Immersion dans les coulisses du festival Cabaret frappé 2017 à Grenoble

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REPORTAGE VIDÉO – La 19édition du Cabaret frappé – 100 % gratuite – organisée par la Ville de Grenoble bat son plein au cœur du Jardin de ville depuis le samedi 15 juillet. Favorisée par une météo au beau fixe et la programmation concoctée par Loran Stahl, son directeur artistique, la fréquentation atteint cette année des sommets. Mais tout cela n’existerait pas sans le petit peuple des coulisses, tous ceux qui font le festival au quotidien et œuvrent pour le plus grand plaisir – musical s’entend – de tous.

 

 

Le Cabaret frappé, bat son plein – on ne peut mieux dire – au Jardin de ville de Grenoble. Depuis le samedi 15 juillet, près de 35 000 per­sonnes se sont déjà ren­dues au Jardin de ville pour assis­ter aux concerts qui se déroulent sur les deux scènes jus­qu’au jeudi 20 juillet. Un suc­cès dû certes à une météo au beau fixe ainsi qu’à la pro­gram­ma­tion de Loran Stahl, le direc­teur artis­tique du Cabaret frappé. Mais aussi et sur­tout aux équipes tech­niques qui œuvrent sans relâche en cou­lisses.

 

Des cou­lisses inac­ces­sibles au grand public que Place Gre’net vous fait décou­vrir ! Immersion vidéo au sein du petit vil­lage qui se cache der­rière les clô­tures du Cabaret Frappé.

 


Reportage Joël Kermabon

 

 

Dix heures du matin, le Cabaret frappé s’é­veille dou­ce­ment. Attablés devant la tente du cate­ring, enten­dez la can­tine éphé­mère où les repas sont ser­vis aux artistes et tech­ni­ciens, Sébastien Ortega, le direc­teur tech­nique du fes­ti­val, et Laure Nicoladzé, la régis­seuse géné­rale, sont en grand conci­lia­bule. Il s’a­git de faire un point infor­mel sur ce qui s’est passé la veille et sur ce qui est prévu pour une nou­velle jour­née, de nou­veaux concerts. Leur res­pon­sa­bi­lité est grande.

 

Plus un mètre carré de libre sur les pelouse de la roseraie. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Plus un mètre carré de libre sur les pelouse de la rose­raie. © Joël Kermabon – Place Gre’net

« Le chal­lenge c’est de bien accueillir le public dans de bonnes condi­tions pra­tiques et tech­niques, le tout dans une belle atmo­sphère. Ensuite, sur le pla­teau [la scène, ndlr] il faut que l’ac­cueil de l’ar­tiste se fasse lui aussi dans les meilleures condi­tions pos­sibles, notam­ment les condi­tions tech­niques », explique Loran Stahl.

 

C’est ce que va s’at­ta­cher à concré­ti­ser, dans une appa­rente faci­lité et avec flui­dité, la petite troupe d’in­ter­mit­tents du spec­tacle, « ces com­pa­gnons du spec­tacle vivant », pré­cise Loran Stahl, sans laquelle rien n’est pos­sible. The show must go on !

 

 

Pas de demandes extravagantes des artistes

 

 

Préparer les arri­vées du jour, aller cher­cher les artistes à la gare, voire à l’aé­ro­port c’est le job de Cédric, le « run­ner », tan­dis que, dans l’in­ter­valle, Olivia qui est char­gée de l’ac­cueil des artistes a déjà com­mencé à se pré­oc­cu­per des loges où ils pour­ront se détendre et attendre confor­ta­ble­ment l’heure de leur concert. Justement, Cédric est sur le point d’ef­fec­tuer un aller-retour pour aller cher­cher les membres du groupe Nouvelle vague avant de les confier à Olivia.

 

Part-time Friends. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Part-time Friends. © Joël Kermabon – Place Gre’net

« Les agents des artistes nous envoient au préa­lable un docu­ment ou figurent les demandes concer­nant les élé­ments tech­niques mais aussi les élé­ments à leur mettre en loge. À charge pour moi de contac­ter des four­nis­seurs pour leur four­nir tout ce dont ils ont besoin et qui per­met­tra de les accueillir cor­rec­te­ment », explique-t-elle.

 

Mais point de demandes extra­va­gantes ou lou­foques, comme on a pu le lire ici ou là. « Au contraire, les artistes nous demandent sou­vent de leur faire décou­vrir quelque chose, une spé­cia­lité du coin par exemple », pré­cise Olivia.

 

 

« Nous sommes tous collègues sur le plateau et nous nous entraidons »

 

 

Sur le pla­teau de la grande scène encore presque vide, le régis­seur et les tech­ni­ciens pla­teau Béo, Johan et Perrine s’ac­tivent. Le régis­seur pla­teau c’est le chef d’or­chestre de tout ce qui se passe tech­ni­que­ment par­lant sur scène. « Une fois qu’ils ont été accueillis, je mets en rela­tion les artistes avec tout ce qui va se pas­ser sur la scène. Je les pré­sente aux res­pon­sables de la régie lumière, de la régie son, des retours*, et je veille à ce que tout se passe bien », décrit Béo. Mais pas seule­ment, le régis­seur pla­teau doit éga­le­ment gérer le temps.

 

Installation en cours sur le plateau de la grande scène. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Installation en cours sur le pla­teau de la grande scène. © Joël Kermabon – Place Gre’net

« Je dois veiller à ce que les balances soient res­pec­tées, à ce que les concerts com­mencent et finissent à l’heure pour pou­voir ins­tal­ler le groupe d’a­près », pour­suit le régis­seur. Qui met aussi la main à la pâte. « Nous sommes tous col­lègues sur le pla­teau et nous nous entrai­dons quand il faut mon­ter une bat­te­rie ou dépla­cer un ampli », recon­naît-il.

