FOCUS – Sud Mairie / Collectivités territoriales 38 a dénoncé, vendredi 2 février 2024, la réaction de la Ville de Grenoble à l’agression d’une agente territoriale spécialisée des écoles maternelles (Atsem) par un parent d’élève de l’école Sidi-Brahim, le 15 janvier. Selon le syndicat, la mairie aurait refusé que les deux Atsem exercent leur droit de retrait. Mais la Ville donne, elle, une tout autre version des faits, affirmant avoir soutenu ses agents et agi dans les règles.
[Article publié le 3 février 2024 à 11 h 17 et mis à jour le 6 février 2024 à 15 h 53 avec encadrés réaction de la Ville de Grenoble et nouvelle agression] C’est « scandaleux« , s’indigne le syndicat Sud Mairie / Collectivités territoriales 38 dans un communiqué diffusé vendredi 2 février 2024, accusant la Ville de Grenoble d’avoir refusé à deux Atsem d’exercer leur droit de retrait, le 15 janvier. Une Atsem de l’école Sidi-Brahim venait alors d’être agressée « verbalement, de façon très violente« , par un parent d’élève, qui avait ensuite « agressé physiquement » un autre parent avant de quitter les lieux.

Une Atsem de l’école Sidi-Brahim avait été violemment agressée, le 15 janvier 2024, par un parent d’élève qui avait ensuite agressé physiquement un autre parent. © Ville de Grenoble
« Dans la foulée, deux Atsem partent porter plainte à l’hôtel de police mais le parent agresseur, bien qu’à l’extérieur de l’école, rôde encore dans les parages« , raconte le syndicat, ajoutant que l’homme avait également « proféré des menaces de représailles« .
« Il n’y avait aucune raison d’interdire ce droit de retrait » aux Atsem
« À juste titre, les agents.es demandent à exercer leur droit de retrait, parce qu’elles considèrent que le danger n’est pas écarté et qu’elles sont en état de choc« , poursuit Sud. Mais la direction de l’éducation et de la jeunesse de la Ville de Grenoble leur aurait, à ce moment-là, « refusé d’exercer leur droit en les menaçant de sanction« .
La loi était pourtant du côté des Atsem, affirme le syndicat Sud. Pour justifier un droit de retrait, un agent doit en effet avoir « un motif raisonnable de penser que sa situation de travail présente un danger grave et imminent pour sa vie ou pour sa santé » ou « constater une défectuosité dans les systèmes de protection« .

