Denis Bonzy : l’outsider décomplexé

Denis Bonzy : l’outsider décomplexé

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin

PORTRAIT INTERACTIF – Disparu du pay­sage poli­tique local depuis 2001 après plu­sieurs man­dats publics, Denis Bonzy tra­vaille son retour depuis trois ans. Ancien élu RPR et col­la­bo­ra­teur d’Alain Carignon, il se pré­sente désor­mais sous l’étiquette de la « société civile » et mise sur un « coup de balai élec­to­ral » pour conqué­rir le 11 bou­le­vard Jean Pain. 

Les muni­ci­pales : un scru­tin de listes mais un bul­le­tin de cœur. Plus qu’une équipe, c’est sur­tout le nom d’un maire qui sera glissé dans l’urne les 23 et 30 mars pro­chains. Place Gre’net vous fait décou­vrir un can­di­dat chaque dimanche jusqu’au pre­mier tour. Son par­cours poli­tique, mais aussi ses attaches per­son­nelles et son tem­pé­ra­ment pour faire votre choix avec conscience et conviction.

Passez votre sou­ris sur l’i­mage et cli­quez sur les vignettes pour les ani­mer. Photo : Nils Louna / Interactivité : Victor Guilbert © pla​ce​gre​net​.fr

7 ave­nue Félix-Viallet. 1er étage. Le local de cam­pagne est net­te­ment plus dis­cret que ceux des listes concur­rentes mais l’accueil plus enthou­siaste aussi, ponc­tué d’allusions à des dis­cus­sions inache­vées. Cette mémoire inal­té­rable des détails carac­té­rise Denis Bonzy. « Une orga­ni­sa­tion ingé­nieu­riale et un opti­misme conta­gieux », ajoute Elizabeth Zitoun qui figure en deuxième place de la liste. « Susceptible », tem­po­rise – après plu­sieurs éloges – une autre connais­sance, qui s’amuse de le voir réagir immé­dia­te­ment à chaque attaque ciblée sur les réseaux sociaux ou ailleurs, « avec pon­dé­ra­tion mais rigueur ».
La contre-attaque, il la mène effec­ti­ve­ment tou­jours lui-même. Parce qu’il est le prin­ci­pal inté­ressé, certes. Mais aussi en rai­son d’une équipe plus limi­tée que les grandes for­ma­tions et mul­tiples « ras­sem­ble­ments » rivaux. Les rangs se sont clair­se­més avec le temps. Parmi la quin­zaine de membres du comité de pilo­tage qui l’accompagnaient depuis jan­vier 2012 pour la pré­pa­ra­tion du pro­jet, plu­sieurs ont fait défec­tion durant l’été 2013.
« Des UMPistes pour la plu­part », pré­cise sa numéro 2. Désillusionnés, aga­cés par la réti­cence que Denis Bonzy ne man­quait pas d’exprimer envers leur parti ou appe­lés par d’autres can­di­dats à la pri­maire de la droite. Chacun avait ses rai­sons. « Un épi­sode qui reste dou­lou­reux » pour le pré­sident du Club20, nom d’époque de cette équipe resserrée.
Reconnaissant envers Alain Carignon
La suite n’est pas plus repo­sante. À la ren­trée, il adhère à la dyna­mique d’union de l’opposition en pos­tu­lant aux pri­maires ouvertes de l’UMP. Il y retrouve quelques connais­sances. Comme Alain Carignon, dont il fût le jeune direc­teur de cam­pagne, puis celui de cabi­net à la mai­rie de Grenoble, de 1983 à 1986.
Ses rivaux d’aujourd’hui ne manquent jamais de lui rap­pe­ler cette proxi­mité d’antan, ce qui n’est pas sans l’agacer. C’est le but. Confirmation de la sus­cep­ti­bi­lité ? « Vous ne pou­vez pas résu­mer trente ans d’activité à une rela­tion de trois ans », réplique-t-il. « Je lui suis recon­nais­sant de m’avoir fait confiance, mais nous avons des diver­gences de fond. Les débats des pri­maires l’ont démon­tré ».

