DÉCRYPTAGE – Dominique Spini, élue municipale d’opposition et membre de l’équipe de campagne d’Alain Carignon, revendique le dépôt d’une « plainte pénale » (sic) pour « prise illégale d’intérêts, favoritisme et détournement de fonds publics ». Une procédure qui vise notamment Lucille Lheureux, adjointe aux cultures du maire de Grenoble Éric Piolle mais aussi son compagnon Éric Recoura. Le tout sur fond d’un prêt personnel que l’élue n’aurait manifestement pas remboursé et qui aurait contribué à financer l’ouverture de la boutique Mon Petit Ökö en 2021, fermée à ce jour. Si Lucille Lheureux et Eric Piolle n’ont pas souhaité réagir, Éric Recoura dément « des allégations délirantes et calomnieuses » 1Réaction d’Eric Recoura ajoutée le 4 février à 16h30..
L’information a peu circulé mais l’élue d’opposition grenobloise Dominique Spini affirme avoir saisi fin novembre 2025, le procureur de la République de Grenoble par l’intermédiaire de son avocat Me Thierry Aldeguer. Elle informe avoir déposé une « plainte pénale […] face à des faits qui peuvent constituer des infractions de prise illégale d’intérêt, de favoritisme ou de détournements de fonds publics. » Et demande ainsi l’ouverture d’une enquête préliminaire visant notamment Lucille Lheureux, adjointe grenobloise aux cultures.
Les faits survenus en 2021 concernent des transactions financières que Dominique Spini juge douteuses et qui concernent l’adjointe, son compagnon Éric Recoura, ex-employé de la mairie, et Odile Barnola, ex-directrice de cabinet d’Éric Piolle. Le tout avec l’aval du maire. Outre l’ouverture d’une enquête préliminaire, l’élue d’opposition réclame l’audition de ces quatre principaux acteurs.

Dominique Spini Alim, conseillère municipale d’opposition et membre de l’équipe de campagne d’Alain Carignon. © Corentin Bemol – Place Gre’net
La première concernée, Lucille Lheureux, a accédé à seulement 25 ans au poste d’adjointe à l’espace public et à la nature en ville à Grenoble, lors du premier mandat d’Eric Piolle en 2014. Ce après avoir été quelques années enseignante à temps partiel d’histoire-géographie en collège. Puis cette fidèle parmi les fidèles est devenue, en septembre 2020, adjointe aux cultures au sein de la majorité reconduite.
Partante pour un nouveau mandat mais cette fois à la tête de la Ville, celle-ci s’est portée volontaire durant l’été 2025 pour représenter la majorité sortante aux municipales 2026, aux côtés de Margot Belair, Nicolas Beron et Laurence Ruffin. Mais elle s’est finalement retrouvée seule face à cette dernière le 21 septembre, date du vote interne des militants, les deux autres candidats s’étant entre temps retirés. Le résultat a été sans appel : sur 203 votes (dont 10 blancs), seuls 13 se sont prononcés en sa faveur, contre 180 pour sa rivale.

Margot Belair, Laurence Ruffin, Lucille Lheureux et Nicolas Beron Perez, en septembre 2025 alors candidats pour être tête de liste de la majorité pour l’élection municipale de mars 2026. © Florent Mathieu – Place Gre’net
« Je réfute le processus en cours« , avait-elle fait savoir la veille sur son blog en s’indignant d’avoir été invitée à participer à un « grand oral » qui devait l’opposer à Laurence Ruffin, alors qu’elle était en arrêt maladie. Un arrêt – qui a duré plusieurs mois2Après des mois d’absence, l’adjointe est finalement réapparue lors du conseil municipal du lundi 2 février 2026, le dernier de cette mandature. – faisant « suite aux intimidations, pressions et à une situation dont d’autres (sic) qualifient en leur qualité de harcèlement« , expliquait-elle. Des accusations visant directement le maire qui aurait clairement exprimé sa préférence pour Laurence Ruffin et tenté de dissuader Lucille Lheureux de maintenir sa candidature (cf. infra).
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3 réflexions sur « Grenoble : l’élue d’opposition Dominique Spini demande une enquête sur l’adjointe Lucille Lheureux et son entourage pour « prise illégale d’intérêts » et « favoritisme » »
Le « processus démocratique » comme ose dire Laurence Ruffin, qui a fait d’elle la « nouvelle incarnation » de Piolle comme prévu d’avance, a exposé au grand jour ce que le mot démocratie veut dire pour eux :
– Nicolas Beron Perez s’est désisté avant le vote en disant « veni, vidi, evomui » (je suis venu, j’ai vu, j’ai vomi).
– Margot Belair s’est désistée aussi après avoir découvert (soudainement 😂) qu’elle n’était « pas la bonne personne ».
– Lucille Lheureux, seule à rester en lice face aux pressions, a dit « je réfute le processus en cours ».
Il faut mette fin à ce système politique moisi, et même gangrené au sens propre du terme vu qu’il atteint ses propres membres. Ça n’a que trop duré. Qui veut encore tout ça ?
A la question que vous posez :
« Les clients ont-ils finalement tous bien reçu leurs commandes en ligne, pour lesquelles les sommes avaient là aussi été prélevées ? »
Je peux vous confirmer pour ma part que je n’ai jamais reçu ma commande effectuée en 2021 sur le site de Mon Petit Oko, et que je n’ai pas été remboursée non plus, malgré mes deux réclamations auprès de l’ex-propriétaire.
Dommage, la boutique du temps de ses prédécesseurs était extra, c’était une référence de qualité dans le milieu bio grenoblois.
Dommage aussi de payer autant d’impôts fonciers pour rester vivre à Grenoble, et de constater que l’argent public est suspecté de servir à alimenter un prêt personnel…
A la question que vous posez :