Le projet de zoo de montagne au Revard, en Savoie, inquiète les associations environnementales

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FOCUS – Dans la forêt du Revard, près d’Aix-les-Bains en Savoie, 40 hectares pourraient devenir un zoo de montagne… à 1 500 m d’altitude. Selon son promoteur, le projet permettrait de préserver des espèces menacées comme la panthère des neiges. Mais France nature environnement Savoie y voit une mise en danger de la biodiversité locale.

 

 

Un zoo de 40 hectares pourrait voir le jour sur le plateau du Revard. © Florian Pépellin/Wikimedia Commons

Un zoo de 40 hec­tares pour­rait voir le jour sur le pla­teau du Revard. © Florian Pépellin – Wikimedia Commons

 

« Le mas­sif des Bauges pré­sente déjà un attrait natu­rel. Il n’y a pas besoin de rajou­ter un zoo dans le Revard », affirme Rémy Collas, secré­taire de France nature envi­ron­ne­ment (FNE) Savoie. Situé en plein parc natu­rel régio­nal, ce pro­jet bou­le­ver­se­rait en effet la bio­di­ver­sité locale selon les asso­cia­tions envi­ron­ne­men­tales.

 

 

Un danger pour la biodiversité locale ?

 

Le parc ani­ma­lier pren­drait place sur le pla­teau du Revard, non loin d’Aix-les-Bains, à près de 1 500 mètres d’altitude, dans le parc natu­rel régio­nal du mas­sif des Bauges… qui abrite déjà des espèces fra­giles. « Il y a notam­ment la géli­notte, une poule sau­vage de la forêt assez colo­rée qui est dans une situa­tion dif­fi­cile. Or, elle est pro­té­gée dans cette zone du parc où on ne la chasse pas », rap­pelle Rémy Collas.

 

Le massif des Bauges est connu pour sa population de chamois. @ rottonara/Pixabay

Le mas­sif des Bauges est notam­ment connu pour sa popu­la­tion de cha­mois. @ rot­to­nara – Pixabay

 

Le mas­sif des Bauges est aussi très connu pour sa popu­la­tion de cha­mois, sur laquelle des études sont sou­vent menées. « Ce ter­ri­toire est en lui-même très riche. C’est un peu anti­no­mique de par­ler de pro­tec­tion de la faune, vu la bio­di­ver­sité déjà pré­sente, et ce serait dom­mage de condam­ner une zone fores­tière natu­relle », dénonce-t-il. « Alors oui, c’est plus facile d’al­ler au zoo que d’ob­ser­ver ces ani­maux à l’af­fût, mais c’est pos­sible. »

 

 

Une vingtaine d’espèces de montagne menacées

 

Le parc pourrait accueillir l'emblématique panthère des neiges. © cedlambert/Pixabay

Le parc pour­rait accueillir l’emblématique pan­thère des neiges. © ced­lam­bert – Pixabay

De son côté, le pro­mo­teur du zoo Rémy Gaillot, déjà créa­teur du parc ani­ma­lier d’Auvergne, défend au contraire un pro­jet de conser­va­tion. La réserve zoo­lo­gique accueille­rait ainsi une ving­taine d’espèces d’animaux de mon­tagne mena­cés, comme la célèbre mais dis­crète pan­thère des neiges. Ce serait éga­le­ment, selon lui, l’occasion de mener des actions de péda­go­gie.

 

« Ça c’est une couche de ver­nis sur le pro­jet », affirme pour sa part Rémy Collas de FNE Savoie, qui y voit sur­tout un inté­rêt éco­no­mique pour le pro­mo­teur. Ce der­nier fait par ailleurs valoir la créa­tion d’une tren­taine d’emplois sur le site, pour un inves­tis­se­ment de 5 mil­lions d’euros sur cinq ans.

 

 

Le plus haut zoo d’Europe

 

S’il voyait le jour, le zoo du Revard devien­drait le plus haut zoo d’Europe. Loin devant la réserve suisse des Marécottes et ses 1 100 mètres d’altitude. De quoi atti­rer les tou­ristes : de 60 à 100 000 par an, espère le pro­mo­teur. Mais encore faut-il y pou­voir accé­der…

 

Daniel Appell, accompagnateur en montagne et membre des Amis de la Terre Savoie. © Daniel Appell

Daniel Appell, accom­pa­gna­teur en mon­tagne et membre des Amis de la Terre Savoie. © Daniel Appell

« Les ques­tions des trans­ports, de la ges­tion des flux de voi­tures et des par­kings sont res­tées en sus­pens », sou­lignent Les Amis de la Terre dans un com­mu­ni­qué.

 

« Le dos­sier est vide, affirme Daniel Appell, accom­pa­gna­teur en mon­tagne et membre de l’as­so­cia­tion. Nous n’a­vons aucune infor­ma­tion depuis que le pro­jet a été lancé, il y a plus d’un an », déplore-t-il.

 

 

Les oppo­sants au pro­jet se sont donc regrou­pés en col­lec­tif : Les Bauges en liberté. Ce der­nier a envoyé, lundi 11 mai, une lettre au pré­sident du Parc natu­rel des Bauges pour « faire la lumière sur ce dos­sier et évi­ter que le pro­jet soit mené en cati­mini », pré­cise Daniel Collas.

 

 

Les acteurs publics frileux

 

Mais le Parc des Bauges n’a pas plus de nou­velles. « Nous n’a­vons pas eu de contact, ni d’élé­ments nou­veaux de la part du por­teur de pro­jet depuis plu­sieurs semaines », a indi­qué Jean-Luc Desbois, le direc­teur du parc. Raison pour laquelle les acteurs publics res­tent, eux aussi, très pru­dents.

 

Le parc naturel régional du Massif des Bauges a émis un avis réservé, dans l'attente des études environnementales. © Marc Mongenet/Wikimedia Commons

Le parc natu­rel régio­nal du Massif des Bauges a émis un avis réservé, dans l’at­tente des études envi­ron­ne­men­tales. © Marc Mongenet – Wikimedia Commons

Le mas­sif des Bauges a émis une posi­tion réser­vée sur le pro­jet, dans l’attente de ces études. Quant au maire de la com­mune de Montcel, où s’implanterait le zoo, il a pro­mis qu’il lais­se­rait les habi­tants déci­der par le biais d’un réfé­ren­dum.

 

Un pro­jet simi­laire avait d’ailleurs déjà failli voir le jour sur ce ter­ri­toire en 2007, avant d’être aban­donné face à la contes­ta­tion des habi­tants et des asso­cia­tions envi­ron­ne­men­tales.

 

Une péti­tion contre ce pro­jet de parc zoo­lo­gique a éga­le­ment été mise en ligne.

 

Anissa Duport-Levanti

 

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