Passez votre sou­ris sur l’i­mage et cli­quez sur les vignettes pour les ani­mer. Photo : Nils Louna – Interactivité : Victor Guilbert © pla​ce​gre​net​.fr
Indisposé par la tour­nure que prennent les pri­maires – sus­pen­dues puis fina­le­ment annu­lées en rai­son de désac­cords internes sur le mode de scru­tin – Denis Bonzy jette l’éponge le pre­mier et se lance seul dans la course, avant le feuille­ton des listes édic­tées par le bureau d’investiture de l’UMP. Il n’est pas effrayé par les cam­pagnes élec­to­rales. Il est d’ailleurs le seul des têtes de liste aujourd’hui en lice à avoir rem­porté des élec­tions en son nom propre.
Féru de poli­tique américaine
Ce coup de sang de marin soli­taire lui per­met d’étoffer son équi­page. Séduites par cet acte d’indépendance et de déter­mi­na­tion, des per­son­na­li­tés – ainsi que de « nom­breux citoyens qui frappent aujourd’hui à la porte » – lui apportent leur sou­tien lors de cette deuxième vague de recru­te­ment. Pierre de Villard, ancien vice-pré­sident de la CCI, ancien conseiller géné­ral et ancien conseiller muni­ci­pal de Grenoble. Mais aussi Elizabeth Zitoun, du parti chré­tien-démo­crate de Christine Boutin et orga­ni­sa­trice en Isère du mou­ve­ment contre le mariage homo­sexuel. « Il m’a accep­tée comme j’étais, avec mes valeurs et mes enga­ge­ments », appré­cie-t-elle. Dernier sou­tien en date, le très libé­ral et plus modé­ré­ment média­tique Denis Payre estam­pille la liste de son label « Nous Citoyens » pour encou­ra­ger le renou­vel­le­ment de la vie poli­tique que pro­pose ce mouvement.
Économiquement de droite, avec pour pro­gramme social la « cha­rité de cœur » (touche chré­tiens-démo­crates), conser­va­teur sur les ques­tions de société, inflexible sur le volet éthique, pré­voyant le non-cumul de man­dats dans le temps et un pou­voir de révo­ca­tion de la part des citoyens, son iden­tité poli­tique détonne. De ce côté de l’Atlantique seule­ment. Car c’est de Boston à Toronto que ce féru de « poli­tique US » l’a matu­rée. Idem pour les tech­niques de veille numé­rique. « C’est ma véri­table per­ma­nence de cam­pagne. Celle-ci est ouverte 24 heures sur 24 ».
Victor Guilbert 
Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin

VG

Auteur

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

A lire aussi sur Place Gre'net

Les trois can­di­dats sur­prises à Grenoble

FOCUS - Ce sont les Petits Poucets du scrutin municipal grenoblois. Tardivement entrés en campagne, ces trois candidats campent dans les dernières places des sondages Lire plus

Mireille d’Ornano : la révol­tée chancelante

PORTRAIT INTERACTIF - Depuis 1995, le Front national grenoblois a disparu avec elle du paysage politique grenoblois. Dix-neuf ans plus tard, Mireille d'Ornano espère bien le Lire plus

A trois ans des prochaines échéances municipales, l'élu d'opposition LR Mathieu Chamussy lance ses premières propositions.
Matthieu Chamussy : l’opposant obstiné

PORTRAIT INTERACTIF - Le calme après la tempête. Durant les secousses qu’a connues dernièrement la droite grenobloise pour désigner sa tête de liste, Matthieu Chamussy Lire plus

Jérôme Safar : l’héritier tenace

PORTRAIT INTERACTIF - Successeur naturel de Michel Destot qui l’avait repéré dès 1989, Jérôme Safar a depuis gravi les échelons pour s’imposer aujourd’hui comme le Lire plus

Ph. de Longevialle : l’autonome placide

PORTRAIT INTERACTIF - Le centrisme nécessite parfois l’isolement volontaire. Malgré un mandat au sein de la majorité municipale et une loyauté parfois saluée par ses Lire plus

Eric Piolle : le stra­tège coopératif

PORTRAIT INTERACTIF - Grenoble s'impose de plus en plus comme une ville à prendre pour les écologistes. Bénéficiant d’une base électorale crédible, amplifiée par une Lire plus

Flash Info

|

18/05

8h02

|

|

16/05

16h29

|

|

16/05

15h22

|

|

13/05

10h40

|

|

12/05

17h19

|

|

11/05

11h58

|

|

10/05

17h19

|

|

10/05

12h06

|

Les plus lus

A écouter| Chronique Place Gre’net – RCF épi­sode 31 : « Le bur­kini tou­jours à la une de l’ac­tua­lité à Grenoble »

A écouter| Chronique Place Gre’net – RCF épi­sode 30 : « Les élec­tions légis­la­tives en Isère »

Fil info| Législatives : le mou­ve­ment Renaissance, ex-LREM, repré­sente sept dépu­tés sur ses dix can­di­dats en Isère

Agenda

Je partage !
Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin