sa mère ayant été hos­pi­ta­li­sée il y a peu de temps, le jeune gar­çon, orphe­lin de père, vit seul. Il pour­suit ses études au lycée et aime­rait deve­nir ingé­nieur élec­tro­ni­cien.

 

Les orga­ni­sa­tions appellent à un nou­veau ras­sem­ble­ment sur place le matin du 3 avril pro­chain.

 

VC

 

 

commentez lire les commentaires
1582 visites | 0 réaction
logos commentaires logos commentaires

Commentez ou réagissez

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Votre commentaire sera publié dans les plus brefs délais, après modération.