REPORTAGE – Après des écoles élémentaires et La Bobine, c’est désormais le hall du siège de Grenoble-Alpes Métropole qui est squatté. Celui-ci a ainsi pris des allures de refuge de fortune depuis le mercredi 19 novembre 2025, à l’initiative du Dal381Droit Au Logement Isère. Ses objectifs ? Mettre à l’abri environ 150 personnes, dont une trentaine d’enfants en bas âge et 14 femmes enceintes, dénoncer les expulsions sans relogement dans le quartier de la Villeneuve et forcer les pouvoirs publics à agir face à une crise du logement qui s’aggrave avec l’arrivée de l’hiver.
Le temps est à la neige en ce lundi 19 novembre, avec un thermomètre qui affiche 3 °C. Devant le siège de Grenoble-Alpes Métropole, une centaine de personnes se serrent les unes contre les autres, soufflant dans leurs mains pour se réchauffer. Parmi elles, des femmes enceintes, des enfants emmitouflés dans des combinaisons de ski et des livreurs à vélo aux visages tirés par le froid et la fatigue.

Près de 150 personnes occupent la métropole pour dénoncer les expulsions sans relogement dans le quartier de la Villeneuve. © Maureen Dufournet – Place Gre’net
Tous sont là pour une conférence de presse improvisée par le Dal38, mais surtout pour crier leur colère après leur expulsion. Environ 150 personnes sans abri occupent ainsi le hall de la Métropole et refusent de partir sans une promesse de relogement. « Un toit, c’est un droit ! » scandent-ils.
Une occupation du siège de la Métro née de l’urgence
L’occupation, lancée par le Dal38 et soutenue par plusieurs associations et syndicats (CGT, RESF, FCPE, Solidaires, etc.), fait suite à une série d’expulsions menées par le bailleur social Actis dans le quartier de la Villeneuve, notamment place des Géants.
Ces expulsions ont mis à la rue des familles jusqu’alors victimes de marchands de sommeil qui s’étaient accaparé des logements du bailleur social avant de les louer à des précaires. « On a été expulsés un matin, avec des bébés et des femmes enceintes. Depuis, on dort dehors, dans le froid », témoigne une mère de famille de 36 ans.

De nombreux livreurs à vélo en situation irrégulière figurent parmi les occupants le siège de la Métropole, 21 novembre 2025. © Maureen Dufournet – Place Gre’net
Les occupants, parmi lesquels de nombreux livreurs à vélo en situation irrégulière, racontent des mois de précarité, de menaces et de violences de la part de réseaux mafieux qui leur extorquaient des loyers illégaux. « Ils nous menaçaient si on ne payait pas. Maintenant, c’est Actis qui nous expulse, sans nous proposer de solution », raconte Aboubacar, 28 ans, livreur à vélo.
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2 réflexions sur « « On ne bougera pas » : après leur expulsion, 150 personnes précaires ou en situation irrégulière occupent le siège de la Métropole »
Il faut continuer à accueillir inconditionnellement toute la misère du monde sans choisir qui nous souhaitons sur nos territoires? Il n’y a pas assez de soucis liés à cette pauvreté pour avoir l’irresponsabilité politique de soutenir et d’appeler à cette immigration à Grenoble comme ailleurs?
Merci aux LFIcolos de Piolle-Ruffin d’avoir dit urbi et orbi qu’à Grenoble l’accueil est inconditionnel. Tout le monde l’a bien entendu, au fond de l’Afrique, chez les marchands de sommeil, dans les réseaux mafieux.