Entre 1400 et 3000 personnes ont manifesté ce mardi 5 octobre 2021 à Grenoble dans le cadre de la journée de grève nationale. © Paul Turenne - Place Gre'net

Agression à l’école Sidi-Brahim : accusée par Sud d’avoir refusé le droit de retrait aux Atsem, la Ville de Grenoble s’explique

Agression à l’école Sidi-Brahim : accusée par Sud d’avoir refusé le droit de retrait aux Atsem, la Ville de Grenoble s’explique

FOCUS – Sud Mairie / Collectivités territoriales 38 a dénoncé, vendredi 2 février 2024, la réaction de la Ville de Grenoble à l’agression d’une agente territoriale spécialisée des écoles maternelles (Atsem) par un parent d’élève de l’école Sidi-Brahim, le 15 janvier. Selon le syndicat, la mairie aurait refusé que les deux Atsem exercent leur droit de retrait. Mais la Ville donne, elle, une tout autre version des faits, affirmant avoir soutenu ses agents et agi dans les règles.

[Article publié le 3 février 2024 à 11 h 17 et mis à jour le 6 février 2024 à 15 h 53 avec encadrés réaction de la Ville de Grenoble et nouvelle agression] C’est « scandaleux« , s’indigne le syndicat Sud Mairie / Collectivités territoriales 38 dans un communiqué diffusé vendredi 2 février 2024, accusant la Ville de Grenoble d’avoir refusé à deux Atsem d’exercer leur droit de retrait, le 15 janvier. Une Atsem de l’école Sidi-Brahim venait alors d’être agressée « verbalement, de façon très violente« , par un parent d’élève, qui avait ensuite « agressé physiquement » un autre parent avant de quitter les lieux.

Une Atsem de l’école Sidi-Brahim avait été violemment agressée, le 15 janvier 2024, par un parent d’élève qui avait ensuite agressé physiquement un autre parent. © Ville de Grenoble

« Dans la foulée, deux Atsem partent porter plainte à l’hôtel de police mais le parent agresseur, bien qu’à l’extérieur de l’école, rôde encore dans les parages« , raconte le syndicat, ajoutant que l’homme avait également « proféré des menaces de représailles« .

« Il n’y avait aucune raison d’interdire ce droit de retrait » aux Atsem

« À juste titre, les agents.es demandent à exercer leur droit de retrait, parce qu’elles considèrent que le danger n’est pas écarté et qu’elles sont en état de choc« , poursuit Sud. Mais la direction de l’éducation et de la jeunesse de la Ville de Grenoble leur aurait, à ce moment-là, « refusé d’exercer leur droit en les menaçant de sanction« .

La loi était pourtant du côté des Atsem, affirme le syndicat Sud. Pour justifier un droit de retrait, un agent doit en effet avoir « un motif raisonnable de penser que sa situation de travail présente un danger grave et imminent pour sa vie ou pour sa santé » ou « constater une défectuosité dans les systèmes de protection« .

Grenoble : selon Sud, la Ville a refusé le droit de retrait aux Atsem

Pour le syndicat Sud Mairie, la présence du parent agresseur à proximité justifiait l’exercice du droit de retrait pour les deux Atsem (photo d’illustration). © Paul Turenne – Place Gre’net

« Qui doute (…) qu’une agression doublée de menaces de coups et de représailles en sortant du travail ne constitue pas un motif légitime de crainte pour sa sécurité, malgré la demande de ronde de la police municipale ?« , demande le syndicat. « Il n’y avait donc aucune raison d’interdire ce droit de retrait« , estime-t-il.

Selon la Ville de Grenoble, il n’y avait « plus de danger grave et imminent » dans l’enceinte de l’école

Pierre Mériaux, adjoint au personnel et au dialogue social à la Ville de Grenoble, donne, mardi 6 janvier 2024, une version des faits radicalement différente de celle de Sud. S’il confirme les faits, l’élu rappelle que ceux-ci ont eu lieu « à 8 h 25, donc sur le temps scolaire« . Le personnel se trouvait donc « sous l’autorité fonctionnelle de la direction de l’école« , précise-t-il, ajoutant qu’avec « un Atsem par classe, cette année« , à Sidi-Brahim, la Ville est « bien au-delà de l’obligation règlementaire » (un par école).

Concernant l’accusation sur le droit de retrait, Pierre Mériaux affirme que la Ville s’est située « dans le cadre prévu par les textes, la situation ne relevant pas de ça« . En effet, « quand le parent [agresseur] a été mis hors de l’école, il n’y avait plus de danger grave et imminent à l’intérieur« , estime-t-il. « Il était dans la rue« , la responsabilité incombant alors « à la police nationale« .

« Toute la chaîne hiérarchique s’est mobilisée dans le bon sens« , poursuit Pierre Mériaux. « Les cadres se sont déplacés pour montrer leur solidarité et ont encouragé les deux agents à porter plainte, ce qu’elles ont fait« , raconte-t-il. « La police nationale a réagi immédiatement en interpellant le parent, qui était chez lui. Il a été jugé en comparution immédiate et condamné dans la foulée à un an de prison avec sursis. »

À leur retour de l’hôtel de police, les deux Atsem ont par ailleurs été « invitées à voir le médecin du travail, qui les a mises en arrêt« , explique Pierre Mériaux. « On leur a aussi signé un courrier pour leur accorder la protection fonctionnelle pour leurs frais d’avocats et pour le reste. »

L’adjoint au personnel indique enfin que la Ville a « demandé à la police municipale de faire des rondes près de l’école Sidi-Brahim, ce qu’elle a fait. On va aussi saisir la préfecture pour qu’elle demande à la police nationale de faire de même« , ajoute-t-il. Selon lui, il n’y a ainsi « pas de polémique à avoir par rapport au droit de retrait« .