Pour le syndicat Sud Mairie, la présence du parent agresseur à proximité justifiait l’exercice du droit de retrait pour les deux Atsem (photo d’illustration). © Paul Turenne – Place Gre’net
« Qui doute (…) qu’une agression doublée de menaces de coups et de représailles en sortant du travail ne constitue pas un motif légitime de crainte pour sa sécurité, malgré la demande de ronde de la police municipale ?« , demande le syndicat. « Il n’y avait donc aucune raison d’interdire ce droit de retrait« , estime-t-il.
Selon la Ville de Grenoble, il n’y avait « plus de danger grave et imminent » dans l’enceinte de l’école
Pierre Mériaux, adjoint au personnel et au dialogue social à la Ville de Grenoble, donne, mardi 6 janvier 2024, une version des faits radicalement différente de celle de Sud. S’il confirme les faits, l’élu rappelle que ceux-ci ont eu lieu « à 8 h 25, donc sur le temps scolaire« . Le personnel se trouvait donc « sous l’autorité fonctionnelle de la direction de l’école« , précise-t-il, ajoutant qu’avec « un Atsem par classe, cette année« , à Sidi-Brahim, la Ville est « bien au-delà de l’obligation règlementaire » (un par école).
Concernant l’accusation sur le droit de retrait, Pierre Mériaux affirme que la Ville s’est située « dans le cadre prévu par les textes, la situation ne relevant pas de ça« . En effet, « quand le parent [agresseur] a été mis hors de l’école, il n’y avait plus de danger grave et imminent à l’intérieur« , estime-t-il. « Il était dans la rue« , la responsabilité incombant alors « à la police nationale« .
« Toute la chaîne hiérarchique s’est mobilisée dans le bon sens« , poursuit Pierre Mériaux. « Les cadres se sont déplacés pour montrer leur solidarité et ont encouragé les deux agents à porter plainte, ce qu’elles ont fait« , raconte-t-il. « La police nationale a réagi immédiatement en interpellant le parent, qui était chez lui. Il a été jugé en comparution immédiate et condamné dans la foulée à un an de prison avec sursis. »
À leur retour de l’hôtel de police, les deux Atsem ont par ailleurs été « invitées à voir le médecin du travail, qui les a mises en arrêt« , explique Pierre Mériaux. « On leur a aussi signé un courrier pour leur accorder la protection fonctionnelle pour leurs frais d’avocats et pour le reste. »
L’adjoint au personnel indique enfin que la Ville a « demandé à la police municipale de faire des rondes près de l’école Sidi-Brahim, ce qu’elle a fait. On va aussi saisir la préfecture pour qu’elle demande à la police nationale de faire de même« , ajoute-t-il. Selon lui, il n’y a ainsi « pas de polémique à avoir par rapport au droit de retrait« .
Sud Mairie exerce son droit d’alerte
Faute de négociations, le syndicat Sud Mairie a exercé « un droit d’alerte« . Il a ainsi demandé, « en accord avec les agents, de remettre les effectifs au complet compte tenu de l’absentéisme (trois agents en arrêt suite à l’agression) pour assurer la sécurité de tous, de rendre accessible aux agent.es les formulaires de déclaration accident de service / accident de travail sans avoir à subir une obstruction lors de leur demande, de prendre vraiment en compte les parents et les familles agressés« .
Sud lance enfin une dernière accusation, déplorant que ses représentants soient aujourd’hui « menacés d’avoir osé faire le travail que la Ville n’a pas fait« . Le droit à la santé et à la sécurité au travail n’est « pas négociable, pas plus que la sécurité des enfants et des parents« , conclut le syndicat.
« La loi des séries » à l’école Sidi-Brahim : deux autres Atsem agressées par un SDF
C’est « la loi des séries« , déplore Pierre Mériaux. Mercredi 31 janvier 2024, « deux autres agents de l’école Sidi-Brahim, qui sortaient du tram le matin, à l’embauche, vers 6h15, ont été agressées dans la rue par un SDF alcoolisé« , raconte l’élu, qui souhaite déminer à l’avance toute polémique potentielle avec Sud Mairie.
Les deux Atsem n’ont « pas subi de violences majeures » et se sont ensuite « réfugiées à l’école« , poursuit-il. « On a appliqué la même procédure que pour la première agression. On les a soutenues pour déposer plainte à l’hôtel de police. Une patrouille s’est rendue sur place et a pu interpeller immédiatement l’agresseur, qui était toujours là. » Placé en cellule de dégrisement, ce dernier fera également l’objet d’une procédure judiciaire.
Ces deux Atsem ont elles aussi vu le médecin du travail, qui les a arrêtées. « Avec l’état actuel de la psychiatrie« , ce genre de cas est de plus en plus fréquent, souligne Pierre Mériaux. « Mais nous ne sommes pas responsables de la santé mentale de gens qui relèvent de la psychiatrie« , assène-t-il.










Une réflexion sur « Agression à l’école Sidi-Brahim : accusée par Sud d’avoir refusé le droit de retrait aux Atsem, la Ville de Grenoble s’explique »
L’élu responsable, si on peut dire sans rire (jaune), a bien plus important à faire tant il est pris par sa mission divine d’éradication des voitures et des peupliers d’Italie.
https://www.grenoble.fr/1805-gilles-namur.htm