 

Dan, c’est l’autre per­son­nage clé du pla­teau, le “back­li­ner, autre­ment dit la per­sonne en charge des ins­tru­ments. « Je dois m’as­su­rer que les groupes aient tout ce qu’il faut en matière d’ins­tru­ments. Surtout s’ils ne viennent pas, comme c’est le cas pour les musi­ciens étran­gers, avec les leurs propres », tra­duit Dan.

 

Mais bien sûr, concer­nant les musiques ampli­fiées, les ins­tru­ments seuls ne suf­fisent pas. Encore faut-il des micros, des câbles qui les relient aux régies son. Ça c’est le domaine réservé de Perinne, tech­ni­cienne pla­teau. « Moi, je gère tout ce qui est audio. Une fois que tout le maté­riel est ins­tallé – pra­ti­cables, bat­te­rie et autres ins­tru­ments – , j’ar­rive avec mes plans de scène, mes micros, mes kits modules et mes câbles et je cale tout ça », nous pré­cise-t-elle.

 

 

Gérer les oreilles des musiciens

 

 

Côté cour, c’est le repaire de Manu, le régis­seur « retours » du fes­ti­val. Devant ses consoles, il gère quant à lui « les oreilles des musi­ciens ». Pourquoi une régie retours nous éton­nons-nous ? Sur les fes­ti­vals d’une cer­taine taille « le tech­ni­cien de la régie « façade » ne bosse que pour le public et celui des retours ne tra­vaille que pour les musi­ciens qui sont sur scène », nous explique le tech­ni­cien.

 

La régie son lors des balances. © Joël Kermabon - Place Gre'net

La régie son lors des balances. © Joël Kermabon – Place Gre’net

En face de la scène, à quelques dizaines de mètres de dis­tance, trônent les struc­tures des régies son et lumière ainsi que l’es­pace réservé aux camé­ras du pres­ta­taire assu­rant la cap­ta­tion et la réa­li­sa­tion vidéo des concerts. Pierre Motet, le boss de la régie son cha­peaute tous les aspects sonores du fes­ti­val.

 

Que cela soit le son « façade », celui des retours ou encore le son vidéo, tout passe par ses consoles. Il est notam­ment de sa res­pon­sa­bi­lité de gérer les niveaux, un point très impor­tant sur­tout pour les rive­rains d’un fes­ti­val se dérou­lant en plein centre-ville. C’est éga­le­ment le super­vi­seur des fameuses balances qui pré­cèdent tout concert digne de ce nom.

 

Lucille Crew. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Lucille Crew. © Joël Kermabon – Place Gre’net

Juste au-des­sus c’est le domaine de Seb, le régis­seur lumières. « Contrairement à ce qui se passe lors­qu’on accueille un artiste dans un lieu donné où il arrive avec son plan de feux**, là c’est moi qui crée tout le design lumi­neux du Cabaret frappé et les groupes s’a­daptent à ce que j’ai créé », nous confie-t-il non sans fierté.

 

Et, bien sûr, s’a­gis­sant de musiques ampli­fiées, tout cela n’au­rait pas été pos­sible sans la fée élec­tri­cité dont Jérémy, l’élec­tri­cien asser­menté du Cabaret frappé, a assuré et super­visé la redis­tri­bu­tion vers tous les corps de métiers dans tous recoins du fes­ti­val.

 

 

« Nous avons besoin de professionnels qui font de la production »

 

 

Reste que tout ce tra­vail pré­pa­ra­toire aux concerts semble – en tout cas pour le néo­phyte – s’ef­fec­tuer dans la flui­dité et une mutuelle com­pré­hen­sion des besoins des uns et des autres. Bref, tout un état d’es­prit. Ce n’est pas un hasard, comme nous explique Loran Stahl.

 

Balani Sound System. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Balani Sound System. © Joël Kermabon – Place Gre’net

 

« Nous avons l’o­bli­ga­tion de bien accueillir nos artistes mais aussi les pro­fes­sion­nels qui font de la pro­duc­tion, qui sont là en amont, en contact avec tous les artistes […] Il y a le geste, la pro­fes­sion­na­li­sa­tion. Je suis vrai­ment ravi qu’il y ait des gens au sein des équipes qui aient évo­lué dans le temps. Notamment en pas­sant des habi­li­ta­tions tech­niques ou en fai­sant des études plus appro­fon­dies par rap­port à telle ou telle mis­sion ou corps de métiers », se féli­cite le direc­teur artis­tique.

 

De fait, le Cabaret frappé est une machine bien réglée, bien hui­lée et c’est un des autres motifs de satis­fac­tion de Loran Stahl qui s’en explique.

 

 

 

Joël Kermabon

 

 

  • * Sur scène, les musi­ciens et chan­teurs ont besoin de s’en­tendre dis­tinc­te­ment pour jouer et  chan­ter ensemble. Sans retour, ils sont gênés par le niveau sonore de l’en­semble des ins­tru­ments et amplis et cela com­pro­met leur pres­ta­tion scé­nique. Pour remé­dier à ces pro­blèmes, il faut pré­voir un (ou plu­sieurs) retour(s) de scène, c’est-à-dire haut(s)-parleur(s) posi­tion­nés aux pieds de chaque exé­cu­tant afin de per­mettre au musi­cien d’en­tendre ce qu’il pro­duit.

 

** Plan dési­gnant la posi­tion, l’o­rien­ta­tion et le réglage des pro­jec­teurs sur une scène. Il est uti­lisé par les tech­ni­ciens pour le mon­tage du maté­riel et le régis­seur lumières.

 

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