Cœurs de ville, cœur de Métropole : le “village” Championnet veut se faire entendre

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FOCUS – L’Association des commerçants Championnet – Lakanal et l’Union de quartier Championnet tiennent à faire entendre leur voix, collective et concertée, dans le cadre du projet Cœurs de ville, cœur de Métropole. Une manière pour le quartier de faire valoir son caractère de « village ». La Métro semble avoir entendu le message…

 

 

 

 

« Notre pro­jet est col­lec­tif, réflé­chi par des gens qui vivent et habitent dans le quar­tier. » Nicolas Trouillon, pré­sident de l’Association des com­mer­çants Championnet – Lakanal, ne cherche pas à s’op­po­ser radi­ca­le­ment au plan Cœurs de Ville, cœur de Métropole pro­posé par la Métro. Mais il sou­haite très clai­re­ment faire entendre sa voix, secondé en cela par Guy Waltisperger, pré­sident de l’Union de quar­tier Championnet.

 

Habitants et commerçants ensemble pour défendre leur projet. De gauche à droite : Georges et Frédéric Champavier, deux habitants, Maria Vitale (la Corde à linge), Nicolas Trouillon (Pharmacie Trouillon-Tritto), président de l'Association des commerçants, Guy Waltisperger, président de l'Union de quartier, Bernadette Henuset (BH Studios) et François Bazes (la Talemelerie), vice-président de la CCI. © Florent Mathieu - Place Gre'net

Habitants et com­mer­çants ensemble pour défendre leur pro­jet. De gauche à droite : Georges et Frédéric Champavier, deux habi­tants, Maria Vitale (la Corde à linge), Nicolas Trouillon (Pharmacie Trouillon-Tritto), pré­sident de l’Association des com­mer­çants, Guy Waltisperger, pré­sident de l’Union de quar­tier, Bernadette Henuset (BH Studios) et François Bazes (la Talemelerie), vice-pré­sident de la CCI. © Florent Mathieu – Place Gre’net

 

L’un de leurs griefs ? La volonté de la Métro de pié­ton­ni­ser le sec­teur. « On ne veut pas pas­ser au tout pié­ton d’une manière trop rapide ou radi­cale, explique Nicolas Trouillon. Ce que l’on demande, c’est quelque chose d’é­vo­lu­tif, que les com­mer­çants puissent avoir une idée de ce que peut être une fré­quen­ta­tion pié­tonne plus impor­tante. Et si, dans deux ou trois ans, tout le monde demande du pié­ton, on ne pourra pas leur refu­ser ! Mais cela per­met de ne pas pro­vo­quer une rup­ture dans le cir­cuit com­mer­cial du quar­tier. »

 

Et Nicolas Trouillon d’in­sis­ter : « Dans tout cela, c’est com­mer­çants ET habi­tants. Ce n’est pas : les com­mer­çants veulent de la voi­ture, les habi­tants veulent du pié­ton et on ne les écoute pas. Les habi­tants ont tout de même envie de pou­voir accé­der à chez eux. Si on ne veut que du pié­ton, on peut habi­ter dans les vieilles rues en ville. »

 

 

 

Des trottoirs plus larges et végétalisés

 

 

L’Union des com­mer­çants et l’Union de quar­tier ont ainsi demandé à un cabi­net d’ar­chi­tectes de réa­li­ser des modèles 3D de leur pro­jet. On y découvre une rue Lakanal dotée de trot­toirs beau­coup plus larges, végé­ta­li­sés, avec moins de places de par­king. Et deux chi­canes obli­geant les voi­tures à rou­ler à faible allure, car l’i­dée est bel et bien de créer une « zone 20 ».

 

La place Championnet se ver­rait, pour sa part, refaire une beauté. Nicolas Trouillon explique la démarche : « On garde la ton­nelle, mais il faut enle­ver les murs et les haies. Et on deman­de­rait un dépla­ce­ment de l’a­bri­bus sur la rue Lesdiguières, juste à une tren­taine de mètres. » L’idée ? Faire place nette, et pour­quoi pas pro­po­ser un kiosque qui serait géré en bonne entente par les dif­fé­rents com­mer­çants du quar­tier.

 

La rue Lakanal, plus de trottoir, moins de voitures, sans pour autant passer au tout-piéton. © DR

La rue Lakanal, avec plus de trot­toir et moins de voi­tures, sans pour autant pas­ser au tout-pié­ton. © DR

 

Dernier point : amé­lio­rer le lien entre la Place Championnet et la Caserne de Bonne, qui se situe tout près. Il est vrai que le pié­ton pas­sera de l’un à l’autre en emprun­tant des rues pour le moins aus­tères, comme une étrange pas­se­relle entre deux mondes, phé­no­mène cou­rant dans une ville aux quar­tiers très seg­men­tés comme Grenoble.

 

Les habi­tants et com­mer­çants du quar­tier sou­haitent par exemple que la rue Doudart de Lagrée, qui relie le centre com­mer­cial de la Caserne de Bonne au quar­tier Championnet, soit plus accueillante et plus sûre pour les pié­tons, et éga­le­ment mieux pen­sée pour les per­sonnes âgées ou à mobi­lité réduite.

