TRIBUNE LIBRE – Clément Chappet, président du groupe d’opposition Réconcilier Grenoble, répond aux propos tenus par Éric Piolle dans sa lettre ouverte adressée à Jean‑Luc Mélenchon, mardi 28 juillet 2026. Si l’ancien maire y appelle le chef de file de La France insoumise (LFI) à condamner sans ambiguïté l’action menée par ses militants et à reconnaître une « erreur », Clément Chappet y voit une « fausse harangue » et accuse Éric Piolle (comme Laurence Ruffin) de faire « semblant ».
« Cher Éric Piolle,
J’ai lu avec attention votre lettre ouverte à Jean-Luc Mélenchon, publiée dans les colonnes de Libération. Vous ne nous aurez rien épargné. Au mitan d’un été déjà suffisamment étouffant, on retrouve votre hubris assommant dans une lettre qui parle, comme toujours, de vous-même, et où transpirent vos ambitions personnelles.
Chacun aura bien compris que vous cherchez par tous les moyens à ne pas vous faire oublier. Et vous le faites en étalant vos basses considérations politiciennes pour soigneusement éviter de parler de l’essentiel : Grenoble.
Grenoble, la ville que vous avez consumée par douze ans de votre gestion délétère, avant de choisir une candidate dans votre parfaite continuité, qui finira de la cramer par les mêmes obsessions idéologiques.
Ni « erreur », ni « opportunité » : une faute grave
Vous écrivez que ce qui s’est passé le 18 juillet au Cabaret frappé serait « une erreur », et vous plaisez à considérer cela comme une « opportunité » pour Jean-Luc Mélenchon.
Annoncer vouloir empêcher physiquement la tenue d’un concert, mobiliser des militants pour l’exécuter, saboter des installations électriques et bombarder une scène de projectiles pendant qu’une femme fuit sous les huées, ce n’est pas « une erreur ».
C’est une faute gravissime, qui interroge le pluralisme et la liberté culturelle et marque une rupture avec le fondement de notre démocratie. Et ça ne devrait représenter qu’une seule « opportunité » : celle de rompre avec LFI, dont le fonctionnement tout entier est fondé sur la violence et l’intimidation, au service d’un projet qui alimente les haines.
Vous ne pouvez pas condamner ce que vous approuvez
Votre fausse harangue à Jean-Luc Mélenchon ne tient pas. Comme Laurence Ruffin, vous faites semblant. On ne condamne pas sincèrement un fond que l’on partage, et encore moins quand on en dépend électoralement.
C’est le cas de la maire de Grenoble, qui n’aurait jamais été élue sans les voix de La France insoumise. Et c’est votre cas : aveuglé par l’obsession de retrouver un mandat, vous ouvrez grand la porte à des accords avec ce parti. Comme si quelques sièges de députés valaient bien toutes les compromissions morales.
Il manque l’essentiel à votre diatribe, Éric Piolle
En vous concentrant sur vous, sur votre histoire commune avec Jean-Luc Mélenchon, sur votre version glorifiée d’un bilan municipal massivement rejeté dans les urnes, voilà que resurgit ce cynisme qui a tant heurté les Grenoblois.
Vous vous montrez incapable de rappeler les valeurs qui fondent le vivre-ensemble en démocratie, celles que vos alliés piétinent chaque semaine à Grenoble.
Et transparaît cette apathie cruelle, qui vous fait balayer les sujets les plus sérieux avec la pire des légèretés, tandis que vous ne considérez avec gravité que ce qui touche à votre personne et à votre carrière.
En demeurant un politicien tout juste bon à préparer le seul avenir qui vous intéresse, le vôtre, vous avez manqué une occasion d’être à la hauteur de ces principes.
