EN BREF – Le Village 2 Santé, centre de santé communautaire à Échirolles, a organisé une « journée morte« , le jeudi 5 février 2026, et appelle au rassemblement devant la CPAM de Grenoble le jeudi 12 suivant. En cause? L’annonce, par le ministère de la Santé, de la fin du financement des maisons et des centres de santé du dispositif Structure d’exercice coordonné participatif (Sec-Pa).
Le Village 2 Santé est-il en danger? C’est ce que redoute le centre de santé communautaire situé rue Papin à Échirolles, alors que le ministère de la Santé a annoncé en janvier 2026 la fin du financement des maisons et des centres de santé du dispositif Structure d’exercice coordonné participatif, ou Sec-Pa. Pour alerter sur la situation, le Village 2 Santé a organisé une « journée morte » le jeudi 5 février et compte redonner de la voix le jeudi 12 avec un rassemblement devant la CPAM de Grenoble à 14 heures.
Le Sec-Pa? Une expérimentation lancée en août 2021 visant à favoriser la création de structures de santé participatives ou communautaires. Autrement dit, des structures dont les activités et les priorités sont définies par les besoins exprimées par la population concernée par la maison ou le centre de santé en question.
Au total, 26 structures participent à l’expérimentation au niveau national, dont trois en Isère: le Village 2 Santé, le Pole de santé interprofessionnel de Saint-Martin-d’Hères, et l’Agecsa via ses cinq centres de santé grenoblois.

Rassemblement lors de la journée morte organisée au Village 2 Santé d’Échirolles le 5 janvier 2026. © Village 2 Santé
« Après la crise du Covid-19, ces structures avaient accepté de participer à une expérimentation d’État afin de favoriser la santé dans les territoires subissant fortement les inégalités sociales de santé« , décrit le Village 2 Santé. Et d’avertir: « Aujourd’hui, l’État se désengage de celle-ci alors même que les évaluations sont très positives et que l’expérimentation était sur le point de rentrer dans le droit commun. Ce désengagement menace de fermeture l’ensemble des structures participantes« .
Une pétition avec près de 14 000 signatures
Le 3 février 2026, la députée iséroise Cyrielle Chatelain a directement interpellé le Premier ministre à l’Assemblée nationale. En réponse, Sébastien Lecornu a « exprimé sa volonté de pérenniser le modèle« , notent les Sec-Pa dans un texte commun. « Nous craignons fortement qu’il ne s’agisse que d’éléments de langage, ajoutent-ils cependant […] L’absence d’engagements précis et chiffrés, à moins de trois mois de la fin des financements reste synonyme de condamnation des structures. »
En parallèle des mobilisations sur le terrain, une pétition a été mise en ligne, soutenue par les Sec-Pa du territoire, avec au 10 février 2026 au matin près de 14 000 signatures au compteur. Ses exigences? Le maintien du financement des structures, mais aussi leur intégration dans le droit commun « pour garantir un accès aux soins pour tous » et l’intégration de nouvelles structures dans le dispositif. « Agissons ensemble pour préserver l’accès aux soins dans les territoires qui en ont le plus besoin« , conclut-il.
Un financement pérennisé jusqu’à octobre 2026
Par voie de communiqué en date du mercredi 11 février 2026, le Village 2 Santé indique avoir eu des retours de la ministre la Santé, laquelle se serait engagée à pérenniser les financements jusqu’à octobre 2026 pour le Village 2 Santé et les 26 autres structures concernées. « Cependant, nous n’avons aucune assurance de financement pour la suite, ni pour les autres dizaines de structures souhaitant aussi se développer dans les territoires subissant des inégalités sociales de santé« , indique le centre de santé.
[Encadré ajouté le mercredi 11 février 2026 à 16 heures]









