Plusieurs élus d’Auvergne-Rhône-Alpes contre la privatisation des barrages

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Une vingtaine d’élus, parmi lesquels plusieurs conseillers régionaux Auvergne-Rhône-Alpes, un vice-président de la Métro et un élu de Grenoble, interpellent le gouvernement dans une tribune publiée par Reporterre. Objet de leur inquiétude ? L’annonce de la mise en concurrence des concessions de barrages, jugée mettre en péril la transition énergétique.

 

 

La tri­bune a réuni vingt-cinq signa­tures : dépu­tés et élus des ter­ri­toires, prin­ci­pa­le­ment issus du Parti de gauche ou de la France insou­mise, dénoncent la pri­va­ti­sa­tion des bar­rages, pré­sen­tée comme un « péril » pour la tran­si­tion éner­gé­tique. « Une fois de plus, la poli­tique conduite par Emmanuel Macron va à l’encontre de l’intérêt géné­ral, du cli­mat et du social », écrivent-ils.

 

Des élus, dont des conseillers régionaux Auvergne-Rhône-Alpes, de la Métro ou de Grenoble, veulent faire barrage... à la privatisation des barrages.Le barrage de Livet. 26 juin 2017. © Laurent Genin

Le bar­rage de Livet, 26 juin 2017. © Laurent Genin

 

En main­te­nant le pro­jet de mise en concur­rence des conces­sions des bar­rages, « Emmanuel Macron pour­suit donc le tra­vail de sape des gou­ver­ne­ments pré­cé­dents en obéis­sant aux injonc­tions libé­rales de la Commission euro­péenne », dénonce la tri­bune publiée sur le site Reporterre. L’Europe avait en effet taclé la France, jugeant EDF en posi­tion domi­nante sur le mar­ché de l’hy­dro­élec­tri­cité.

 

Les signa­taires ne manquent pas de rat­ta­cher cette mise en concur­rence à la vente de la branche éner­gie d’Alstom à General Electric. Et portent leurs inquié­tudes sur le ter­rain envi­ron­ne­men­tal. Pour eux, « sous pavillon privé, la ren­ta­bi­lité l’emportera sur la bonne ges­tion, au détri­ment des enjeux envi­ron­ne­men­taux » car « le temps de la tran­si­tion éco­lo­gique n’est pas celui des action­naires ».

 

 

Les élus estiment que « l’eau et l’énergie sont des biens communs »

 

Les élus appellent donc le gou­ver­ne­ment à renon­cer à cette mise en concur­rence, esti­mant que « l’eau et l’énergie sont des biens com­muns dont la pro­priété et la ges­tion doivent res­ter publiques ». En France, l’hy­drau­lique repré­sente 12,5 % de la pro­duc­tion glo­bale d’éner­gie. Elle consti­tue la deuxième source d’éner­gie, juste après le nucléaire, et la pre­mière source d’éner­gie renou­ve­lable, à 40 % pro­duite en Rhône-Alpes*.

 

Émilie Marche, conseillère régionale Auvergne-Rhône-Alpes du groupe RCES, compte parmi les signataires de la tribune. DR

Émilie Marche, conseillère régio­nale Auvergne-Rhône-Alpes du groupe RCES, compte parmi les signa­taires de la tri­bune. DR

 

Ce n’est donc pas un hasard si l’on retrouve parmi les signa­taires de la tri­bune les noms des conseillères et conseillers du groupe d’op­po­si­tion RCES de la Région Auvergne-Rhône-Alpes : Fabienne Grébert, Andrea Kotarac, Émilie Marche et Corinne Morel-Darleux. À leurs côté, on peut noter la pré­sence de Jérôme Dutroncy, vice-pré­sident à l’Environnement à la Métro et conseiller muni­ci­pal de Fontaine, et de Bernard Macret, adjoint à la Ville de Grenoble délé­gué aux Solidarités inter­na­tio­nales.

 

 

FM

 

* Chiffres de 2014 pré­sen­tés par EDF.

 

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