Et donc une occasion de vous taire. »
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![Nouvel accrochage entre Réconcilier Grenoble et LFI autour de Barbara Butch, du Cabaret frappé... et de la "judéité" "Je vous demande à la fois d'avoir des propos respectueux les uns envers les autres, mais aussi de traiter les sujets qui sont à l'ordre du jour". C'est avec ces mots que Laurence Ruffin, maire de Grenoble, a ouvert le troisième conseil municipal de son mandat le mardi 26 mai 2026. Sept heures plus tard, une délibération concernant les racks à vélo pour le Cabaret frappé allait donner lieu... à des prises de parole sur la lutte palestinienne et à un incident de séance entre les groupes d'opposition LFI et Réconcilier Grenoble. Laurence Ruffin au poste de maire lors du conseil municipal du 25 mai 2026. © Florent Mathieu - Place Gre'net Comment en sommes-nous arrivés là? Les élus insoumis ont profité de la délibération pour (re)dire tout le mal qu'ils pensaient de la programmation de la DJ Barbara Butch à l'édition 2026 du festival. Peu satisfait de la réponse qu'avait adressé (et qu'allait répéter) l'adjoint à la Culture Alexis Monge lors d'une première interpellation, le chef de file du groupe LFI Allan Brunon a, une fois encore, interpellé l'exécutif grenoblois pour lui demander "une clarification politique". Autrement dit, soit déprogrammer l'artiste, soit rejoindre l'appel au boycott lancé par les Insoumis. 1 Barbara Butch est dans le viseur de LFI pour figurer parmi les signataires d'une tribune soutenant la proposition de loi Yadan. Un texte, depuis retiré, qui entendait faciliter les poursuites en cas de contestation du droit à exister de l'État d'Israël. Et ceci dans le but de lutter contre les "formes renouvelées de l'antisémitisme". Et qui, pour ses détracteurs, menaçait de criminaliser le soutien à la cause palestinienne. Ainsi que l'a longuement rappelé Allan Brunon, fustigeant une loi visant à "stigmatiser tout un pan de ceux qui luttent contre le génocide a Gaza". <!--yith_wcmbs_alternative_content-->
<!--yith_wcmbs_members_only_content_start--> Violemment attaquée par des milieux identitaires ou marqués à l'ultra-droite pour avoir participé à une (prétendue) parodie de La Cène lors de la cérémonie d'ouverture des JO de Paris, Barbara Butch est aujourd'hui dans le collimateur de LFI pour avoir signé une tribune de soutien à la loi Yadan. DR Mais Allan Brunon n'a pas été le seul à prendre la parole parmi les rangs des Insoumis. Le groupe a mis les bouchées triples avec trois interventions à la suite. Celle d'Allan Brunon, suivie par celle d'Abdelnour Djebbouri et de Khemisti Boubeker. Quitte à s'autoriser quelques balles perdues, comme une en direction... des Socialistes, dont certains comme François Hollande ont également signé la tribune incriminée. Tandis que l'élue PS de la majorité Amandine Germain s'est vue reprocher d'avoir approuvé le retrait de subvention du Département à un festival isérois pour avoir programmé le rappeur Médine. Mais c'est évidemment l'État d'Israël qui était dans le collimateur. Barbara Butch, une artiste chantre de l'amour? "Est-ce qu'il y a eu de l'amour pendant la Nakba en 1947, pendant les expulsions, pendant les massacres, pendant les spoliations de terre? Est-ce qu'il y a encore de l'amour aujourd'hui lors des destructions de maisons, les expulsions, les checkpoints, l’apartheid et la colonisation en cours?", a martelé Abdelnour Djebbouri. "Lorsqu'il s'agit d'Israël, [...], les sanctions culturelles restent quasi inexistantes. On a pu le voir encore avec l'Eurovision", a rajouté Khemisti Boubeker. 