Parrainage républicain : ces citoyens qui tendent la main aux migrants

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DÉCRYPTAGE – Rompre l’isolement des migrants qui arrivent en France, les soutenir dans leur long parcours jusqu’à l’obtention du droit d’asile ou d’un titre de séjour… Telle est la mission qu’acceptent d’endosser des citoyens qui décident, un jour, de devenir leur parrain ou marraine. Un engagement officialisé à Grenoble, lors d’une cérémonie de parrainage républicain. Rencontre avec ces citoyens engagés.

 

 

 

« Il y a des jours où il me dit : « J’en ai marre, je repars en Géorgie. » Mais il n’a aucune attache là-bas. Toute sa famille est ici, son ex-femme, ses trois enfants, ses parents aussi… », raconte Pierre, par­rain de ce Géorgien, deman­deur d’un titre de séjour depuis… 2008. Titre qu’il n’a tou­jours pas. En atten­dant, il n’a pas le droit de tra­vailler et demeure sans domi­cile fixe…

 

Pierre ne l’a, durant toutes ces années, jamais perdu de vue. Il a aussi fait preuve de patience pour lui venir en aide. « On ne s’est vrai­ment com­pris qu’au bout de deux ans ! Il m’a alors fait confiance et a bien voulu me mon­trer ses docu­ments. » Car le filleul ne par­lait pas fran­çais. Dévouement encore du par­rain qui n’a pas hésité à consa­crer une par­tie de ses week-ends à emme­ner son filleul et ses trois enfants pas­ser des moments un tant soit peu agréables, en famille, dans des endroits plus sym­pa­thiques que… la rue.

 

Cérémonie de parrainage républicain, à Grenoble, le 23 mars 2016. Emmanuel Carroz, adjoint à l'égalité des droits et à la vie associative de Grenoble fait signer la filleule.© Séverine Cattiaux – placegrenet.fr

Cérémonie de par­rai­nage répu­bli­cain, à Grenoble, le 23 mars 2016. Emmanuel Carroz, adjoint à l’é­ga­lité des droits et à la vie asso­cia­tive de Grenoble, fait signer la filleule. © Séverine Cattiaux – placegrenet.fr

 

Le par­rai­nage répu­bli­cain implique dif­fé­rentes formes d’accompagnement selon les cir­cons­tances, les besoins des filleuls, les pos­si­bi­li­tés des par­rains et mar­raines, mais aussi leurs affi­ni­tés. « Le par­rai­nage, c’est un accom­pa­gne­ment d’un deman­deur d’asile, d’un débouté du droit d’asile ou de tout migrant ayant besoin de pro­tec­tion, à trois niveaux : dans les démarches admi­nis­tra­tives, sur le che­min de l’in­té­gra­tion et sur le plan affec­tif », rap­pelle Patricia L’Écolier, pré­si­dente de l’Association de par­rai­nage répu­bli­cain des deman­deurs d’asile et de pro­tec­tion (Apardap). Cette asso­cia­tion créée en 2008, qui agit depuis les années 2000 sous forme de col­lec­tif, coor­donne les démarches de par­rai­nages répu­bli­cains en Isère.

 

 

 

« 250 parrains et marraines sont actuellement actifs »

 

 

Depuis une dizaine d’années, un mil­lier de par­rai­nages répu­bli­cains de deman­deurs d’asile ou de migrants ayant besoin de pro­tec­tion a été réa­lisé en Isère. « 250 par­rains et mar­raines sont actuel­le­ment actifs », indique Patricia L’Écolier. C’est l’Apardap qui met en rela­tion les futurs par­rains et mar­raines avec les deman­deurs d’asile ou de pro­tec­tion, que l’as­so­cia­tion sur­nomme les « accueillis ». « Nous les met­tons en contact selon leurs points com­muns – un même métier, des mêmes goûts… – quand c’est pos­sible. »

 

Deux à trois fois par an, l’association orga­nise des céré­mo­nies de par­rai­nage dans les mai­ries de la région. « Ce sont essen­tiel­le­ment les mai­ries de gauche qui acceptent d’or­ga­ni­ser des céré­mo­nies. On a un peu de mal avec les com­munes diri­gées par les élus LR [Les Républicains]. Et on ne contacte pas les mai­ries non répu­bli­caines… », déclare Simone Targe, l’un des piliers de l’Apardap.

