Plateforme migrants, Migrant’scène… Grenoble se réaffirme comme terre d’accueil

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FOCUS – La Ville de Grenoble, la Métropole et les associations d’aide aux réfugiés et migrants entendent bien continuer à faire de Grenoble une terre d’accueil. Plateforme migrants, festival Migrant’scène, états généraux des migrations… Autant d’outils et d’événements qui visent à accueillir les réfugiés dans de bonnes conditions. Point d’étape sur ces initiatives.

 

 

 

Claude Coutaz, Éric Piolle et Bernard Macret entourés des militants de la Cimade, de l'Apardap et de Migrants en Isère lors de la présentation du bilan de la plateforme migrants. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Claude Coutaz, Éric Piolle et Bernard Macret entourés des militants de la Cimade, de l’Apardap et de Migrants en Isère lors de la présentation du bilan de la plateforme migrants. © Joël Kermabon – Place Gre’net

« Nous avons la fierté de voir que, jours après jours, les habitants de l’agglomération répondent présents pour aider, à hauteur de leurs moyens, tous ceux qui ont tout quitté, tous ceux qui ont tout perdu pour arriver ici. »

C’est par ce constat qu’Éric Piolle, le maire de Grenoble, tient à souligner, autant qu’à réaffirmer, « la vocation de terre d’accueil » de Grenoble.

 

Outre sa participation depuis 2015 au réseau des villes solidaires, cette vocation s’est concrétisée par l’ouverture d’une plateforme de coordination. Son but ? Recueillir les propositions d’accueil et d’aide des habitants volontaires, des associations ou encore des œuvres de charité désirant apporter leur concours à l’accueil de réfugiés.

 

S’ajoutent à cette initiative deux temps forts. Tout d’abord, le festival Migrant’Scène organisé par le Comité inter-mouvements auprès des évacués (Cimade) qui se déroule du 15 novembre au 3 décembre à Grenoble, Seyssins et Saint-Martin-d’Hères. Puis, les 1er États généraux des migrations organisés par le collectif Migrants en Isère qui établiront leurs quartiers à la MC2, dans la continuité du premier, le 3 décembre.

 

 

 

Plus de 400 propositions enregistrées sur la plateforme migrants

 

 

Après un premier bilan établi au mois de juin 2016 par Bernard Macret, l’adjoint aux solidarités internationales, Claude Coutaz, conseiller municipal, revient sur les derniers chiffres enregistrés par la plateforme migrants de la ville de Grenoble située à la Maison de l’international.

 

Une pancarte lors de la manifestation pro-migrants et anti FN. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Une pancarte lors d’une manifestation pro-migrants et anti FN. © Joël Kermabon – Place Gre’net

« Depuis septembre 2015, nous avons enregistré plus de 400 propositions de la part des Grenoblois ou d’habitants des communes alentours, dont certaines ont permis le relogement de nombreuses familles d’origines diverses », se félicite l’élu.

 

Qui précise que parmi ces offres d’aide, outre celles offrant une possibilité d’hébergement – qu’elle soit au long terme ou temporaire – , figurent « d’autres formes d’aides tout aussi fondamentales ». Notamment de l’assistance juridique ou administrative, de la traduction, des cours de français, des dons de vêtements…

 

 

 

Le bouche à oreille a bien fonctionné

 

 

Concernant plus particulièrement l’hébergement, pour pallier l’absence d’autres solutions, due selon Claude Coutaz, « à la carence de l’État », l’élu cite quelques-unes des propositions parvenues sur la plateforme. Telle celle d’un couple de propriétaires de Voiron qui a prêté pour quelques mois un T1 à Grenoble à une famille avec deux enfants. Ou encore une famille du Trièves qui a proposé d’accueillir dans sa maison de vacances une famille avec enfants durant le mois de juillet.