Sud Mairie exerce son droit d’alerte

Faute de négociations, le syndicat Sud Mairie a exercé « un droit d’alerte« . Il a ainsi demandé, « en accord avec les agents, de remettre les effectifs au complet compte tenu de l’absentéisme (trois agents en arrêt suite à l’agression) pour assurer la sécurité de tous, de rendre accessible aux agent.es les formulaires de déclaration accident de service / accident de travail sans avoir à subir une obstruction lors de leur demande, de prendre vraiment en compte les parents et les familles agressés« .

Sud lance enfin une dernière accusation, déplorant que ses représentants soient aujourd’hui « menacés d’avoir osé faire le travail que la Ville n’a pas fait« . Le droit à la santé et à la sécurité au travail n’est « pas négociable, pas plus que la sécurité des enfants et des parents« , conclut le syndicat.

« La loi des séries » à l’école Sidi-Brahim : deux autres Atsem agressées par un SDF

C’est « la loi des séries« , déplore Pierre Mériaux. Mercredi 31 janvier 2024, « deux autres agents de l’école Sidi-Brahim, qui sortaient du tram le matin, à l’embauche, vers 6h15, ont été agressées dans la rue par un SDF alcoolisé« , raconte l’élu, qui souhaite déminer à l’avance toute polémique potentielle avec Sud Mairie.

Les deux Atsem n’ont « pas subi de violences majeures » et se sont ensuite « réfugiées à l’école« , poursuit-il. « On a appliqué la même procédure que pour la première agression. On les a soutenues pour déposer plainte à l’hôtel de police. Une patrouille s’est rendue sur place et a pu interpeller immédiatement l’agresseur, qui était toujours là. » Placé en cellule de dégrisement, ce dernier fera également l’objet d’une procédure judiciaire.

Ces deux Atsem ont elles aussi vu le médecin du travail, qui les a arrêtées. « Avec l’état actuel de la psychiatrie« , ce genre de cas est de plus en plus fréquent, souligne Pierre Mériaux. « Mais nous ne sommes pas responsables de la santé mentale de gens qui relèvent de la psychiatrie« , assène-t-il.

Gardez un œil sur l'actu ! 👋

Les récap‘ actu de la grande région grenobloise deux fois par semaine. 👉
Gratuit et sans engagement !

Vous pouvez vous désinscrire à tout instant d'un simple clic.

Manuel Pavard

Auteur

Une réflexion sur « Agression à l’école Sidi-Brahim : accusée par Sud d’avoir refusé le droit de retrait aux Atsem, la Ville de Grenoble s’explique »

  1. sep article

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Découvrez comment les données de vos commentaires sont traitées.

A lire aussi sur Place Gre'net

Dégradations et violences : les personnels du lycée Roger-Deschaux de Sassenage exercent leur droit de retrait

  FOCUS - Le lycée Roger-Deschaux de Sassenage garde portes closes depuis le lundi 25 novembre. Face à des incivilités, des dégradations, des bagarres et des Lire plus

Suite à l'agression d'une conductrice mardi 19 avril, trams et bus de Grenoble font valoir leur droit de retrait
Suite à l’agression d’une conductrice mardi 19 avril, trams et bus de Grenoble font valoir leur droit de retrait

FLASH INFO – Suite à l'agression d'une conductrice de tram de la ligne E le 19 avril au matin, le syndicat Force Ouvrière de M'Tag Lire plus

La préfecture de l’Isère abandonne sa requête contre l’adaptation des 1607 heures des Atsem à Grenoble

FLASH INFO - Alors que la préfecture de l'Isère avait attaqué devant le tribunal administratif l'adaptation des 1607 heures annuelles pour les agents municipaux de Lire plus

Mobilisation des AESH et des Atsem devant le rectorat de Grenoble dans le cadre d'un mouvement national
Mobilisation des AESH et des Atsem devant le rectorat de Grenoble dans le cadre d’un mouvement national

FOCUS - Accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH) et agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles (Atsem) se sont donné rendez-vous devant le rectorat Lire plus

UNE Rentrée des classes à Grenoble. © Séverine Cattiaux - Place Gre'net
Pas de fermeture de classe à l’école Sidi-Brahim de Grenoble… et une ouverture à l’école Pierre-Fugain du Pont-de-Claix

  DROIT DE SUITE — Non, l'école maternelle Sidi-Brahim de Grenoble n'a pas connu de fermeture de classe ce lundi 9 septembre. Des parents d'élèves Lire plus

Droit de retrait des conducteurs M Tag: retour à la normale sur le réseau annoncé pour le mercredi 20 avril
Droit de retrait des conducteurs M Tag: retour à la normale sur le réseau annoncé pour le mercredi 20 avril

FLASH INFO – Après le droit de retrait exercé par les conducteurs des trams et bus du réseau M Tag mardi 19 avril suite à Lire plus

Flash Info

|

30/09

10h54

|

|

28/09

19h21

|

|

26/09

23h48

|

|

25/09

15h20

|

|

22/09

20h17

|

|

22/09

12h48

|

|

22/09

12h29

|

|

15/09

16h14

|

|

14/09

23h32

|

|

08/09

15h50

|

Les plus lus

A écouter| Chronique Place Gre’net – RCF : Altercation à Grenoble entre élus insoumis et policiers municipaux

A écouter| Chronique Place Gre’net – RCF : Un nouveau chapitre à écrire pour la Cité du Rabot à Grenoble

Politique| Les policiers municipaux de Grenoble avaient-ils le droit de refuser l’accès des élus insoumis à la séance du conseil municipal ?

Agenda

Je partage !