 

Lors de la cérémonie de parrainage républicain le 23 mars dernier, Eric Piolle co-parraine un jeune demandeur d'asile avec une co-marraine.© Séverine Cattiaux – placegrenet.fr

Lors de la céré­mo­nie de par­rai­nage répu­bli­cain du 23 mars 2016, Eric Piolle, maire EELV de Grenoble , co-par­raine un deman­deur d’a­sile. © Séverine Cattiaux – placegrenet.fr

 

Au nombre des par­rains et mar­raines actifs en Isère : le maire de Grenoble. Adepte du par­rai­nage répu­bli­cain, Eric Piolle s’est engagé auprès de filleuls dès 2003. Le 23 mars der­nier, la Ville de Grenoble a orga­nisé avec l’Apardap une céré­mo­nie par­ti­cu­liè­re­ment impor­tante, durant laquelle 55 par­rai­nages ont été “offi­cia­li­sés”. A cette occa­sion, Eric Piolle a co-par­rainé un jeune deman­deur d’asile.

 

Les céré­mo­nies de par­rai­nage n’ont pas de valeur juri­dique, mais leur por­tée sym­bo­lique est très forte. Les par­rains, mar­raines et filleuls se voient en outre déli­vrer une carte de par­rai­nage, dûment signée par les élus et estam­pillée du sceau de la com­mune. « Le tout pre­mier papier pour ces deman­deurs d’asile… », sou­ligne Simone Targe.

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Commentaires 9
  1. SC

    29/07/2016
    7:42

    Caro, lais­ser entendre aux lec­teurs que j’ai inter­viewé des migrants et que les pauvres ne pour­ront pas lire le papier où ils s’ex­priment parce que je n’au­rais pas pensé à leur com­mu­ni­quer l’ar­ticle… C’est me faire pas­ser pour quoi !?! Or, il se trouve que je n’ai inter­viewé aucun migrant pour cet article. Allez une seule… parce qu’elle était avec sa mar­raine. Mon sujet était de par­ler des parrains/marraines ! D’où tenez vous que j’au­rais inter­viewé pour cet article « des » migrants ? J’attends votre réponse… Et si cela avait été le cas, en effet, je leur aurais pro­posé de leur com­mu­ni­quer l’ar­ticle, parce qu’en effet, ils n’ont pour cer­tains d’entre eux, aucun revenu.

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    • Séverine, si vous aviez lu ce que j’ai écrit, vous auriez lu que, en aucun cas, je ne vous met­tais en cause. Je vous avais dit, que j’es­pé­rais que l’ar­ticle serait en libre accès, vous m’a­viez répondu que ça ne dépen­dait pas de vous …
      Les migrants sont « inter­viewés » par leurs pho­tos. D’ailleurs vous avez cer­tai­ne­ment dû deman­der s’ils accep­taient de paraitre sur le site … non ?
      Je pense qu’un article com­plet aurait pu être envoyé à l’APARDAP … c’est mon avis et je le par­tage.

      sep article
    • post scrip­tum
      Séverine, avez-vous lu le mail que je vous ai adressé sur votre mail perso dès le 26 juillet ?
      « Je viens de lire de début de votre article. Ca m’a bien plu. Malheureusement il est réservé aux abon­nés, or je ne suis pas abon­née et il me semble que c’est un mau­vais cal­cul, comme je l’ai dit en com­men­taire à ne pas publier, je ne peux pas le faire pas­ser sur les listes natio­nales et même sur l’Isère, et il n’y aura pas de nou­veaux abon­ne­ments pour le lire.
      Je regrette beau­coup.
      Néanmoins, je vous remer­cie pour le tra­vail que vous avez effec­tué et la connais­sance que vous sem­blez avoir acquise du milieu des migrants et de leurs sou­tiens. »

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      • SC

        30/07/2016
        0:24

        Caro, je ne vais pas polémiquer…Pas envie, parce qu’au fond mon seul inté­rêt et celui de Placegre’net est en effet que le sujet soit porté à la connais­sance des lec­teurs. Si les lec­teurs n’ont pas la chance d’être abon­nés, ils sont au moins sen­si­bi­li­sés par le sujet : par le titre, le chapô… Et le début de l’ar­ticle donne la défi­ni­tion du par­rai­nage répu­bli­cain.

        Vous m’a­vez envoyé un mail et sans doute alors avez vous reçu une réponse indi­quant une boîte pleine comme mes nom­breux inter­lo­cu­teurs actuel­le­ment.

        A pro­pos des pho­tos, vous lais­sez entendre que nous ne ferions pas notre tra­vail correctement…et que les jour­na­listes sont de vilaines per­sonnes ! Je tiens à rap­pe­ler que la céré­mo­nie était publique donc il n’é­tait pas incon­gru, ni inter­dit que je puisse faire des pho­tos. Je n’é­tais pas la seule jour­na­liste à prendre des pho­tos. Ensuite, les per­sonnes sur les pho­tos m’ont osten­si­ble­ment vu les prendre en photo. Celles qui auraient refusé, auraient pu se mani­fes­ter très vite. Par ailleurs si les per­sonnes regrettent d’être prises en photo, elles peuvent se tran­quilli­ser de savoir que l’ar­ticle est consul­table, dans son inté­gra­lité, seule­ment sur abon­ne­ment…

        sep article
  2. j’ai eu des retours très déçus de quelques migrants qui ont très gen­ti­ment répondu à la jour­na­liste et ne peuvent même pas lire l’ar­ticle, car ils n’ont pas 5;50 € à don­ner à votre jour­nal, quand ils n’ont même pas 2,60 € pour payer leur abon­ne­ment TAG, puisque le pré­sident du conseil dépar­te­men­tal a décidé de ne plus don­ner 1 sou aux étran­gers.
    Je ne sais pas com­ment vous avez pu mettre cet article payant. Si c’est pour essayer de pro­fi­ter des migrants pour aug­men­ter le nombre de vos lec­teurs, c’est raté. C’est dom­mage, à croire que vous n’a­viez pas envie de faire connaitre le par­rai­nage et l’aide aux migrants.
    Je n’in­cri­mine pas la jour­na­liste qui n’y est cer­tai­ne­ment pour rien. Elle aurait même cer­tai­ne­ment aimé que l’ar­ticle soit dif­fusé libre­ment.

    sep article
    • Bonjour Caro,
      Il a tou­jours été clair depuis son lan­ce­ment en 2013 que Place Gre’net tire­rait une par­tie de ses res­sources des abon­ne­ments. Cela implique de réser­ver le contenu com­plet de cer­tains articles aux abon­nés qui s’en­gagent et contri­buent à faire vivre notre jour­nal de façon indé­pen­dante.
      Nous com­pre­nons que des per­sonnes en situa­tion de pré­ca­rité n’aient pas les moyens de s’of­frir un abon­ne­ment, ne serait-ce que de 5,50 euros pour un mois d’es­sai. Mais comme vous le savez sans doute, elles peuvent tout à fait se rendre dans les biblio­thèques de la ville de Grenoble pour les consul­ter en accès libre. Ce qui n’est pas le cas d’autres médias locaux par exemple…
      Du reste, il est assez sur­pre­nant de consta­ter cette exi­gence de gra­tuité sur Internet. Le tra­vail des jour­na­listes ne devrait-il donc être payé que s’il est imprimé sur du papier ? Vous vien­drait-il à l’i­dée d’al­ler chez un bura­liste et de vous plaindre car tel ou tel jour­nal qui vous inté­resse est payant ? Ou d’ac­cu­ser votre bou­lan­ger de vendre son pain en pro­fi­tant du fait que des per­sonnes ont besoin de man­ger ?

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      • Bonsoir Place Gre’Net,
        Figurez-vous que lors­qu’on par­ti­cipe à des articles « papiers » très sou­vent les par­ti­ci­pants aux entre­tiens reçoivent un tiré à part ou un exem­plaire gra­tuit du jour­nal.
        Tous les articles du site ne sont pas payants, je remarque que celui-ci l’est et c’est fort dom­mage pour ceux qui ont par­ti­cipé. De plus il est impos­sible de l’en­voyer sur des listes pour que d’autres per­sonnes le lisent, hors Grenoble. Ca aurait pu faire connaitre votre site et le tra­vail des sou­tiens aux migrants en Isère.
        J’espère que dans quelques jours vous pour­rez le mettre entiè­re­ment en libre accès. Ce serait ainsi un remer­cie­ment aux par­ti­ci­pants. Il n’a aucun carac­tère d’ur­gence, la situa­tion des migrants et de leurs sou­tiens est inchan­gée et va le res­ter pen­dant un cer­tain temps pour ne pas dire un temps cer­tain.

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        • Bonsoir Caro,
          Pour votre infor­ma­tion, nous avons tou­jours envoyé par mail les articles payants aux per­sonnes inter­ro­gées qui nous en fai­saient la demande, pour un usage privé. D’autres en ont pro­fité pour s’a­bon­ner ! 😉

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      • ne sont pas réser­vés aux abon­nés les 3 articles (et pas 2) qui ont suivi, plus les com­bien qui ont pré­cédé ? Si encore on pou­vait payer pour un seul article !!!!
        Si vous connais­siez les migrants et leur situa­tion, vous n’au­riez jamais dit qu’ils n’a­vaient qu’à aller lire dans une biblio­thèque ! Il y a des situa­tions qui vous dépassent, enfin, pas tout le monde à Place Gre’Net, heu­reu­se­ment, mais dans cer­taines prises de déci­sions …

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