Le mystère des fleurs sur terre bientôt décrypté ?

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Pourquoi et comment son apparues les fleurs sur terre il y a 130 millions d’années ? Quel mécanisme leur a permis de se différencier de leurs cousines, fougères et autres mousses ? Les travaux d’une équipe de chercheurs grenoblois, publiés dans la revue Science, permettent d’en savoir un peu plus sur ce qui reste un des mystères de la vie sur terre.

 
 
 
Crédit CEAIllustration au cours du temps, et sur un brin d’ADN, des trois confor­ma­tions de la pro­téine LEAFY chez dif­fé­rents orga­nismes : algues en bleu, mousse en vert et fleurs en rouge-orange © CEA
On en sait un peu plus sur la pro­téine LEAFY, qui régule la for­ma­tion des fleurs, grâce aux tra­vaux d’une équipe mixte du labo­ra­toire de Physiologie cel­lu­laire et végé­tale*, asso­ciant le CEA, le CNRS, l’Inra et l’université Joseph-Fourier. 
 
Le résul­tat de ces recherches, publié dans la revue Science, met en lumière le méca­nisme d’évolution qui a per­mis à la pro­téine LEAFY de diri­ger la mor­pho­ge­nèse flo­rale, la for­ma­tion du bou­ton flo­ral et ses dif­fé­rents organes. 
 
L’apparition des fleurs sur terre reste encore tou­te­fois une énigme pour la com­mu­nauté scien­ti­fique.
 
 
Les fleurs, mys­tère sur terre
 
 
Au com­men­ce­ment, il y avait les algues. Il y a 400 mil­lions d’années, ces plantes aqua­tiques ont colo­nisé la terre ferme, d’abord sous la forme de mousses, puis de fou­gères. Pendant 300 mil­lions d’années, point de fleurs à l’horizon. Ce n’est qu’il y a 130 mil­lions d’années que les fleurs ont fait leur appa­ri­tion. Pourquoi ? Comment ?
 
« Un beau jour, la fleur est appa­rue et s’est répan­due, explique François Parcy, direc­teur de recherches au CNRS. Aujourd’hui, 95 % des plantes sont des plantes à fleurs. C’est un suc­cès colos­sal dans l’évolution ».
 
 
 
Ce qu’ont décou­vert les cher­cheurs gre­no­blois, c’est que cette pro­téine LEAFY n’est pas appa­rue avec l’émergence des plantes à fleurs. Elle exis­tait bien avant. « Elle s’est modi­fiée pour avoir des pro­prié­tés qui lui per­met­taient de faire des fleurs. Mais ces pro­prié­tés ont été acquises à une période où elle ne savait pas faire des fleurs. Cela n’a donc pas suffi ».
 
 
Qu’est-ce qui a man­qué ? C’est ce qui reste à décou­vrir. D’autant que le gène codant la pro­téine LEAFY, contrai­re­ment aux autres gènes archi­tectes (qui font évo­luer la mor­pho­lo­gie des êtres vivants), ne se duplique pas. La pro­téine a donc réussi à évo­luer sans pas­ser par la case dupli­ca­tion.
 
« Elle a dû trou­ver un autre méca­nisme ». Lequel ? « Il y a vrai­sem­bla­ble­ment une conjonc­tion de dif­fé­rents évé­ne­ments. Darwin lui-même par­lait d’abominable mys­tère ».
 
 
 
Patricia Cerinsek
 
 
 
* Le labo­ra­toire Physiologie cel­lu­laire et végé­tale fait par­tie de l’Institut de recherches en tech­no­lo­gies et sciences pour le vivant à Grenoble.
 
 
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