Cultures urbaines, les oubliées du chantier des cultures ?

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DÉCRYPTAGE – Le festival des cultures urbaines Vous êtes bien urbain ne sera pas reconduit en 2015, faute de subsides. Les associations Retour de Scène – Dynamusic et Contratak Prod ont en effet confirmé, ce mardi 7 avril, la suppression intégrale du financement jusqu’alors accordé par la ville de Grenoble.

 

 

 

Première édition du festival « Vous êtes bien urbain » à Grenoble avec toute la culture urbaine hip-hop : rap break danse graff Djing parkour ou skateboard

© Véronique Serre – placegrenet.fr

À la grande surprise des organisateurs et alors même que l’édition 2015 du festival était en préparation, une délibération du conseil municipal en date du 23 mars 2015 n’autorise finalement pas la reconduction d’une subvention d’un montant de 15 000 euros [sa valeur en 2014, ndlr]. « Une suppression sans réelle consultation », selon les organisateurs.

 

Mais aussi une annulation problématique pour l’association Retour de Scène qui porte administrativement et financièrement le festival. Cette dernière craint en effet « des répercussions économiques non négligeables pour la structure qui se retrouve amputée d’une partie de son budget de fonctionnement ».

 

Jam de graffitis sur les quais de l'Isère

Jam de graffitis sur les quais de l’Isère – © Joël Kermabon – Place Gre’net

 

« Ça nous est resté en travers de la gorge ! »

 

 

« Nous avions obtenu ce financement en 2013, suite à un appel à projets de la ville de Grenoble sur les cultures urbaines qui avait permis la création du festival. En 2014, la Ville a continué à soutenir le projet et nous a accordé une subvention juste avant les élections municipales » rapporte Damien Arnaud, directeur de l’association Retour de scène – Dynamusic. Et d’enchaîner : « Nous sommes très étonnés de sa suppression car cela intervient après une deuxième édition qui avait rempli tous les objectifs que nous nous étions fixés avec de bons retours du public et des partenaires ».

 

Vous êtes bien urbain - festival grenoblois - graffeur

Battle de graffitis – Festival Vous êtes bien urbain 2014 – © Joël Kermabon – Place Gre’net

Suite à une réunion destinée à faire un bilan du festival avec la ville courant mars, l’association pressentait bien que la subvention serait réduite. Mais de là à envisager qu’elle soit supprimée…

 

La surprise a été d’autant plus grande que « le comité d’avis avait déjà rendu sa décision en amont de cette réunion ! C’était donc un bilan qui ne servait à rien et ça nous est vraiment resté en travers de la gorge », s’indigne le directeur qui précise l’avoir appris après coup. Et ce dernier de conclure amèrement : « Sur la forme, je pense qu’il y a eu des maladresses de la part de la Ville. Sur le fond, nous ne comprenons pas leurs choix, ce qu’ils défendent, là où ils veulent aller. Il y a un gros flou ! »

 

[…]

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Commentaires 5
  1. cultures urbaines oubliées depuis des années!!! Déjà cultures urbaines et Hip Hop c’est différent.
    Pour le Hip Hop la vraie culture : quelques chiffres à Grenoble, parlons vrais:
    De 2011 à 2014: 3 ans pour l’ancienne municipalité pour faire un appel à projet de 15 000 euros pour l’ensemble des disciplines et l’ensemble des acteurs! avant 10 000 euros pour tous les projets (créations artistiques, danse amateurs, festivals, évènements, rap, danse ect….) bref une brindille…. aucune compagnies professionnelles financées: les musiciens du Louvres 480 000 euros par an. le contemporain entre gallotta le pacifique et les autres structures, le classique ect…. c’est des millions…. le Hip Hop 15 000 euros (SIC) entendez vous avec 15000 euros (SIC) vaut mieux laissé à quelques uns. et on a aujourd’hui une élue qui veut instrumentaliser le Hip Hop en faisant son propre évènement street art… et les acteurs hip hop? rien pour eux comme d’hab, des choses ne changent pas.
    L’instrumentalisation dans le bassin grenoblois par les élus ou les grosses structures (socio culturelles, développement de la vie associative et culturelle) il y a que ca de vrai…
    Rien que ca et on a déjà tout dit.
    Aucun soutien pour le Hip Hop, les centaines de jeunes et de moins jeunes qui découvrent vivent ou pratiquent cette culture là…. aucun soutien: instrumentalisation quand tu nous tiens….
    pour contratak Il ne fallait pas répondre à l’appel à projet de l’ancienne municipalité c’était déjà du foutage de gueule. car un évènement ne répond ps du tout au besoin des acteurs
    Grenoble 2ème zone de sécurité de France faut pas se demander pourquoi quand on voit l’état de la démocratie c’est à dire l’égalisation des conditions. La culture à Grenoble est loin de faire son taf.
    Y’a rien d’autre à ajouter: Olivier Bertrand est on le déplore dans la continuité du P.S de l’époque…. mépris et instrumentalisation

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    • Quand je dis que pour les acteurs HIp hop il n’y a rien pour eux, il y a si les licenciements bien entendu…. .mais on aura une élue à qui on pourra offrir une casquette de wesh wesh yo, elle repartira dans 4 ans avec le sourire pensant et étant certaine de son bon droit (bien qu’elle n’ai consulté personne pour cet évènement (street art): la mutualisation le travail avec les autres ben c’est pour les autres justement…) et nous on sera toujours là. la culture, la danse, les rimes, le dessin au fond de nous… mais avec toujours rien, que notre art et notre rage de vivre. je sais pas: il faut leur dire merci bravo les verts?

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  2. Dommage pour les jeunes en général et en particulier pour ceux qui ne peuvent s’offrir de distractions payantes. Ils auront toujours la possibilité de s’offrir quelques canettes alcoolisées sur un coin de trottoir et rêver d’autre chose : amour, solidarité, partage…

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  3. Bluesharmo51, festival gratuit ne signifie pas festival avec buvette. Les événements proposés pendant le festival Vous êtes bien urbain ne disposaient pas de buvette, sauf lors des concerts.

    Félicitations pour cet article. Pour rebondir sur les propos de M. Bertrand, (« …chaque association qui se crée monte un festival et n’est pas capable de travailler avec l’association d’à-côté. ») le festival était déjà une mutualisation des forces de deux associations grenobloises, ce qui va dans le sens de la volonté municipale. De même, ce festival a travaillé avec Total Session durant les deux éditions, et avec de nombreux autres partenaires (et non pas prestataires). Il me semble que les propos de M. Bertrand ne sont absolument pas en adéquation avec la réalité de ce festival riche de partenariat et de collaborations entre structures culturelles et sportives.

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  4. Trop de festivals gratuit ou la plupart du public viens uniquement boire de la bière et se fout de la musique.

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