FLASH INFO – Issue du CEA-Leti, institut de recherche technologique situé à Grenoble, et spécialisée dans les batteries lithium destinées à l’aéronautique, Limatech n’a pas survécu à ses difficultés commerciales. Sa liquidation judiciaire prononcée le 11 juin 2026 intervient un an après un premier essai en vol concluant avec Airbus et met un terme à un projet industriel pourtant soutenu par d’importants financements publics.
L’histoire de Limatech, pionnière dans la fabrication de batteries de nouvelle génération pour l’industrie aéronautique, s’est achevée un an après l’un de ses principaux succès : un premier essai en vol sur un hélicoptère H130 d’Airbus. Une année plus tard presque jour pour jour, le 11 juin 2026, le tribunal de commerce de Toulouse a prononcé la liquidation de cette entreprise innovante créée en 2016 dans l’écosystème de la tech grenobloise.
Issue du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA-Leti), Limatech développait des batteries au lithium fer phosphate destinées à remplacer les modèles au plomb ou au nickel-cadmium encore utilisés dans l’aéronautique. L’entreprise avait également mis au point, avec le CEA, un système d’algorithmes destiné à prévenir les risques d’emballement thermique.

© Limatech
La jeune pousse avait rapidement attiré les soutiens publics. Après une aide européenne de deux millions d’euros en 2020, elle avait obtenu plusieurs financements dans le cadre de France 2030 avant d’inaugurer, en juillet 2024, une usine de 1 200 m² à Voreppe, représentant un investissement de dix millions d’euros majoritairement financé par l’État et l’Union européenne. Son siège social avait alors été transféré à Toulouse afin de se rapprocher de la filière aéronautique. La société revendiquait alors 16 millions d’euros levés depuis sa création.
Des perspectives prometteuses sans résultats commerciaux
Mais derrière ces perspectives prometteuses, les résultats commerciaux ne suivaient pas, le carnet de commande restant vide. Lyon Capitale rapporte qu’au moment de l’inauguration du site isérois, Limatech n’avait ainsi vendu que trois batteries, soit 30 000 euros de chiffre d’affaires, alors qu’elle visait 130 millions d’euros de recettes dès 2028.
Pour tenter de poursuivre son développement, Limatech avait lancé fin 2024 une levée de fonds de 20 millions d’euros destinée à financer une seconde ligne de production automatisée et sa commercialisation. Cette opération n’a toutefois pas permis de redresser sa situation financière.
Après avoir déclaré sa cessation de paiements le 9 avril 2026, l’entreprise a fait l’objet d’un placement en redressement judiciaire avant que le tribunal de commerce de Toulouse ne prononce sa liquidation deux mois plus tard, faute de repreneur. Le liquidateur est désormais en charge de céder les actifs de la société, notamment ses brevets co-développés avec le CEA et le site industriel de Voreppe.







3 réflexions sur « Limatech, fabricant de batteries de nouvelle génération pour l’aéronautique né à Grenoble, vient d’être liquidé »
Vertigineux ! Tout l’argent public absorbé, un business plan ambitieux pour finalement vendre trois batteries avant la liquidation judiciaire. Mais on sait que c’est le destin de beaucoup de startups prometteuses qui ne deviendront pas hélas des « licornes »
Pour rester dans le domaine des batteries électriques : ça semble un domaine où les ambitions se fracassent sur le mur des réalités. Il y a le cas emblématique du suédois Northvolt. Il y a aussi le cas du grenoblois Verkor avec la gigafactory de Dunkerque qui fait face (aussi) à des retards de fabrication er la concurrence des prix, on lui souhaite bonne chance.
https://www.planeterenault.com/30-alliance/1594-groupe/1597-actualite-automobile/13294–fabricant-batteries-francaises-verkor-sur-route-semee-embuches-/
La chance ne suffit pas face à la déferlante chinoise qui inonde le marché en cassant les prix .. Ejectant de fait toute tentative de fabrication en Europe… Même avec des produits ‘innovants’.
Aujourd’hui investir dans des usines de production photovoltaïque ou de batteries de stockage en Europe est quasi voué à l’échec.
Les investisseurs/repreneurs l’ont compris…
Oui, tout à fait. Mais au nom de l' »enjeu majeur de souveraineté » l’état pourrait craquer des milliards d’euros et inciter les industriels de à en faire autant. S’il le faut il faudra sauver la gigafactory quoi qu’il en coûte.
https://www.msn.com/fr-fr/finance/autres/batteries-%C3%A9lectriques-la-pertinence-du-pari-fran%C3%A7ais/ar-AA28MMml