Premier tour en Isère : satis­fac­tions, décep­tions, décla­ra­tions… et prospectives

Premier tour en Isère : satis­fac­tions, décep­tions, décla­ra­tions… et prospectives

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FOCUS – Emmanuel Macron et Marine Le Pen en tête, les Républicains et le Parti socia­liste bat­tus, la dyna­mique Mélenchon cou­pée dans son élan… La soi­rée élec­to­rale du 23 mars 2017, à la pré­fec­ture comme sur les réseaux sociaux, a été l’oc­ca­sion de nom­breuses décla­ra­tions. De nom­breuses décep­tions aussi. Et de regards déjà tour­nés vers le second tour. 

Stéphane Gemmani au soir du 23 avril © Yuliya Ruzhechka - Place Gre'net

Stéphane Gemmani au soir du 23 avril. © Yuliya Ruzhechka – Place Gre’net

À 20 heures, tombe la nou­velle : Emmanuel Macron et Marine Le Pen face à face au second tour de l’é­lec­tion présidentielle.

Onze minutes plus tard, le pre­mier com­mu­ni­qué arrive dans les boîtes des rédac­tions. Sans sur­prise, c’est Stéphane Gemmani qui réagit avec son habi­tuelle promptitude.

Le conseiller régio­nal d’op­po­si­tion, sou­tien affirmé du can­di­dat d’En Marche, voit dans ce vote la « volonté de rompre pro­fon­dé­ment avec un modèle de gou­ver­nance poli­tique et de société incarné depuis des décen­nies ».

Les socia­listes ral­liés à Macron

Soirée électorale à la Préfecture de Grenoble. 23 avril 2017. © Yuliya Ruzhechka - Place Gre'net

Olivier Veran, le 23 avril 2017. © Yuliya Ruzhechka – Place Gre’net

Candidat du Parti socia­liste pour les pro­chaines élec­tions légis­la­tives et cepen­dant ral­lié à Macron, Olivier Véran fait éga­le­ment part de sa satis­fac­tion. Lui ne doute pas de la vic­toire de son cham­pion au second tour. « Emmanuel Macron sera un pré­sident jeune, le plus jeune de la 5e République », nous dit-il sans ambages.

Pour Olivier Véran, l’é­chec du can­di­dat socia­liste Benoît Hamon est avant tout l’é­chec des “fron­deurs” et de leur cam­pagne « trop tour­née vers l’ex­trême-gauche ». Pour lui, l’en­jeu est à pré­sent de se « ras­sem­bler dans la pers­pec­tive du second tour face au Front natio­nal ».

Autre socia­liste n’ayant pas caché sa proxi­mité avec Emmanuel Macron, le député de la hui­tième cir­cons­crip­tion de l’Isère Erwann Binet salue sur Facebook « le choix d’une France ouverte, ras­sem­blée, juste et ambi­tieuse ». Et tacle au pas­sage un Benoît Hamon qui « ne reflète ni le poids du PS ni celui de ses idées chez les Français ».

Face au Front natio­nal, juge encore Erwann Binet, « Emmanuel Macron va devoir ras­sem­bler les Français dès aujourd’hui et nous devons le rejoindre sans une once d’hésitation ».

Reportage : Joël Kermabon.

Pas de consignes de vote de Jean-Pierre Barbier

Côté UDI, Damien Guiguet, maire – dans la tour­mente – de Meylan, a annoncé rapi­de­ment son sou­tien à Emmanuel Macron. Non sans en tirer des conclu­sions d’ordre géné­ral. « Il s’a­git […] d’en­tendre l’as­pi­ra­tion à une recom­po­si­tion de la vie poli­tique qui s’est expri­mée ce soir », écrit-il. Emmanuel Macron a été qua­li­fié pour le second tour à plus de 34 % par les élec­teurs meylanais.

Mais le ras­sem­ble­ment n’est pas évident pour tout le monde. À droite, le pré­sident du Conseil dépar­te­men­tal de l’Isère refuse de don­ner une consigne de vote pour le second tour. « J’ai fait un choix qui res­tera per­son­nel », écrit-il dans un com­mu­ni­qué. Pour Jean-Pierre Barbier, l’heure est « à la résis­tance pour le bien de notre pays ».

Lionel Beffre, préfet de l'Isère, et Eric Piolle discutent des résultats du premier tour de la présidentielle. © Yuliya Ruzhechka - Place Gre'net

Lionel Beffre, pré­fet de l’Isère, et Eric Piolle dis­cutent des résul­tats du pre­mier tour de la pré­si­den­tielle. © Yuliya Ruzhechka – Place Gre’net

La résis­tance ? « J’encourage désor­mais les élec­teurs à res­ter mobi­li­sés en vue des élec­tions légis­la­tives, qui sont le véri­table enjeu. Nous devrons bâtir une majo­rité d’opposition par­le­men­taire forte », écrit encore Jean-Pierre Barbier. Et en “bon” pré­sident du Département, celui-ci pré­vient : « Je ferai plei­ne­ment cam­pagne pour que nos can­di­dats en Isère réus­sissent à gagner la cir­cons­crip­tion où ils se pré­sentent »,