2 L'élue du groupe Réconcilier Grenoble Émilie Chalas a, par la suite, pris la parole pour commenter la prise de position de LFI. "Le sujet au fond, ce qui amène à chaque La France Insoumise à s'exprimer, c'est la question du judaïsme. [...] Dès qu'il y a un sujet vis-à-vis d'Israël ou de la judéité sous toutes ses formes, il y a LFI au rendez-vous pour répéter ses éléments de langage", a lancé la conseillère municipale d'opposition. Quitte à scandaliser ses collègues insoumis, lesquels ont quitté la salle du conseil municipal. Résultat? Deux suspensions de séances successives, Émilie Chalas réitérant ses propos à la fin de la première. Émilie Chalas lors de sa prise de parole. © Ville de Grenoble "Je vais faire consigner au procès-verbal les propos qui ont été tenus et qui n'ont pas lieu d'être dans cette institution. Je tiens à ce que les propos soient respectueux", a tancé Laurence Ruffin sans préciser quels propos étaient visés. Et la maire de rappeler que le sujet portait initialement sur la question des racks à vélo, comme elle l'avait une première fois... au moment de la prise de parole d'Émilie Chalas. "Je ne sais pas pourquoi c'est moi que vous interrompez", lui avait rétorqué l'élue avec une certaine ironie. Il est vrai que les élus LFI comme ceux de la majorité avaient eu auparavant tout le loisir de s'exprimer, sans éprouver la patience de la maire. 3 Aux tensions et incidents de séance sont venus s'ajouter... le duel par communiqués interposés. "Émilie Chalas, élue du groupe de droite, a répété à trois reprises que nous avions un problème avec la “judéité” et le “judaïsme”. Nous avons quitté le conseil, et la maire de Grenoble a poursuivi la séance sans condamner fermement ses propos", a déclaré Allan Brunon à la suite du conseil municipal. Et d'ajouter avoir saisi la préfère de l'Isère et le procureur de la République... soit une nouvelle démarche après les tensions lors du premier conseil municipal de la mandature, le 27 mars 2026. Les élus du groupe LFI se sont filmés sur les marches de l'Hôtel de Ville après avoir quitté la séance du conseil municipal suite aux propos tenus par Émilie Chalas. © LFI Quelques heures plus tard, c'était au tour de Réconcilier Grenoble de publier son communiqué. "Cette nouvelle polémique apparaît avant tout comme un coup de communication orchestré par Allan Brunon et son groupe, dans une logique permanente de dramatisation, de tension politique et de polarisation des débats autour de sujets nationaux qui sont éloignés des sujets concernant la gestion municipale", ont estimé les élus du groupe d'opposition. Réconcilier Grenoble n'a pas manqué de dénoncer (encore) un "deux poids deux mesures" de la part de Laurence Ruffin. Laquelle "a choisi de suspendre immédiatement la séance, donnant le sentiment de céder systématiquement aux mises en scène et aux pressions politiques du groupe LFI", considèrent les élus. Et de revenir sur la séance où eux-mêmes avait été traités de "nazis" par Allan Brunon: Malgré la gravité extrême de ces propos condamnables, aucune suspension de séance n’avait été accordée afin de réunir les présidents de groupe et d’apaiser les échanges".](https://www.placegrenet.fr/wp-content/uploads/2026/05/conseil-municipal-de-grenoble-26-mai-2026-3-1000x288.jpg)



3 réflexions sur « Tribune : « L’art de tout dire sauf l’essentiel : Eric Piolle manque une occasion de se taire » »
Piolle cherche surtout à sauver son soldat Ruffin (Marine Tondelier a parlé à juste titre de « marionnette » …) pour que le débat n’aille pas sur la cause profonde de tout ça, qui est la duperie des électeurs en mars dernier. Combien de milliers ont été trompés dans l’isoloir par un bulletin de vote Ruffin sans savoir qu’en réalité c’était Ruffin-Brunon ?
Et que Piolle ne nous dise pas qu’il ne savait pas la violence de Brunon alors qu’il affichait son amitié avec Raphaël Arnault, ce sinistre individu condamné par la justice pour « violences volontaires en réunion » et créateur de la Jeune Garde, cette milice fasciste qui a du sang sur les mains.
https://x.com/allanbrunon/status/2007460790836613456
Qu’il ne nous dise pas non plus qu’il ne savait pas que Brunon était l’attaché parlementaire du mari de la fille de Mélenchon (qui la paye pour fliquer ses propres troupes !).
https://www.lecanardenchaine.fr/politique/53753-jean-luc-melenchon-a-l-esprit-de-famille
faut en finir avec ces gauche qui tuée GRENOBLE
J’approuve.
Mr Piolle botte en touche en ciblant LFI plutôt que de dénoncer Mr Brunon, ce dernier ayant poussé les militant à perturber le Cabaret Frappé.