Le Center Parcs de l’Isère “compensé” en… Ardèche

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DÉCRYPTAGE – Pour un hectare de zone humide détruite par le Center Parcs, deux hectares doivent être “compensés” ailleurs. Loin. Pierre & Vacances est allé chercher jusqu’en Haute-Savoie et en Ardèche de quoi verdir sa bulle tropicale. Mais les mesures compensatoires sont contestées. Et la question de la réelle protection des zones humides, ces réservoirs de biodiversité régulateurs du cycle de l’eau, toujours posée…

 

 

 

Center parcs de Roybon : un mois après le début des travaux, 30 hectares d'arbres ont été abattus, soit 35 % de la surface.

Le Center Parcs de l’Isère se traduira par la destruction de la plus grosse zone humide depuis des décennies en Rhône-Alpes. © DR

Voilà des décennies qu’une telle superficie de zone humide n’a pas été détruite en Rhône-Alpes. Pour construire le Center Parcs des Chambarans en Isère, combien d’hectares de ces espaces protégés devraient finalement passer à la trappe ? 76, comme l’avance son promoteur Pierre & Vacances et comme l’a arrêté le préfet ? Ou bien 120, comme l’estiment les opposants, associations de protection de l’environnement en tête, sur la base d’un rapport accablant du commissaire-enquêteur ?

 

Une chose est sure : si le projet – pour l’heure suspendu par le juge des référés – aboutit, ce sera l’une des plus grosses destructions de zones humides en France. A titre de comparaison, le barrage de Sivens entraînerait la destruction de 13 hectares…

 

Alors que l’on célébrait, ce 2 février, la journée mondiale des zones humides, protégées au niveau international depuis la signature de la convention de Ramsar en 1971, qu’en est-il réellement ? En trente ans, la moitié d’entre elles ont disparu dans l’Hexagone, victimes de l’aménagement et de l’urbanisation du territoire.

 

 

 

 

Compenser une zone humide ? Impossible…

 

 

 

On peut, en réalité, encore détruire ces zones protégées. A titre dérogatoire, sous couvert d’intérêt général, et à la faveur de mesures compensatoires à géométrie et intérêts variables.

 

« D’un point de vue comptable et juridique, on peut compenser, argue Nicolas Gourdin, conseiller juridique à la Frapna Isère. Du point de vue scientifique, c’est plus compliqué. Comment compenser à l’égal un service rendu du point de vue hydrologique ? » Comment reconstruire la biodiversité détruite ?

 

91 des 200 hectares du bois des Avenières dans le massif des Chambaran seront urbanisés pour faire de ce Center parc le 5e de France.

91 des 200 hectares du bois des Avenières seraient urbanisés pour faire de ce Center parc le 5e de France. Combien de zones humides ? 76 ou 120 ha ? © Patricia Cerinsek

 

D’autant que les compensations se font parfois à des centaines de kilomètres. Pour compenser son Center Parcs en Isère, Pierre & Vacances a dû appliquer la règle du “un pour deux” : pour un hectare de zone humide détruite, deux doivent être restaurés. Mais les zones humides se faisant rares, le groupe immobilier a dû aller grappiller 152 hectares dans cinq départements, en Isère mais aussi dans l’Ain, la Savoie, la Haute-Savoie et l’Ardèche*. Des mesures éparpillées sur une vingtaine de sites au total.

[…]

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Commentaires 3
  1. sep article
    • PC

      04/02/2015
      8:45

      Mais la neutralité journalistique est-elle seulement possible ? Le choix de traiter tel ou tel sujet, selon tel ou tel angle, suffit déjà à lever toute objectivité…
      Ceci dit, le choix de parler des zones humides au travers l’exemple du Center Parcs des Chambarans est assumé. Parce que le dossier d’enquête publique est édifiant à plus d’un titre, parce que le rapport du commissaire-enquêteur est accablant (consultable sur le site de la préfecture de l’Isère, http://www.isere.gouv.fr/Publications/Consultations-enquetes-publiques/Rapports-d-enquete/Projet-de-creation-d-un-pole-touristique-Center-Parcs-sur-la-commune-de-ROYBON), parce que rarement (à ma connaissance) des projets soumis à enquête publique ont passé outre autant d’avis défavorables… Parce que, sur ce dossier du Center Parcs, les pouvoirs publics souvent mis en cause se murent dans le silence, refusant de répondre aux sollicitations des journalistes, et donc aux questions d’une partie des citoyens (contrairement aux dirigeants de Pierre & Vacances, rendons-leur au moins ce mérite…). Alors, de quelle neutralité parle-t-on ? Celle des journalistes ?

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      • Les pouvoirs publics se sont longuement exprimés dans le numéro de décembre d’Isère Magazine, au point que les motivations des opposants apparaissent aujourd’hui peu clair. La rumeur de Zadistes professionnels ne venant pas de la région brouille encore plus le message, d’autant qu’on peut remarquer que ceux-ci sont pour les zones humides en Isére mais contre dans le Tarn.

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