FOCUS – Face à l’afflux croissant de bivouaqueurs et aux dérives observées sur certains sites emblématiques, le parc national des Écrins durcit sa réglementation. Depuis vendredi 19 juin 2026, un nouvel arrêté est entré en vigueur pour encadrer cette pratique. Le parc mise d’abord sur la pédagogie et la sensibilisation, avant un potentiel recours aux quotas à l’été 2027.
Pas moins de 215 tentes plantées en une seule nuit autour du lac de la Muzelle à l’été 2025. C’est cette surfréquentation qui a poussé le parc national des Écrins à revoir sa réglementation. Depuis vendredi 19 juin 2026, un nouvel arrêté est ainsi entré en vigueur pour encadrer plus strictement la pratique du bivouac.
Pierrick Navizet, chef du service accueil et communication du parc, explique que cette évolution vise à « protéger les patrimoines naturels les plus fragiles », tout en maintenant l’autorisation du bivouac, « une pratique historiquement liée à l’alpinisme et à la randonnée itinérante ».
Un contexte marqué par l’explosion de la pratique du bivouac
Depuis la création du parc en 1973, le bivouac y a toujours été autorisé, sous conditions : installation après 19 heures et retrait avant 9 heures, avec une tente de petite taille. Mais depuis le milieu des années 2010, le nombre de tentes observées sur le terrain a fortement augmenté. La crise sanitaire de 2020 a amplifié le phénomène, avec une affluence record due aux restrictions de voyage et à la fermeture partielle des refuges. Sans oublier les fortes températures estivales qui poussent à aller se rafraîchir en montagne.

Forte fréquentation au lac du Lauvitel, parc des Écrins en 2023. © E. Icardo – PNE
Une étude menée à l’été 2025 sur cinq sites de référence du parc a ainsi révélé un doublement du nombre de tentes entre 2021 et 2025. De plus, les données recueillies ont montré que « 40 % des gens n’installaient pas les tentes dans les horaires autorisés », précise Pierrick Navizet. « Certains pratiquants ont également été observés en train de faire la vaisselle ou la lessive dans les cours d’eau, ce qui a motivé la révision de la réglementation », ajoute-t-il.
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