La Cisem demande à Emmanuel Macron d’intervenir en faveur des migrants en Isère

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Les organisations composant la Coordination iséroise de solidarité avec les étrangers migrants (Cisem) viennent de faire parvenir une lettre ouverte au président de la République. L’objectif de cette missive ? Lui demander de peser de tout son poids auprès du préfet de l’Isère pour que les situations des étrangers demandeurs d’asile et de séjour soient enfin considérées de façon « humaine et positive ».

 

 

Manifestation en faveur des migrants. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

Manifestation en faveur des migrants. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

La Cisem s’in­quiète, ce 23 juin, de situa­tions presque cri­mi­na­li­sées. « Parce qu’ils sont étran­gers, ils font de plus en plus l’objet de refus de séjour quasi géné­ra­li­sés sans véri­table consi­dé­ra­tion humaine de leurs dos­siers et ils sont pla­cés dans des situa­tions incom­pré­hen­sibles voire kaf­kaïennes, bien loin des valeurs répu­bli­caines de notre pays ins­crites au fron­ton de nos mai­ries », sou­lignent les membres du col­lec­tif.

 

Qui s’é­tonnent d’au­tant plus de cet état de fait que 70 % des deman­deurs d’asile et au moins 75 % des deman­deurs de séjour débou­tés n’ont pas voca­tion à res­ter en France. « Que deviennent celles et ceux qui ont déjà déposé des dos­siers en pré­fec­ture et sont chez nous depuis des années ? », s’in­ter­roge encore la Cisem.

 

 

Un climat qui nuit gravement à l’équilibre des enfants

 

 

Le col­lec­tif évoque les dif­fi­ciles réa­li­tés du ter­rain. « Nous sommes confron­tés constam­ment à des refus de dos­siers ou de renou­vel­le­ment de titres de séjour avec obli­ga­tion de quit­ter le ter­ri­toire assor­tis d’interdiction de retour de 1 an voire 2 ans ou plus, avec assi­gna­tion à rési­dence », s’in­digne-t-il.

 

La Cisem rap­pelle éga­le­ment, non sans s’en émou­voir, que ces mesures frappent indif­fé­rem­ment « des familles depuis de nom­breuses années dans notre pays, dont les enfants sont sco­la­ri­sés dans nos écoles, nos col­lèges, nos lycées, et alors même que les parents ont des pos­si­bi­li­tés de tra­vail avé­rées ou [ont] même eu l’autorisation de tra­vailler jusqu’à être des sala­riés en CDI ».

 

C’en est trop pour la coor­di­na­tion, qui évoque notam­ment l’ex­trême incon­fort vécu par les plus jeunes. « Tout un cli­mat qui nuit gra­ve­ment à l’équilibre psy­cho­lo­gique et affec­tif et au déve­lop­pe­ment des enfants qui res­sentent l’angoisse de leur entou­rage et vivent dans une constante incer­ti­tude, insé­cu­rité, pré­ca­rité qui nuit gra­ve­ment à leur déve­lop­pe­ment », décrit-elle.

 

Accueil de migrants de Calais sur le campus de Saint-Martin-d'Hères. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Accueil de migrants de Calais sur le cam­pus de Saint-Martin-d’Hères. © Joël Kermabon – Place Gre’net

 

Et de regret­ter que « des jeunes ayant besoin d’avoir un ensei­gne­ment adapté ne [puissent] pas s’inscrire pour une for­ma­tion pro­fes­sion­nelle s’ils n’ont pas une carte de séjour ! »

 

 

« Ce serait à l’honneur de la France »

 

 

La coor­di­na­tion isé­roise recon­naît quelques avan­cées signi­fi­ca­tives, tout en les jugeant insuf­fi­santes. « Certes, de nou­velles mesures ont été prises récem­ment pour l’instruction des demandes d’étrangers malades, en accor­dant aussi le droit au tra­vail aux parents d’enfants malades. Mais il n’y a pas encore eu beau­coup de retours, et nous avons encore beau­coup trop d’étrangers dont l’état de santé est reconnu “d’une gra­vité cer­taine” voire même d’une “excep­tion­nelle gra­vité” qui ont fait l’objet de refus alors même qu’ils ne peuvent pas accé­der dans leur pays d’origine aux trai­te­ments qui leur sont néces­saires », explique-t-elle.

 

La Cisem enfonce donc le clou auprès d’Emmanuel Macron. « Nous vous deman­dons d’intervenir auprès du pré­fet de l’Isère pour que les situa­tions évo­quées soient consi­dé­rées de façon humaine et posi­tive. Nous vous deman­dons éga­le­ment de tout mettre en œuvre pour qu’une véri­table régu­la­ri­sa­tion des sans papiers, qui appor­te­rait notam­ment une solu­tion au pro­blème dra­ma­tique de l’hébergement des migrants, soit ins­tau­rée dans notre pays […] au lieu de ce maillage d’exclusion et de repli fri­leux sur soi qui met en cause non seule­ment des mil­liers de des­ti­nées mais aussi les valeurs fon­da­men­tales de notre société. Ce serait à l’honneur de la France », conclut le col­lec­tif.

 

 

JK

 

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