Fête des Tuiles, Crédit agricole… le parquet financier renvoie vers un juge d’instruction

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FOCUS – Saisi d’une plainte avec constitution de partie civile quant à l’octroi de marchés publics afférents à la fête des Tuiles ainsi que de signalements sur d’autres dossiers dont celui du siège régional du Crédit agricole, le parquet national financier renvoie la balle dans la capitale du Dauphiné. Retour à la case départ ? Pas vraiment. Si le parquet de Grenoble s’est, dans un premier temps, visiblement désintéressé de ces affaires, un juge d’instruction doit être nommé et une information judiciaire ouverte.

 

 

Jean-Yves Coquillat, procureur de Grenoble. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Jean-Yves Coquillat, pro­cu­reur de Grenoble. © Joël Kermabon – Place Gre’net

Tout occupé à faire la chasse aux actes de délin­quance, tra­fics de stu­pé­fiants, incen­dies cri­mi­nels et vio­lences en tous genres, le par­quet de Grenoble en “oublie­rait-il” de se pen­cher sur les affaires poli­tico-finan­cières ?

 

Saisi de plaintes sur plu­sieurs dos­siers, dont les condi­tions de rachat du siège régio­nal du Crédit agri­cole par la Ville de Grenoble ou l’attribution de mar­chés publics dans le cadre de la fête des Tuiles, le pro­cu­reur de la République Jean-Yves Coquillat comme son adjoint Olivier Nagabbo res­tent muets.

 

 

Des “dossiers douteux” a priori classés…

 

Affaires clas­sées ? Vraisemblablement. Sur la base de quels motifs ? On n’en saura rien, les prin­ci­paux inté­res­sés n’ayant jamais répondu aux mul­tiples sol­li­ci­ta­tions de Place Gre’net. Il n’y a donc rien à voir ? Pascal Clérotte, lui, s’entête.

 

Ses plaintes, sur le Crédit agri­cole, la fête des Tuiles mais aussi d’autres dos­siers* étant visi­ble­ment tom­bées dans les oubliettes de la jus­tice gre­no­bloise, le porte-parole du groupe d’analyse métro­po­li­tain (Gam) a poussé une autre porte : celle du par­quet natio­nal finan­cier. Avec une nou­velle cas­quette : celle de membre d’Anticor**, asso­cia­tion « contre la cor­rup­tion, pour l’é­thique en poli­tique ».

 

L’association et sa branche lyon­naise avaient déjà alerté le pré­fet de région en lui trans­met­tant en 2016 une note recen­sant tous les « dos­siers dou­teux », lyon­nais comme gre­no­blois. Dont le Crédit agri­cole, jus­te­ment, et la fête des Tuiles. Sans plus de réac­tion de la part des auto­ri­tés pré­fec­to­rales.

 

Défilé des géants lors de la fête des tuiles 2015 sur le cours Jean Jaurès à Grenoble. © Séverine Cattiaux - placegrenet.fr

Défilé des géants lors de la fête des tuiles 2015 sur le cours Jean-Jaurès à Grenoble. © Séverine Cattiaux – placegrenet.fr

 

A Lyon, Anticor n’est pas seule à s’in­té­res­ser aux affaires gre­no­bloises. La chambre régio­nale des comptes aussi. D’après nos infor­ma­tions, la juri­dic­tion finan­cière a, depuis plu­sieurs mois, com­mencé à éplu­cher les comptes de la Ville de Grenoble dans le cadre de ses mis­sions de contrôle des deniers publics. Et ses magis­trats s’in­té­res­se­raient de très près à cer­taines dépenses.

[…]
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Commentaires 2
  1. Par ailleurs, nul n’est besoin de révi­sion de la consti­tu­tion pour faire en sorte que les pro­cu­reurs ne soient pas nom­més en conseil des ministres sur pro­po­si­tion du Garde des sceaux, ce qui par ailleurs leur confé­re­rait l’au­to­rité judi­caire qu’ils n’ont pas aujourd’­hui (cf la juris­pru­dence « Medvedyev 1 » de 2008 de la CEDH qui a estimé que le pro­cu­reur ne pou­vait être consi­déré comme une auto­rité judi­ciaire au sens de l’ar­ticle 5§3 de la conven­tion : « le pro­cu­reur de la République n’est pas une auto­rité judi­ciaire au sens que la juris­pru­dence de la Cour donne à cette notion : comme le sou­lignent les requé­rants, il lui manque en par­ti­cu­lier l’indépendance à l’égard du pou­voir exé­cu­tif pour pou­voir être ainsi qua­li­fié » – ce qui pose tout de même un sacré pro­blème) et que l’ins­ti­tu­tion judi­ciaire gère son propre bud­get elle-même : il suf­fit d’une simple loi orga­nique – qui peut par ailleurs être prise par ordon­nance, comme ce fut le cas en 1958 avec l’or­don­nance du 22 décembre por­tant loi orga­nique rela­tive au sta­tut de la magis­tra­ture.
    Donc Mme Belloubet nous paie de mots car si on vou­lait réel­le­ment avan­cer sur ce dos­sier qui traîne depuis 2012 au bas mot, on pour­rait et très rapi­de­ment.

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  2. Nous ado­re­rions être atta­qués pour dénon­cia­tion calom­nieuse car cela nous per­met­tra de dérou­ler devant un juge d’ins­truc­tion l’in­té­gra­lité des autres affaires et des docu­ments affé­rents, ce qui aura pour effet que le Juge d’Instruction sera dans l’o­bli­ga­tion de sai­sir le Parquet pour toutes ces autres affaires.
    https://groupedanalysemetropolitain.com/2017/11/02/le-cas-de-la-fete-des-tuiles/

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