FOCUS – Cinq jeunes braconniers isérois – le sixième homme arrêté a été mis hors de cause – âgés de 21 à 26 ans ont été interpellés, le 19 juillet 2023, dans le Vercors, à l’issue d’une enquête menée par les gendarmes de La Chapelle-en-Vercors (Drôme) et les agents de l’Office français de la biodiversité. Ces derniers ont relevé 42 infractions à la législation sur la chasse, saisissant des « trophées » d’animaux protégés ainsi que de nombreuses armes longues et cartouches. Quatre des chasseurs sont convoqués devant le tribunal correctionnel de Valence en février 2024, tandis que le cinquième suspect devrait être poursuivi par le parquet de Grenoble.
[Article publié le 26 juillet 2023 à 15 h 59 et mis à jour le 27 juillet 2023 à 20 h 20 avec ajout précisions du parquet de Valence] C’est le résultat d’une « belle opération judiciaire » menée par les gendarmes de La Chapelle-en-Vercors et des agents drômois et isérois de l’Office français de la biodiversité (OFB). Six braconniers présumés – dont l’un sera finalement mis hors de cause -, âgés de 21 à 26 ans, ont été interpellés dans le Vercors, le 19 juillet 2023, puis placés en garde à vue, a indiqué la gendarmerie de la Drôme, mardi 25 juillet, sur les réseaux sociaux.

Les gendarmes ont saisi des trophées d’animaux protégés, comme des crânes de bouquetins avec leurs cornes, mais aussi 11 armes longues et quelque 200 cartouches. © Gendarmerie de la Drôme
Cette affaire peu commune a débuté par la découverte, entre avril et mai 2023, de plusieurs cadavres d’animaux sur le plateau du Vercors, principalement côté Drôme mais également en Isère. Biches, cerfs, et même un cheval… Tous retrouvés morts mais avec des dépouilles intactes, notamment dans le secteur de Vassieux-en-Vercors et Saint-Agnan-en-Vercors, précise France Bleu Drôme Ardèche.
Des crânes de bouquetins avec leurs cornes et des buses retrouvés
« Grâce à une enquête minutieuse« , les gendarmes, assistés des agents de l’OFB, ont pu remonter la piste de ces chasseurs soupçonnés de braconnage. Six jeunes hommes en l’occurrence, âgés d’une vingtaine d’années. Au total, les enquêteurs ont relevé 42 infractions à la législation sur la chasse, dont 34 délits.

Les faits se sont produits notamment près de Vassieux-en-Vercors et Saint-Agnan-en-Vercors, à la limite entre la Drôme et l’Isère, dans le secteur où vivent les six suspects. © Google Maps
Outre la chasse de nuit, les braconniers sont en effet accusés de la détention de « trophées d’animaux protégés » – comme des crânes de bouquetins et des têtes de cerfs, avec leurs cornes – retrouvés lors des perquisitions. Lesquelles se sont avérées particulièrement fructueuses. « Onze armes de chasse, 200 cartouches et deux véhicules de type pick-up ont été saisis« , ainsi que des jumelles et du matériel de repérage, détaillent les gendarmes.
Les six individus sont tous détenteurs du permis de chasser
Le parquet de Valence a livré quelques précisions sur les faits comme sur le profil des suspects, ce jeudi 27 juillet, dans un communiqué. On apprend ainsi que les six individus interpellés résident dans le département de l’Isère et sont tous détenteurs du permis de chasser.
D’après les investigations, ces personnes « se rendaient la nuit, et à bord de véhicules, dans les forêts du Vercors, où elles utilisaient de puissantes lampes afin d’aisément tirer sur des animaux sauvages« . Il leur est reproché, entre autres, « des faits de chasse en temps prohibé sur le terrain d’autrui, de transport illicite d’une espèce animale non domestique protégée, de chasse de nuit en réunion avec l’utilisation de moyens prohibés« , explique le parquet.
Quatre braconniers jugés à Valence, le cinquième à Grenoble
Quatre des braconniers, qui ont reconnu les faits, sont convoqués en février 2024 devant le tribunal correctionnel de Valence. Ils seront jugés dans le cadre d’une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité.
Le cinquième suspect mis en cause devrait, lui, être poursuivi par le parquet de Grenoble auquel la procédure a été transmise. Les faits qui lui sont reprochés ont en effet tous été commis en Isère. Quant au sixième homme arrêté, celui-ci ne fera l’objet d’aucune poursuite, l’enquête n’ayant pas permis de prouver une quelconque infraction de sa part.
Vingt-trois braconniers déjà condamnés en 1987 pour des chasses illégales dans le Vercors
L’affaire avait fait grand bruit à l’époque, déjà dans le massif du Vercors. Vingt-trois braconniers, surpris en flagrant délit sur le plateau, en décembre 1985, par les gendarmes et les gardes de l’Office national de la chasse, avaient été condamnés à de fortes peines par la cour d’appel de Grenoble, le 25 mars 1987.
Parmi eux, figurait le maire de la commune de Chaffal (Drôme), Pierre Bouchet, considéré comme le principal organisateur de ces battues illégales. L’édile avait écopé de deux mois de prison avec sursis et cinq ans d’interdiction de chasse, les vingt-deux autres prévenus étant quant à eux condamnés à 2 000 francs d’amende et quatre ans de suspension du permis de chasse.
Tous devaient par ailleurs verser solidairement 46 000 francs de dommages et intérêts à la Fédération Rhône-Alpes de protection de la nature (Frapna)1devenue France nature environnement AuRA en 2019 ainsi qu’une somme équivalente à la Fédération des chasseurs de la Drôme.
C’est en effet la Frapna qui avait alerté les autorités. L’association soupçonnait depuis plusieurs années un groupe de chasseurs de la région, dirigé par le maire de Chaffal, de tirer sur des animaux protégés – notamment de grands mammifères – dans le Vercors. Les braconniers avaient ensuite été confondus, fin 1985, par l’écoute des émissions radio qu’ils utilisaient durant leurs battues.










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Bravo, bel article bien documenté.