EN BREF – Une soixantaine d’activistes d’Extinction Rebellion Grenoble ont mené une action visant des enseignes du centre commercial Neyrpic de Saint-Martin-d’Hères, samedi 11 janvier 2025. Ce en prenant pour cibles des magasins accusés de « fast fashion » (mode éphémère), vidés de leur clientèle à l’aide de boules puantes. Cette action s’inscrivait dans le cadre d’une campagne beaucoup plus large intitulée « Ode aux Rats » militant pour la réduction de l’impact environnemental de l’industrie textile.
Certaines enseignes du centre commercial Neyrpic n’étaient manifestement pas en odeur de sainteté auprès du mouvement radical écologiste Extinction Rebellion, samedi 11 janvier 2025. En effet, une soixantaine d’activistes grenoblois y ont mené durant une demi-heure une action de désobéissance civile. Leurs cibles ? Des magasins accusés de fast fashion (entendez des enseignes suivant une mode éphémère) qu’ils ont vidés de leur clientèle à l’aide… de boules puantes ou autres produits « aussi nauséabonds que l’industrie textile », selon eux.
Dans le même temps, les militants ont distribué des tracts titrés « La fast fashion ça pue » expliquant le sens de leur action et ont déployé deux banderoles. Le tout dans le cadre d’une campagne beaucoup plus large intitulée “Ode au Rats” militant « pour la réduction de l’impact environnemental de l’industrie textile ».

Banderole disposée à l’entrée du campus universitaire de Saint-Martin-d’Hères, juste en face de l’entrée de Neyrpic. © Extinction Rebellion Grenoble
Les arguments mis en avant par Extinction Rebellion ? « Dans le monde, l’industrie textile est responsable de près de 10 % des émissions de gaz à effets de serre, de 20 % de la pollution des cours d’eau et de 11 % des pesticides épandus », rappelle le mouvement.
De surcroît, « les personnes qui fabriquent les vêtements sont largement sous-payées voire, comme les Ouïghours en Chine, travaillent dans des conditions proches de l’esclavage », ajoutent les activistes. Lesquels n’oublient pas en outre de souligner que « l’incitation à la consommation profite surtout aux grandes entreprises et à celles et ceux qui les dirigent, renforçant ainsi la concentration des richesses ».
L’enjeu : réduire l’impact environnemental de l’industrie textile
Pour Extinction Rebellion, la bataille se mène aussi sur le plan législatif. L’Assemblée nationale a en effet adopté, le 14 mars 2024, en première lecture une proposition de loi visant à réduire l’impact environnemental de l’industrie textile. Mais, pour l’heure, celle-ci est au point mort, dans l’attente d’un examen par le Sénat. « Il est essentiel que cette proposition de loi qui allait dans le bon sens soit adoptée », estiment les militants écologistes. Lesquels déclarent également lutter pour l’ajout dans la loi d’une définition permettant « d’inclure toutes les entreprises de la fast fashion ».
Parmi ces entreprises, figure Apsys, promoteur du tout nouveau centre commercial Neyrpic. Ce dernier, « très loin du compte, se présente comme un grand projet inutile et imposé et ose se targuer d’un lieu qui serait exemplaire d’un point de vue écologique et social », critique vertement Extinction Rebellion. Pour le mouvement, il s’agit ainsi là « d‘une communication malhonnête basée sur de l’écoblanchiment (greenwashing) et du blanchiment social (social washing) ».
Aussi, « luttons-nous pour que les projets d’un ancien monde tels que Neyrpic puissent se voir enterrés au profit de réels projets d’intérêt général, pensés par et pour les habitant·es », concluent les activistes écologistes.









