Le bar associatif grenoblois L’engrenage accueille des sans-abris pour la nuit

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FOCUS – Face aux vagues de grand froid, le bar associatif L’engrenage est devenu un « centre d’hébergement » provisoire pour les personnes sans-abris, depuis le 26 février. Coorganisée avec le collectif Help SDF, cette action solidaire et citoyenne, qui a pour but d’offrir un repas et un toit aux plus démunis, sera renouvelée jusqu’à la nuit du 1er au 2 mars.

 

 

Face à la vague de grand froid qui touche Grenoble, L'Engrenage coorganise avec le collectif Help SDF l'accueil de sans-abris jusqu'au 2 mars prochain.

Les membres du col­lec­tif Help SDF arpentent les rues de Grenoble pour venir en aide aux sans-abris © Anaïs Mariotti

22 h 30. Une dizaine de béné­voles du col­lec­tif Help SDF sillonnent les rues de Grenoble avec leurs cha­riots bon­dés de den­rées ali­men­taires. Les volon­taires font une halte près d’un homme âgé assis au coin d’une ruelle près de la place Grenette, mal­gré des tem­pé­ra­tures hiver­nales par­ti­cu­liè­re­ment basses.

 

Durant quinze minutes, cet homme reçoit ainsi chaque soir un peu de cha­leur de la part des béné­voles, qui lui pro­curent de la nour­ri­ture, des bois­sons chaudes, des couettes et de la com­pa­gnie pour bra­ver le froid.

 

 

L’engrenage, un lieu d’accueil solidaire

 

Ces citoyens enga­gés ne dis­posent pas de local et œuvrent de manière com­plè­te­ment auto­nome. « Les dif­fé­rentes équipes de béné­voles se débrouillent pour récu­pé­rer les inven­dus de bou­lan­ge­ries, de res­tau­rants et d’autres com­merces. Parfois, des par­ti­cu­liers nous contactent pour cui­si­ner des repas aux sans-abris », raconte l’une des béné­voles.

 

Chaque soir, les béné­voles apportent de la nour­ri­ture, des couettes et des bois­sons chaudes. © Anaïs Mariotti

Depuis lundi 26 février, ce col­lec­tif invite aussi les per­sonnes sans domi­cile à venir dor­mir dans les locaux de L’engrenage. Ce bar asso­cia­tif – tenu par un petit groupe d’amis enga­gés – est en effet devenu un “centre d’accueil” pour quelques nuits. Certaines per­sonnes, qui ont déjà trouvé un toit pour la soi­rée, déclinent cha­leu­reu­se­ment l’offre, mais la majo­rité accueille à bras ouverts cette géné­reuse invi­ta­tion.

 

« La soli­da­rité, c’est le but pre­mier de notre col­lec­tif. À la base, ce lieu est né pour faire de l’action sociale », explique Riad, un mili­tant et béné­vole de L’engrenage. Lui et d’autres volon­taires ont accueilli une dizaine d’hommes et de femmes dans les locaux amé­na­gés, la nuit du 27 au 28 février. Ils ont pu béné­fi­cier d’une cou­chette, d’un repas, de bois­sons chaudes et de l’accès aux douches. À ce jour, l’o­pé­ra­tion est renou­ve­lée jus­qu’à la nuit du jeudi au ven­dredi 2 mars.

 

L’engrenage accueille des per­sonnes SDF dans ses locaux pour y pas­ser la nuit © Anaïs Mariotti

 

Avec des moyens rela­ti­ve­ment modestes mais beau­coup de volonté, les béné­voles de L’engrenage ont réa­lisé une action spon­ta­née, par­tie d’un constat simple : « Il fait beau­coup trop froid pour res­ter dehors. Nous pou­vions faci­le­ment mettre notre local à dis­po­si­tion, on a donc décidé de l’ouvrir pour quelques nuits », assure Riad.

 

 

Changer le regard sur les « gens de la rue »

 

« On se sent com­plè­te­ment soli­daires avec ce qui leur arrive. D’ailleurs, ce sont des gens qui viennent par­fois à nos soi­rées ou qu’on a l’habitude de croi­ser à Grenoble », ajoute-t-il. Les mili­tants de L’engrenage, tout comme ceux du col­lec­tif Help SDF, sou­haitent par-des­sus tout chan­ger le regard de la société sur les “gens de la rue”.

 

Face à la vague de grand froid qui touche Grenoble, L'Engrenage coorganise avec le collectif Help SDF l'accueil de sans-abris jusqu'au 2 mars prochain.

Des cou­chettes, des repas, des bois­sons chaudes et des douches sont mis à dis­po­si­tion jus­qu’au 2 mars © Anaïs Mariotti

« La plu­part du temps, ils dorment dans des halls d’immeuble en hiver », raconte Riad. « À L’engrenage, on est très cho­qués que des squats soient expul­sés. Les sans-abris sont par­fois per­çus comme des dro­gués ou des alcoo­liques. Nous lut­tons contre ces sté­réo­types. Ces per­sonnes cherchent seule­ment un endroit pour se mettre au chaud », estime-t-il.

 

Une géné­reuse ini­tia­tive qui a été lar­ge­ment applau­die et par­ta­gée sur les réseaux sociaux par les Grenoblois.

 

Dans le même ordre d’idée, L’engrenage orga­nise une soi­rée de sou­tien en faveur du Patio soli­daire le 9 mars, pour venir en aide aux deman­deurs d’a­sile sans loge­ment. « Tous les béné­fices du bar et des entrées seront rever­sés à cette cause », explique le béné­vole.

 

La pré­fec­ture de l’Isère a, quant à elle, déployé une action d’urgence dans le cadre de son Plan grand froid, en ajou­tant 90 places d’hé­ber­ge­ment sup­plé­men­taires aux 496 places ouvertes pour la trêve hiver­nale, et aux 1143 exis­tantes toute l’an­née.

 

 

Anaïs Mariotti

 

 

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