À Grenoble, droite et gauche appellent à voter Macron

Matthieu Chamussy, conseiller muni­ci­pal d’op­po­si­tion de Grenoble et figure de la droite gre­no­bloise, se montre pour sa part plus démons­tra­tif. C’est sur Twitter qu’il poste un mes­sage aussi lim­pide que laco­nique : « Nous serons, je l’es­père, une large majo­rité le 7 mai à voter Emmanuel Macron. »

Soirée électorale à la Préfecture de Grenoble. 23 avril 2017. © Yuliya Ruzhechka - Place Gre'net

Eric Piolle. © Yuliya Ruzhechka

Même appel du côté de la majo­rité gre­no­bloise. Le maire de Grenoble Éric Piolle avait annoncé voter Jean-Luc Mélenchon au pre­mier tour. Alors même que son parti Europe-Écologie les Verts avait ral­lié la can­di­da­ture Hamon, et que son conseiller muni­ci­pal Pierre Mériaux était nommé “mon­sieur mon­tagne” du can­di­dat socialiste.

À pré­sent, pour contrer Marine Le Pen, Éric Piolle votera pour « l’ul­time can­di­dat d’un monde qui s’é­croule », ainsi qu’il l’é­crit lui aussi sur Twitter. Mais tout comme Jean-Pierre Barbier côté droite, le maire de Grenoble regarde les législatives.

Et appelle au ras­sem­ble­ment « pour construire une majo­rité citoyenne écolo et soli­daire au par­le­ment ».

Le Front natio­nal au second tour ? « Toujours un choc », nous confie Éric Piolle. Qui ne cache pas sa décep­tion : « Il n’y a pas eu la capa­cité de ras­sem­ble­ment à gauche. Pour la pre­mière fois, un can­di­dat du ras­sem­ble­ment de la gauche et des éco­lo­gistes était en capa­cité d’être au second tour et de gagner. »

Reportage : Joël Kermabon.

Mélenchon en tête à Grenoble, Fontaine, Échirolles et Saint-Martin-d’Hères

Si la France votait comme Grenoble, le can­di­dat des Insoumis aurait été au second tour. La cité des Alpes compte en effet parmi les quelques villes en Isère ayant porté Jean-Luc Mélenchon en tête du pre­mier tour. Au coude à coude tou­te­fois avec Emmanuel Macron : le pre­mier a rem­porté 28,88 % des suf­frages, le second… 28,64 %.

La vic­toire de Jean-Luc Mélenchon à Saint-Martin-d’Hères (32,61 %), neuf points devant le can­di­dat du mou­ve­ment En marche, s’a­vère somme toute bien plus spec­ta­cu­laire. À noter qu’à Fontaine ou Échirolles, c’est encore Jean-Luc Mélenchon qui s’im­pose en tête. En le pla­çant en qua­trième posi­tion, loin der­rière Emmanuel Macron et même François Fillon, La Tronche ferait presque figure d’ex­cep­tion au sein des com­munes proches de Grenoble.

Annie David, sénatrice de l’Isère © Yuliya Ruzhechka - Place Gre'net

Annie David, séna­trice com­mu­niste de l’Isère. © Yuliya Ruzhechka – Place Gre’net

« À Échirolles, Fontaine et Saint-Martin-d’Hères, Jean-Luc Mélenchon est lar­ge­ment en tête et le FN ne fait pas un très bon score, observe la séna­trice com­mu­niste de l’Isère Annie David. On s’en réjouit, cela valide le tra­vail de nos élus et mili­tants. » Sans cacher sa décep­tion face au score natio­nal des Insoumis, elle veut voir aussi le côté posi­tif : « Il y a trois mois, on n’au­rait pas ima­giné ce score de plus de 19 % ! »

Et au-delà des regrets, les voix se portent déjà vers l’a­ve­nir, telles celles du conseiller muni­ci­pal Alan Confesson qui lance, à son tour, un appel à la résis­tance : « Il faut aussi avoir à l’esprit, dès à pré­sent, qu’il nous fau­dra prendre toute notre part à l’ir­rup­tion des mou­ve­ments sociaux qui devront affron­ter la poli­tique de casse sociale de Macron. »

Le Front natio­nal isé­rois éga­le­ment mobilisé

Face au “tout sauf Marine” porté par nombre de can­di­dats, la conseillère muni­ci­pale d’op­po­si­tion de Grenoble et dépu­tée euro­péenne FN Mireille d’Ornano affiche dans un com­mu­ni­qué sa « déter­mi­na­tion à défendre la France et les Français ».

« D’où que nous venions, il est temps de faire un choix déci­sif, entre celui de la conti­nuité avec les 10 années pré­cé­dentes ou du chan­ge­ment, le vrai », écrit encore Mireille d’Ornano. Qui clame sur Twitter son espoir de « rem­por­ter la vic­toire de la France des patriotes ».

Secrétaire dépar­te­men­tal du Front natio­nal 38, Thibaut Monnier juge pour sa part les résul­tats de son parti « his­to­riques » en Nord Isère. Avant d’as­su­rer être per­suadé de la vic­toire de Marine Le Pen au second tour, grâce à « un report des voix de droite ».

La soi­rée élec­to­rale du pre­mier tour à peine ache­vée, l’heure est donc déjà, dans tous les camps, aux pros­pec­tives… et perspectives.

Florent Mathieu

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