 

Accueil des migrants en provenance de Calais sur le campus de Saint-martin-d'Hères. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Accueil des migrants en provenance de Calais sur le campus de Saint-Martin-d’Hères. © Joël Kermabon – Place Gre’net

L’élu est particulièrement satisfait de l’effet de bouche à oreille. « Ça s’est su [l’existence de la plateforme, ndlr], cela a essaimé, permettant ainsi à des personnes habitant assez loin de Grenoble de s’emparer de cet outil. Et ça continue ! », se réjouit-il. Car d’autres propositions y affluent régulièrement.

 

De quoi permettre la mise en relation avec les associations participantes (voir encadré). Au nombre d’entre elles, Migrants en Isère, la Coordination iséroise de solidarité avec les étrangers migrants (Cisem), la Communauté de l’Université Grenoble-Alpes (Comue), ou encore des collectifs qui naissent un peu partout en Isère. « Les gens avaient envie de faire quelque chose, ils ont pu le faire. C’est un échange dont chacun a pu bénéficier et s’enrichir », conclut le conseiller municipal.

 

 

 

« Le public va pouvoir rencontrer des accueillis »

 

 

Affiche du festival Migrant'scène. © Cimade

Affiche du festival Migrant’scène. © Cimade

Au nombre de ces associations, la Cimade. Cette dernière organise tous les ans depuis 2006, à l’échelle nationale, son festival Migrant’scène. Avec pour thème cette année D’ici et d’ailleurs : ensemble, l’événement se veut un lieu de rencontres et d’échanges avec le public s’appuyant sur la présentation de films, de pièces de théâtre, d’expositions et sur diverses animations.

 

« Le public va pouvoir également rencontrer des demandeurs d’asile, des accueillis, complète un responsable de la Cimade. Il va pouvoir, et c’est l’objectif du festival, porter un autre regard, non plus sur des statistiques mais sur des personnes avec lesquelles il pourra échanger et avoir une vraie relation »

 

Pour autant, la participation des migrants ne s’arrêtera pas à ce seul festival. « Ils vont également participer aux actions de sensibilisation que la Cimade mène tout au long de l’année », ajoute le militant associatif.

 

 

 

Trois temps forts

 

 

Trois temps forts jalonneront le programme du festival Migrant’scène. Tout d’abord, l’ouverture du festival ce mardi 15 novembre dans le salon d’honneur de l’hôtel de Ville. À l’affiche, deux formes courtes de pièces de théâtre : « Y a-t-il trop d’étrangers sur cette Terre ? » par le Théâtre du Réel et un extrait de la pièce « N. par les frontières » par la troupe Les indisciplinés de l’Association de parrainage républicain des demandeurs d’asile et de protection (Apardap).

 

Accueil de migrants de Calais sur le campus de Saint-Martin-d'Hères. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Accueil de migrants de Calais sur le campus de Saint-Martin-d’Hères. © Joël Kermabon – Place Gre’net

Deuxième temps fort, la journée des migrations qui se déroulera le 19 novembre de 12 h 30 à 22 heures à la Villeneuve. Repas citoyen, scène ouverte au Barathym et théâtre à l’Espace 600 ponctueront cette journée.

 

Enfin, dans un troisième temps, une journée portes ouvertes le 24 novembre à partir de 12 heures à 19 heures est organisée au Centre d’accueil des demandeurs d’asile (Cada). L’occasion pour le public de découvrir la vie des demandeurs d’asile pendant l’instruction de leur dossier.

 

 

 

« Les migrations, parlons-en ! »

 

 

Toute une palette d’événements dont les 1er États généraux des migrations seront le point d’orgue, le 3 décembre à la MC2, donc. Ils sont organisés par Migrants en Isère, collectif de 14 associations d’accompagnement des migrants au quotidien (voir encadré).

 

Affiche des 1er États généraux des migrations. © Migrants en Isère

Affiche des 1er États généraux des migrations. © Migrants en Isère

De quoi s’agit-il ? A lui seul, l’intitulé est évocateur : « Les migrations, parlons-en ! » L’objectif, selon le collectif : « permettre à des publics diversifiés d’aborder autrement les questions des migrations. »

 

À cet effet, quatre tables rondes réuniront des experts internationaux, des associations locales et des migrants qui débattront, entre autres thèmes, sur les causes géopolitiques des migrations, sur l’état des lieux quant aux demandes d’asile, sur le droit à l’hébergement, à la santé, à la scolarisation…

 

Parmi les invités, des poids lourds : l’écrivain Daniel Pennac, Damien Carême, le maire de Grande Synthe ou encore, au titre de grand témoin, Daniel Cohn-Bendit.