 

 

 

Chœur de quartier contre Cœur de Métropole

 

 

Une chose est cer­taine : s’ils jugent que leur pro­jet est, à bien des égards, com­pa­tible avec Cœurs de ville, cœur de Métropole, les repré­sen­tants des com­mer­çants et des habi­tants du quar­tier Championnet plaident la concer­ta­tion et n’en­tendent pas se faire dic­ter des amé­na­ge­ments par des per­sonnes exté­rieures, concer­ta­tion métro­po­li­taine ou pas.

 

Finis les haies et les murets, une place plus aérée avec un kiosque. © DR

Finis les haies et les murets, demain, une place plus aérée avec un kiosque. © DR

 

« Quand on dis­cute avec des poli­tiques, ils nous disent que des gens à Vizille, par exemple, aime­raient bien que tout soit pié­ton, ici. Si des gens veulent venir faire des courses dans notre quar­tier, nous sommes vrai­ment flat­tés et heu­reux, mais de là à ce que l’a­vis de per­sonnes qui habitent à trente kilo­mètres impacte sur la déci­sion finale et les 5 000 habi­tants du quar­tier… »

 

 

 

Le village Championnet : un Marais grenoblois

 

 

« Ce que l’on fait sur Championnet, plein de quar­tiers en rêvent, estime Guy Waltisperger. D’avoir pu faire cette concer­ta­tion entre com­mer­çants et habi­tants, c’est quelque chose qui prend graine et qui est en train de pous­ser dans d’autres quar­tiers ! »

 

Et François Bazes, vice-pré­sident de la CCI et diri­geant de la Talemelerie, de mettre en avant le côté “vil­lage” du quar­tier Championnet. Un « Marais gre­no­blois » (en réfé­rence au quar­tier pari­sien) qui aurait favo­risé ce rap­pro­che­ment et cette concer­ta­tion afin de pro­po­ser un pro­jet alter­na­tif.

 

Présentation déambulatoire rue Lakanal. © Florent Mathieu - Place Gre'net

Présentation déam­bu­la­toire rue Lakanal. © Florent Mathieu – Place Gre’net

 

Marais gre­no­blois, ou « Place des Bobos », ainsi que l’af­firme un tag sur un mur de la place Championnet ? Les com­mer­çants et habi­tants assument volon­tiers, et le prennent avec humour : « En géné­ral, les gens pré­fèrent vivre dans un quar­tier bobo que dans une cité. Et puis, ça vaut mieux que Place des Connards ! »

 

De son côté, Christophe Ferrari, pré­sident de la Métro, indique dans un com­mu­ni­qué avoir « pris connais­sance avec inté­rêt de la contri­bu­tion » des com­mer­çant et habi­tants du quar­tier. Elle témoigne, selon lui, « d’une volonté de croi­ser les regards », « vien­dra enri­chir le bilan de la concer­ta­tion qui s’est tenue du 26 sep­tembre au 7 novembre der­niers » et « sera exa­mi­née avec toute l’at­ten­tion qu’elle mérite ».

 

 

 

Florent Mathieu

 

 

MC2 - Saison 2020-21
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Commentaires 3
  1. Pour GAM : Créer des par­kings en pleine ville pour réduire la cir­cu­la­tion des voi­tures ? Hmmm … pas vrai­ment non. Les voi­tures devront bien cir­cu­ler pour accé­der à ces par­kings .….

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  2. euh.…

    pour y habi­ter je reste pan­tois surl’ar­ticle.
    La réfec­tion de la place Marval a été une conne­rie sans inté­rêt (ah si, cou­per les arbres)

    Au lieu de jeter de la pourdre aux yeux, il y a deux bâti­ments, celui de la secu rue Thiers, celui de la rue Genissieu qui a été détruit.
    Préemptez et faite des immeubles de par­king (acces­sible au tarif résident) et APRES virez les voi­tures du quar­tier

    Sinon ca va encore être le bor­del plus qu’a­vant.…

    Puis si c’est pour voir les bouilles des auto satis­faits qui inau­gures et se font prendre en photo… ils iront voir ailleurs.

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  3. Non, la métro n’a pas com­pris le mes­sage car ce qui est demandé par le col­lec­tif Grenoble à Coeur (http://grenoble-coeur.blogspot.fr/p/homepage.html) est un mora­toire sur CVCm en l’é­tat.

    Le com­mu­ni­qué du Président de la Métro est ahu­ris­sant : il ne lui est pas demandé de consi­dé­rer inclure ce que les habi­tants et les com­mer­çants pro­posent dans la concer­ta­tion « caviar­dée » – il n’y a pas d’autre mots vu la manière dont elle est conduite, sans enquête publique ni com­mis­saire enquê­teur – en cours.

    MORATOIRE : on arrête tout et on reprend tout depuis de début. Mais il va fal­loir leur dire com­ment à ces élus ? En des­cen­dant dans la rue ?
    Ca tombe bien on fait ça lundi pro­chain.

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