FLASH INFO – Dans une décision rendue le 23 juillet 2025, le tribunal administratif de Grenoble a annulé les autorisations du projet de retenue collinaire d’altitude sur le plateau de Beauregard, près de La Clusaz, le jugeant illégal. Un véritable soulagement pour les associations de défense de l’environnement parties prenantes au recours, qui saluent cinq ans d’actions en justice et de mobilisation citoyenne exemplaire contre « les partisans de la fuite en avant » dans les territoires alpins.
Les juges du tribunal administratif de Grenoble ont tranché : la retenue collinaire de La Clusaz « ne répond pas à une raison impérative d’intérêt public majeur au sens des articles L. 411-1 et suivants du Code de l’environnement », ont-ils fait valoir dans leur jugement en date du 23 juillet 2025. Une victoire indéniable contre l’industrie du ski et l’accaparement de l’eau.
La juridiction administrative a ainsi retoqué, le jugeant illégal, le projet de retenue collinaire d’altitude que la commune de La Clusaz projetait de construire depuis 2020 sur le plateau de Beauregard, en vue de produire de la neige de culture. En l’occurrence, une retenue d’eau de 148 000 m3 qui aurait nécessité le défrichement de pas moins de huit hectares d’espaces naturels, au détriment des 55 espèces protégées peuplant les lieux.
La lutte contre la megabassine aura duré cinq ans, marqués par l’occupation des lieux. Une zone à défendre (Zad), créée par des collectifs d’habitants et d’activistes entre 2021 et 2022, avait notamment considérablement freiné le déroulement du chantier.
Ce avant une première victoire remportée par les opposants : une décision du tribunal administratif de Grenoble avait suspendu en 2022 les autorisations délivrées pour l’aménagement de la retenue, en attendant une décision sur le fond.
« Cette mobilisation exemplaire n’est probablement pas la dernière »
Les associations de défense de l’environnement, parties prenantes du recours1La Nouvelle Montagne, France nature environnement, Mountain Wilderness France, la Ligue de protection des oiseaux ainsi que le collectif Fier-Aravis , saluent une décision de justice qui vient récompenser une mobilisation citoyenne inédite.
« Cette décision est un soulagement pour les défenseurs de nos biens communs et un avertissement pour les partisans de la fuite en avant dans nos territoires alpins, soulignent-elles. Elles viennent légitimer davantage – si besoin en était – cinq années de mobilisation citoyenne, d’analyse du projet et de ses impacts et d’actions en justice », se félicitent les organisations environnementales.
Ce avant de mettre en garde : « Si elle s’est montrée exemplaire, cette mobilisation n’est probablement pas la dernière puisque d’un point de vue de la concertation autour de l’eau et de l’avenir des territoires de montagne, peu de choses ont changé, hélas. Contrairement à la prise de conscience croissante des citoyens de nos massifs alpins », regrettent associations et collectif.