 

La journée débutera avec le dévoilement, sur le Parvis des droits de l’Homme, d’une plaque gravée que l’artiste Guillaume Froger a offert à la Ville de Grenoble. Et se terminera avec un concert de Rokia Traoré au programme de la saison 2015-2016 de la MC2.

 

 

Joël Kermabon

 

 

Les associations participantes à la plateforme migrants

 

A l’origine de la plateforme migrants, un collectif baptisé Migrants en Isère. Celui-ci, outre la Coordination iséroise de solidarité avec les étrangers migrants (Cisem), regroupe les structures suivantes* : Ada-Accueil demandeurs d’asile, Amicale du Nid, Amnesty International, Association de Parrainage républicain des demandeurs d’asile et de protection (Apardap), l’Appart, La Cimade, Diaconat protestant, Institut des Droits de l’Homme du barreau de Grenoble (IDH), Ligue des Droits de l’Homme, Médecins du monde, Pastorale des migrants, Secours catholique, La rencontre et Roms action.

 

 

La Cisem, quant à elle, coordonne le Centre d’information inter-peuples (Ciip), le Comité isérois de soutien aux sans-papiers, le collectif de soutien aux réfugiés algériens… Ainsi que d’autres associations de défense et d’appui aux migrants : SOS méditerranée, ODTI, Adate, Forum réfugiés, Réseau éducation sans frontières (RESF 38), Acip-Asado, Association des Sénégalais de l’Isère, Interstices…

 

S’ajoutent à ces deux grandes entités la Communauté de l’Université Grenoble-Alpes (Comue) ainsi que de nombreux collectifs se constituant au fil de l’eau en Isère.

 

* Liste mise à jour le 22 novembre 2016

 

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Commentaires 2
  1. Combien de « migrants » (il va falloir arrêter avec ce vocable qui ne veut rien dire. Il s’agit soit de réfugiés qui ont ce statut selon le droit international soit d’immigrants économiques) la ville de Grenoble a accueilli?
    Parce que, à moins que nous nous abusons, le Ministère de l’intérieur n’a pas prévu de centre d’accueil à Grenoble et n’a pas l’intention d’en prévoir…

    Cette communication politique misérabiliste (sur la misère des autres) est insupportable,.

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    • « Réfugié » est bien un titre donné par un statut donné par l’OFPRA ou la CNDA. Mais avant d’être des « réfugiés » les étrangers étaient des « migrants ».
      Que veut dire migrant ? c’est le nom donné à des personnes qui ont quitté leur pays pour vivre et se fixer dans un autre pays pour au moins un an (définition de Wikipedia).
      Même pas 30 % des demandes d’asile se terminent par l’attribution du statut de « réfugiés ». La France est un des pays européens qui en accorde le moins, même à des Congolais RDC, poursuivis dans leur pays, ayant subi des tortures parce qu’opposants à Kabila. Ils ne sont pas réfugiés économiques ils auraient dû être reconnus « réfugiés », mais il ne faut surtout pas faire de peine aux amis dictateurs africains en reconnaissant les tortures et les emprisonnements abusifs. Ne pas faire de peine non plus à nos « amis » du Caucase qui, pourtant, pourchassent les minorités, comme les Yézides et tellement d’autres pays qui font la chasse à certains de leurs ressortissants.
      Et il faudrait se demander pourquoi certains pays aux richesses minières tellement importantes ne font pas profiter leur population et la maintiennent dans la pauvreté, à tel point qu’elle va chercher à vivre ailleurs !
      M. GAM, vous n’êtes pas obligé de lire les articles qui ne vous plaisent pas !

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